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Claude Jasmin est un auteur prolifique. Avec Chinoiseries, il publie son cinquante-sixième titre !

En mars 2006, il retrouve les lettres de son oncle Ernest, missionnaire en Chine du Nord dans les années trente.

S’impose alors l’urgence d’écrire ses souvenirs d’enfance fortement marqués par la Chine.

Se rappelant le Chinatown de 1935, où son père faisait la tournée des grossistes pour son magasin de chinoiseries, le port de Montréal où il adorait pêcher pendant de longues heures, et cette Mandchourie qui le faisait rêver tandis qu’il lisait les lettres de son oncle, Claude Jasmin laisse jaillir une foule de souvenirs de cette époque, qu’il mêle aux pénibles séances quotidiennes d’entraînement à la piscine qu’il est obligé d’endurer aujourd’hui, sur ordre de son médecin.

S’amorce ainsi un récit, comme un dialogue, entre l’enfant qu’il était et le vieil homme d’aujourd’hui.

Ce récit, écrit sans majuscule ni point, impose un rythme effréné dès le début et le maintient tout au long du roman, nous emportant dans le flot des souvenirs de l’auteur.

Nous ne pouvons en sortir que lorsque celui-ci nous le permet grâce aux lettres de son oncle de Chine, qu’il nous offre en partage.

Le souci du détail et la justesse des descriptions nous permettent de bien nous représenter les lieux, les personnes, les nombreux petits événements qui se déroulent sans cesse, pour qui veut bien regarder.

Le résultat est un portrait grouillant de vie du port et du quartier chinois dans les années trente, à travers le regard de l’enfant, de la Mandchourie, grâce aux lettres de l’oncle, et du Montréal d’aujourd’hui avec les sorties quotidiennes du vieil homme, qui sont devenues de véritables expéditions.

Le fil du récit nous permet de suivre l’évolution du même personnage, de l’enfant rêveur qui passes ses journées au port et appréhende l’entrée à l’école qui marquera la fin de sa liberté au vieil homme malade, angoissé par cette
« maudite vieillesse » et par la peur de la mort.

Dans Chinoiseries, nous retrouvons toute la vitalité et la force de l’écriture de Claude Jasmin, celle de La petite patrie.

Il y manquait juste l’épisode chinois de sa jeune existence… voilà qui est fait !

L’AUTEUR :

CLAUDE JASMIN est né le 10 novembre 1930 à Montréal dans le quartier Villeray. C’est alors qu’il rédige un journal de famille, à l’âge douze ans, que l’appel de l’écriture se manifeste pour la première fois. Depuis, il a publié plus d’une cinquantaine de livres, notamment sa célèbre Petite Patrie et Pleure pas Germaine. Il habite aujourd’hui à Sainte-Adèle, dans les Laurentides, mais garde un pied-à-terre à Montréal.

Romancier, dramaturge et critique d’art, Claude Jasmin a fait des études au collège Grasset, à l’École du meuble et à l’Institut des arts appliqués, où il a enseigné l’histoire de l’art de 1963 à 1966.

Il a fait mille métiers dont céramiste, acteur, marionnettiste, critique d’art, étalagiste, professeur d’histoire de l’art (moderne), pamphlétaire, chroniqueur de radio et de télé, peintre (aquarelliste), illustrateur, scénographe de télévision, etc.

En 1960, il publie son premier roman, La corde au cou, qui a remporté le prix du Cercle du livre de France. La Société Saint-Jean-Baptiste lui remet, en 1980, le prix Ludger-Duvernay pour l’ensemble de son œuvre. Cette même année, le prix France-Canada lui est accordé pour La sablière, roman porté à l’écran sous le titre Mario par le cinéaste Jean Beaudin. Il a aussi adapté pour la télévision deux de ses récits, créant ainsi les feuilletons La petite patrie et Boogie-woogie 47.

CHINOISERIES
Claude Jasmin
VLB ÉDITEUR
Collection Roman
2007 – 272 pages – 25,95$

VLB ÉDITEUR

TITRES DE CET AUTEUR PRÉSENTÉS CHEZ PLANÈTE QUÉBEC :

Écrire : Pour l’argent et la gloire
Écrivain chassant aussi le bébé écureuil (tome 2 Journal)
La mort proche
Rachel au pays de l’orignal qui pleure
Chinoiseries

En collaboration avec Michelle Dion :

Toute vie est un roman – Correspondance