Art et culture
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Vienne et Amsterdam 2006.

Dans ce futur dangereusement proche, la représentation des corps ne fait plus recette au sein du marché de l’art.

Le paroxysme de l’art est la beauté du corps lui-même, devenu support d’expression artistique.

Flirtant avec les limites de la loi et de la morale, les toiles humaines sont louées, vendues, échangées, manipulées.

Elles se livrent à tous les regards, se prêtent à tous les fantasmes. Le degré d’excellence artistique est proportionnel à la part d’humanité que la toile est prête à abdiquer.

Une précieuse œuvre de quatorze ans, exposée dans un musée viennois, est volée et détruite – autrement dit assassinée – dans un rituel aussi raffiné que barbare.

Sa propriétaire, la puissante fondation Van Tysch, qui règne sur ce marché prospère, dépêche ses plus fins limiers pour résoudre l’énigme et étouffer l’affaire avant que la panique ne provoque l’effondrement des cours.

Responsable des services Sécurité de la fondation, Lothar Bosch et April Wood, une conscience calviniste et une « Dame de fer » anglaise, sont chargés de conduire l’enquête discrètement.

Dans le même temps, Clara, une toile madrilène, se voit proposer le rêve de sa vie : devenir une des œuvres que le maître Van Tysch en personne va réaliser pour l’hommage à Rembrandt qu’il prépare à Amsterdam.

Transportée dans un pavillon isolé des abords de la capitale néerlandaise, elle y est « apprêtée » avant que de voir apposée sur son corps la signature du maître qui, après les quatre phases habituelles de préparation (cutanée, musculaire, physiologique et mentale), donne naissance à une nouvelle Suzanne au bain.

Suivie dans ses moindres détails, de la souffrance à l’extase, la métamorphose s’opère parallèlement à l’enquête criminelle. Elles convergent en un terrible vortex lors de l’inauguration de l’exposition du maître flamand.

À la manière de Rembrandt, Somoza livre ici le roman des violents clairs-obscurs.

Dans un magistral jeu de lumières, qui voit les déviances de l’art faire écho aux dérives de nos sociétés, il accentue de terrifiants contrastes pour conduire chacun à définir la fonction qu’il reconnaît à l’art, à l’éthique et à l’esthétique, et à décider du prix de la vie humaine.

L’AUTEUR : JOSÉ CARLOS SOMAZA est né à La Havane en 1959. Il est psychiatre et vit à Madrid.

Chez Actes Sud il a publié en 2002 La Caverne des idées, roman dont la traduction anglaise a obtenu le prestigieux Dagger Gold Prize.

CLARA ET LA PÉNOMBRE
José Carlos Somoza
Roman traduit de l’espagnol par Marianne Millon
LES ÉDITIONS LEMÉAC
560 pages – 34,95$