Art et culture
Accueil -> culture -> Tous les chroniqueurs du passé -> Chronique auteurs québécois - Essais, biographie, documents ->


Nous croyons vivre dans un monde « civilisé ».

« Ceux qui “prennent la vie du bon côté”. Bien. Ils n’ont pas l’air au courant de ce qui arrive. Ce sourire niais de qui tourne le dos au gâchis et prétend, imperturbable, que “ça ne va pas si mal que ça”. Une muflerie, dont la publicité fait son “éthique”. »

Pourtant, il existe bien un malaise généralisé et Paul Chamberland en traque toutes les expressions jusqu’à déclencher en nous un dégrisement pénible, mais indispensable et salutaire.

Des symptômes de ce malaise, il n’en manque pas…

Ils nous ramènent tous à l’irresponsabilité grandissante des humains les uns envers les autres, dans une société qui n’a plus d’autres critères d’orientation que l’avidité pour les richesses matérielles, le pouvoir et le prestige…

De plus, il semble que nous n’ayons plus le moindre poids sur notre avenir, qu’un piège désespérant se soit refermé.

Et comme des hypnotisés, nous ne voyons plus « l’exorbitante fausseté de l’individualisme complaisant que nous tenons pour l’expression de la liberté ».

Dans une succession de courts chapitres, l’auteur nous donne à voir la multitude de signes qu’il a recueillis de la menace qu’est cette nouvelle barbarie (les rapports humains et l’autisme social, l’argent et la violence économique, les médias et la publicité, les artistes et leurs œuvres, la science et les technologies…).

Il effectue ainsi un tour d’horizon qui devra provoquer en nous un énergique désillusionnement, car « en tant que vivants confrontés à cette entreprise mortifère, nous sommes en état de légitime défense ».

Paul Chamberland a poursuivi depuis cette réflexion dans Une politique de la douleur. Pour résister à notre anéantissement, paru en 2004.

Il y constate que la menace la plus grave est la commune désespérance des hommes face à la tournure dévastatrice qu’a prise le cours du monde, car le sort de l’humanité se décide en chaque homme selon qu’il dénie ou affronte l’épreuve du désespoir, le déni entraînant chaque subjectivité dans l’autisme social, le symptôme le plus grave de l’altération de l’essence humaine.

Paul Chamberland signe là deux essais lucides et essentiels pour tous ceux qui partagent son angoisse et son indignation face à l’actuel mépris pour la vie et pour la dignité humaine.

L’AUTEUR :

Après des études classiques au collège de Saint-Laurent, PAUL CHAMBERLAND entreprend des études universitaires en philosophie à l’Université de Montréal.

Cofondateur de la revue Parti pris, militant, poète (Terre Québec, L’afficheur hurle, L’inavouable…), et philosophe (Terre souveraine, Recommencement du monde…), il a également été professeur au Département d’études littéraires à l’UQAM de 1992 à 2004.

Depuis le début des années 90, il a publié trois livres de « géogrammes » (Le multiple événement terrestre, L’assaut contre les vivants, Le froid coupant du dehors).

Il poursuit sa réflexion éthique sur des questions de société dans Un livre de morale et dans En nouvelle barbarie (l’Hexagone, 1999).

En 1999, il reçoit le Prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice de la revue Estuaire pour Intime faiblesse des mortels, et, en 2005, le prix Victor-Barbeau de l’essai pour son ouvrage, Une politique de la douleur, paru chez VLB éditeur, dans la collection « Le soi et l’autre ».

EN NOUVELLE BARBARIE
Paul Chamberland
LES ÉDITIONS TYPO
Collection Essai
2006 – 232 pages – 12,95$

LES ÉDITIONS TYPO