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Comment présenteriez-vous votre livre ?

Une quête aux rebondissements farfelus s’effectuant pas à pas sur un chemin de Compostelle à saveur contemporaine. Je crois que ça décrit bien. Tout le monde a une liste de rêves, de choses que l’on se promet de faire au moins une fois dans sa vie. C’est ce qui se passe avec Mali, le personnage principal. Certaines difficultés du quotidien, amalgamées à un bon « timing » font qu’elle décide de partir en Espagne. C’est le temps. Le bon temps. Elle marche 700 km. L’histoire se situe bien loin de l’ancestral pèlerinage religieux mis en lumière par l’apôtre St-Jacques et son coquillage. Je ne fais pas un éloge à l’épique multiplication des poissons, non plus. L’angle est moderne, plutôt spirituel, mais on reste en 2016… avec tout ce que l’ère du temps peut amener dans la vie d’une femme de la mi-trentaine qui se pose mille et une questions tout en perdant doucement ses ongles d’orteils…

 

Avez-vous une anecdote ou une histoire particulière liée à l’écriture de votre livre ?

Je ne pensais jamais écrire un roman se passant sur la Compostelle. Je me disais : « Un roman avec des gens qui marchent à longueur de journée ce serait trop plate ! » J’ai vraiment marché le même chemin que ma protagoniste, l’été 2015. Comme elle, c’était un rêve sur ma « bucket list ». Comme lors de chacun de mes voyages, je traînais mon calepin de notes pour rédiger le plan d’un autre roman. Malheureusement (ou heureusement !) l’inspiration ne venait pas pour ce que je prévoyais écrire. Ce n’est qu’environ au mi-parcours de mon périple que j’ai lâché prise sur mon autre projet (on respire !) et que je me suis mise à écrire des notes sur ce que je vivais, sur les gens que je rencontrais… Plus le temps passait, plus je me disais : « Ouin, il s’en passe des affaires ici finalement ! » et l’idée d’écrire un roman inspiré de mon périple a germé. Comme j’aime écrire dans un style humoristique, il suffisait seulement qu’il m’arrive des choses pas d’allure pour que j’arrive à conjuguer les deux.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire cet ouvrage ?

Mon expérience m’a renversée. Une tonne de briques qui te rentrent dedans sans avertir. La vie de pèlerin, les gens et leurs histoires, les épreuves pas toujours faciles d’une aventure de ce genre, les anecdotes comiques… À défaut d’être cliché, le temps s’est arrêté durant ces 700 km. Il y avait mes pieds, ces gens de partout, un chemin et tout ça ne faisait plus qu’un au final. J’ai eu besoin d’écrire ce roman. Je sentais que je devais le faire.

 

Quels sont les écrivains et les œuvres qui ont le plus influencé votre travail ?

J’ai toujours aimé l’humour. Il y a quelques années, j’ai adopté l’auteure Nicole de Buron que je trouve hilarante. Sa façon de décrire des situations complètement loufoques me parlait. Depuis quelques mois, j’ai un nouveau coup de cœur du nom de Amélie Nothomb. Je suis en train de dévorer tous ses romans à la vitesse grand V. Elle fait aussi dans l’humour, mais sur une toile de fond plus noire, plus subtile, que celle de De Biron. J’adore ! Cette auteure respire la liberté d’expression pour moi. On sent dans ses œuvres qu’elle n’écrit pas pour plaire. J’admire beaucoup ça. En tant qu’auteure, on veut écrire, mais on veut aussi être lu. En fait, il faut vendre des livres si on veut être en mesure de continuer à en écrire. La ligne devient alors mince entre écrire quelque chose avec nos tripes, donc qui nous plaît et écrire quelque chose pour plaire au lecteur. Amélie Nothomb se fout du dernier aspect et on le sent bien. Non pas que je n’aime pas ce que j’écris, bien au contraire, mais dans ce roman-ci j’ai été en mesure de me détacher un peu de cette peur de déplaire au lecteur. Mais bon, il me reste encore des croûtes à manger. Quelqu’un a le numéro de cell de Nothomb pour que je l’appelle pour en jaser ??

 

Avez-vous des rituels d’écriture ? Lesquels ?

Il n’y a rien de très glamour dans ma vie d’auteure à temps plein. En période d’écriture, j’écris chez moi, à la table de cuisine, souvent les rideaux tirés, en linge mou en buvant des chaudières de thé (je pense sérieusement à exiger des parts dans la compagnie David’s tea). Je mange mal – toujours la même chose – et je ne me lave pas tous les jours comme ma mère m’a appris. J’habite seule donc c’est plus facile d’être malpropre en cachette. Sans blague, j’aime écrire le premier jet de mes romans d’un trait, sans trop me relire, puis je laisse reposer mon manuscrit, idéalement un mois. Ensuite, je le reprends et je débute la réécriture avec un œil différent. Ma relation avec mes écrits est très bi-polaire. Les « C’est bon ! J’aime ça ! » s’alternent avec des « Arkkk ! Trop nul ! Poubelle ! » Les relations platoniques, calmes et linéaires, pas mon truc.

 

Quels sont vos projets ?

Je veux écrire des romans pour toujours, tout en continuant à rayer des rêves sur ma « bucket list » ! Certains sont plus difficiles à réaliser que d’autres par contre, comme « Dormir en cuillère avec un panda sur la muraille de Chine » mais j’y arriverai un jour. Oui, un jour.

 

 

 

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MA CHRONIQUE

LA FOIS OÙ… J’AI SUIVI LES FLÈCHES JAUNES
Amélie Dubois
LES ÉDITEURS RÉUNIS
2016 – 432 pages – 24,95$

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