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En quelques mots, comment présenteriez-vous votre livre ?

Ce recueil est à lire à haute voix, car il est proche de l’incantation, du chant. Il dépeint la douleur et la déchirure de la perte qui se révèlent par une violence sourde, une sensualité qui s’arrime à des espaces de l’ailleurs. Une douleur si prenante que seul l’ailleurs apaise, car le lieu en soi n’est que blessure vive. Cependant, la vie est plus forte, et la résilience émerge de cette expérience initiatique.

Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire cet ouvrage et à le publier ?

L’expérience de la perte et de l’exil sert de terreau depuis des années à ma démarche d’écriture. Ce fut la fulgurance d’une rencontre qui a été, peut-être, le déclencheur de ces chants venus d’aussi loin que moi-même et du mystère qui me fait respirer.

À qui votre livre s’adresse-t-il ?

Il s’adresse à ceux et à celles qui vivent ou qui ont vécu l’expérience de la perte et de la quête de soi.

En quoi se distingue-t-il d’autres ouvrages comparables ?

Tous les ouvrages sont uniques. Le mien se distingue par ma nécessité intérieure d’inscrire ce chant dans l’espace-temps. Il évoque des pays que j’ai traversés, imaginés ou qui m’habitent, et qui ont forgé ce que je suis. Mon recueil ne m’appartient plus et parcourt désormais sa route.

Est-ce que vous avez des sources d’inspiration particulières ? Lesquelles ?

Les voyages. Les déserts. La musique. La nature. Les rencontres. L’expérience de la mort…et de l’amour et tout simplement vivre, apprendre à vivre.

Avez-vous des rituels d’écriture ? Lesquels ?

Écrire est un acte physique, et je sens dans mon corps cette pulsion qui appelle à s’incarner. Écrire est aussi mouvement, geste, danse intérieure, qui se manifestent sur la page. Mon rituel consiste à sentir physiquement l’appel des mots.

Comment avez-vous procédé pour construire les textes qui composent votre livre ?

Il n’y a pas de procédé. Il y a un abandon. Je n’y pouvais rien, cela venait comme si je devenais le médium par lequel le verbe se manifeste. Cette écriture est une expérience corporelle, et non intellectuelle : ce n’est pas une écriture préméditée. Par la suite, il y a épuration et organisation du texte afin de laisser émerger sa musicalité. La musicalité est en effet très importante pour moi.

Et puis, il y a cette économie des mots pour préserver l’énergie qui nous traverse, pour ne pas disperser ce qui appartient à l’espace de notre vie, tel un trait de pinceau sur un papier de riz.

Quels sont les écrivains et les œuvres qui vous ont le plus marquée ?

Pour en citer quelques-uns, Pablo Neruda, particulièrement, La Centaine d’amour ; Antonin Artaud, L’Ombilic des limbes ; Gatien Lapointe, Barbare inouï, que j’ai lu devant public en présence de l’auteur. Dire ce texte a été une expérience fondatrice, car j’ai senti ce qu’était une écriture qui naît du corps. Ce texte de Gatien Lapointe est un texte chamanique. Aussi, Paul-Marie Lapointe, Saint-Denys Garneau, José Acquelin, Charles Juliet, Joël Vernet et parmi les femmes, Anaïs Nin, Madeleine Gagnon, Anne Hébert, etc.

Qu’est-ce qui vous passionne ?

La vie. Les êtres. L’effort pour accomplir ce qu’on porte en soi. Et aussi la pêche à la mouche, les chiens, le vin et une bonne tablée entourée d’amis !

Quels sont vos projets ?

Depuis un an, j’écris un roman où l’ailleurs est à nouveau au cœur du livre. Je suis accompagnée par un parrain magnifique, l’écrivain Gilles Jobidon, et ce, grâce au programme de parrainage de l’Union des écrivaines et écrivains québécois. Je projette également d’écrire un prochain recueil de poésie en hommage à mon ami peintre Du Leng Sang, décédé en juin dernier.

La route du sabre

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