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ENTRETIEN : LOUIS CORNELLIER

En quelques mots, comment présenteriez-vous votre livre ?

Il s’agit d’une introduction à la lecture de trois grands quotidiens francophones du Québec. Ce n’est pas un guide d’écriture journalistique, mais plutôt un guide de lecture journalistique. Il présente des considérations théoriques de base et des portraits du Journal de Montréal, de La Presse et du Devoir, de même que de leurs principaux journalistes d’opinion. Une brève section est consacrée au journalisme télé et radio.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire cet ouvrage ?

Un tel ouvrage grand public n’existait pas au Québec. On trouve d’excellents guides d’écriture journalistique, mais aucun n’est consacré à la lecture du journal et à ses codes, une activité pourtant plus répandue que la première. Une citation du journaliste américain Walter Lippmann a été mon aiguillon : « Parce que le journal est littéralement la bible de la démocratie, le livre par lequel le peuple oriente sa conduite. C’est le seul livre sérieux que lisent la plupart des gens. C’est le seul livre qu’ils lisent tous les jours. » Il m’a semblé que c’était faire œuvre pédagogique et démocratique que de fournir les clés d’une bonne lecture de cette « bible ».

Quels sont les écrivains et les œuvres qui ont le plus influencé votre travail ?

Mes premiers pas en écriture de prose d’idées ont été influencés par des auteurs comme Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut. Si je continue à apprécier leur style d’écriture, je suis de plus en plus éloigné d’eux sur le plan idéologique. Le brillant travail de vulgarisation de penseurs comme Jean-Claude Guillebaud, André Comte-Sponville et Luc Ferry m’inspire aussi. J’apprécie beaucoup, en fait, la vulgarisation de qualité. Au Québec, je tiens Fernand Dumont pour notre plus grand intellectuel. Par mon travail au Devoir, je lis presque tous les essais québécois. La lecture quasi systématique des principaux chroniqueurs et éditorialistes des journaux québécois est pour moi une source de plaisir renouvelé et a certainement contribué à influencer mon travail. Le « grand style » journalistique est pour moi un idéal.

Avez-vous des rituels d’écriture ? Lesquels ?

Je ne suis pas à l’aise avec les projets de longue haleine, un trait que je tiens probablement de ma passion pour le travail journalistique, souvent réalisé dans l’urgence et le court terme. L’actualité est ma nourriture principale, et cela se répercute sur mes habitudes d’écriture. J’aime écrire « à chaud ». Où ? Toujours dans le sous-sol de ma demeure et, encore aujourd’hui, à la main. Je tape ensuite au clavier.

Quels sont vos projets ?

Je travaille actuellement à un petit manuel de rhétorique contemporaine (l’art de convaincre) conçu pour le grand public, un peu dans l’esprit de mon ouvrage sur le journalisme. Je compte, un jour, publier un recueil de textes sur le sport. Mon travail de chroniqueur reste, cela dit, ma principale activité d’écriture.

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