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En quelques mots, comment présenteriez-vous votre livre?

Un étrange mélange de réalité et de fiction. J’ai travaillé une bonne partie de ma vie à la Protection de la jeunesse et j’ai vu passer des histoires de vie aussi invraisemblables les unes que les autres. Si la vie de chacun était un casse-tête, disons que j’ai pris ici et là des morceaux pour en faire un grand casse-tête purement fictif.

Il s’agit donc d’un drame psychologique doublé d’une trame policière.

À qui s’adresse votre livre ?

Je suis surprise de réaliser qu’il semble intéresser plusieurs générations. Autant les hommes que les femmes. Effectivement, comme dans ce roman il y a des personnages de tous les âges, chacun peut y trouver une figure à laquelle s’identifier.

Les amateurs de romans policiers seront comblés, ainsi que ceux qui s’intéressent à la nature humaine et sa complexité.

Les gens souhaitant comprendre le fonctionnement interne de la Protection de la jeunesse y trouveront aussi un intérêt.

Vous résidez en Estrie, mais votre roman se déroule dans la région de Charlevoix, pourquoi?

Je suis une amoureuse du Fleuve Saint-Laurent. Depuis toujours ou presque, je vais en vacances chaque année dans Charlevoix. Particulièrement, depuis dix ans, je vais au Camping Lévesque de Saint-Siméon. D’ailleurs, une grande partie de l’action de mon roman se passe précisément dans ce village. Le fleuve et sa magnificence sont donc présents dans mon histoire.

« La réalité dépasse l’affection » est un titre accrocheur, mais vous y ajoutez « Adopter pour oublier », est-ce une recommandation ?

Mon roman est purement fictif et met en lumière les difficultés rencontrées pour trouver le bonheur. Par ma profession, j’ai vu des enfants abandonnés et des parents ou familles d’accueil souhaitant les accueillir. J’ai pu observer la différence entre vouloir et pouvoir adopter. Mon roman illustre justement cette difficulté. Ce n’est cependant pas l’unique objet du roman. La maladie mentale et les séquelles de la violence conjugale y sont particulièrement mises en œuvre.

Qu’est-ce qui vous a donné le goût d’écrire ce premier livre?

J’ai toujours rêvé d’écrire, mais il faut avoir le temps. Lorsque j’ai enfin trouvé le temps, je tenais à raconter une histoire mettant en lumière ma croyance : le vécu d’un enfant le marque irrémédiablement. D’où l’importance de lui offrir le meilleur dès sa naissance.

Quels sont les écrivains qui ont le plus influencé votre travail ?

J’ai tellement lu et de tous les genres : de Balzac et Zola à Marie Laberge, Yves Thériault, Yves Beauchemin, Francine Ouellette, Michel Tremblay, en passant par Mary Higgins Clark et Christyne Brouillet et tant d’autres. Il y a peut-être un peu de chacun dans mon livre. J’ai de la difficulté à définir mon roman. Ainsi, Renaud-Bray l’a classé dans la catégorie des romans policiers alors que j’y voyais plutôt un drame psychologique.

Avez-vous des rituels d’écriture ?

Pas vraiment. Mais la passion oui! Lorsque je me mets à mon ordinateur, je deviens sourde et muette. Le temps n’existe pas, j’entre dans le monde de mes personnages et je les laisse vivre leur vie propre. J’ai le sentiment que ce sont eux qui ont écrit leur vie. Je leur ai donné une personnalité et après ce sont eux qui ont fait le reste. Fascinant!

Avez-vous eu des collaborateurs pour la rédaction de votre livre ?

Étant donné que mon histoire touche plusieurs dimensions : la maladie mentale, la violence, l’implication du monde policier et de la Protection de la jeunesse, je l’ai fait valider par une psychologue, une psychorééducatrice, un policier et un sociologue. Leur collaboration m’a été extrêmement précieuse ainsi que celle d’un ami poète et principalement de mon conjoint, comme moi, bachelier en service social.

Un prochain roman en vue ?

Je le souhaite vivement. J’ai déjà mille idées pour une suite à « La réalité dépasse l’affection ». J’ai aussi une trentaine de pages de rédigées sur une histoire de filles. Je batifole. Je suis encore trop prise par mon premier bébé littéraire.

La réalité dépasse l’affection

MARCEL BROQUET ÉDITEUR. LA NOUVELLE ÉDITION