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Voici un message reçu de Kathleen Potvin, auteure des titres suivants :

À travers la vie / Tome 1 : L’Héritier

À travers la vie / Tome 2 : L’Au-delà

Mon histoire n’est pas unique ! Elle ressemble à celle de Sylvie, Pierre, François, Diane et Yvan, etc. Donc, ayant un talent naturel pour l’art d’écrire, autodidacte par surcroit, en 2000, j’ai repris la plume et ai rédigé un roman de 346 pages. Un premier tome, ce n’est pas rien ! Fière de ma réalisation, j’ai posté le manuscrit à quelques maisons d’édition reconnues qui m’ont refusée pour diverses raisons, en m’affirmant cependant que la qualité de mon travail n’est pas en cause, ils m’encouragent à continuer. Puis, j’ai reçu deux confirmations de petites maisons d’édition, qui acceptaient de m’éditer dans la mesure où je paye en entier le cout de la publication. Alors, j’ai choisi celle qui avait un distributeur.

Mon bébé dans les mains, la tête dans les nuages, j’ai foncé tête baissée dans la contexture du livre et retombé les deux pieds sur terre assez vite !

De la première édition, j’ai gardé 200 volumes qui dans les 3 premiers mois se sont vendus. Ayant remis 300 volumes pour la distribution, j’ai eu la mauvaise surprise de voir que 50 se retrouvaient, sans aucune publicité, d’office chez certains libraires et 250 trainaient sur les tablettes de la maison de distribution.

Ouf ! Je suis parti en croisade et ai rencontré les libraires sur leur terrain avec signets et affiches. Les librairies prennent 40 % sur le prix de vente et, pour plusieurs d’entre elles, j’omets les exceptions; car, il y en a, j’ai l’impression de leur demander la charité ! Voilà, j’ai pu faire de la consignation, mais seulement par l’intermédiaire de la maison de distribution. Donc, lorsqu’un libraire actionne son tiroir-caisse, moi, j’ai un trou de 4.55 $ du volume dans mon budget et un gros déficit pour l’année en cours. Le hic ! J’ai payé beaucoup trop cher l’édition. Puis, pour ne pas me retrouver à la fin de mon contrat avec des caisses de livres dans mon sous-sol, j’ai fait revenir les livres en stock et je les ai vendus moi-même.

J’ai fait 3 salons du livre et découvert que comme auteure à compte d’auteur, je dérangeais. Dans le cadre d’un concours, j’ai demandé une bourse au Ministère de la Culture du Québec. Les comptes d’auteurs ne sont pas acceptés; ils veulent éviter les vulgaires écrivailleurs de livres de recettes, qui pourtant par leur humble apport font eux aussi marcher l’économie. J’ai découvert aussi que des libraires reçoivent des cadeaux des éditeurs et des bonus pour vendre les importations et les traductions des nobles maisons d’édition. Une libraire m’a refusée, prétextant qu’elle ne vendait pas de produit local. Alors, je lui ai dit : « Madame, si un jour je suis célèbre, vous serez sur ma liste noire de libraires. » Donc, ce sont des bizness et je comprends; la concurrence est forte et parfois déloyale ! Puis, me tournant de bord sur un dix cents, je me suis adressée aux bibliothécaires. C’est avec plaisir que je remercie les bibliothèques du Québec, en réseau ou publiques, de leur appui.

Ce n’est pas parce que vous publiez que vous gagnez le gros lot. C’est difficile au Québec et une fausse croyance de croire que tous les auteurs sont riches et célèbres. Dans ma situation, à 98 %, je calcule comme une perte sèche les bouquins donnés en service de presse. Je remercie le 2 % d’appuis. Nous ne sommes pas Dan Brown, dont le roman se vend à 30 millions d’exemplaires à travers le monde. Faites le compte, à trois dollars le livre pour l’auteur si négocié un peu plus; ça fait plus de 90 millions de dollars dans son compte en banque… Cela va sans dire, j’aime beaucoup lire cet auteur.

Non!, je n’ai pas eu ma leçon. Oui!, je continue. Tant qu’à être à compte d’auteur que je me suis dit, pas pire me publier moi-même. J’ai rencontré AMÉCA ÉDITION ASSOCIATIVE, qui aide bénévolement ses membres, dans l’autoédition. Maintenant que j’ai pris mon écriture en main, j’écris, j’édite, je fais la promotion et je distribue mes œuvres. Donc, je suis l’artisane de mon écriture et j’en suis fière. Le tome 1 est épuisé, je l’ai fait rééditer puis j’ai publié le tome 2. J’ai reçu un nombre impressionnant d’appréciations; j’écris le tome 3 par plaisir pour les lecteurs qui me le demandent. Je fais les expositions d’artistes et d’artisans. Je suis campée sur le WEB; donc planétaire; le petit train va loin… (Nouvelle graphie)

KATHLEEN POTVIN

P.S. de Loulou : Ça alors, je suis dans le 2% et j’en suis fort aise ! J’attends de recevoir le 3e tome afin de vous le présenter !

Allez visiter le site de Kathleen !