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J’étais en Thaïlande, en 2003, en panne sur un roman qui refusait de s’écrire, lorsque j’ai songé à écrire un texte plus bref, histoire de me remonter le moral et de ne pas rentrer chez moi les mains vides.

Je me suis lancé dans l’histoire d’un grand-père et de sa petite-fille qui se détestent mais doivent passer la journée ensemble. Ils finiront, vous le devinez, par apprendre à s’apprécier mutuellement.

Le titre : Le nul et la chipie (vaguement inspiré de ma petite-fille Gabrielle, pas du tout chipie, et de son grand-père, presque aussi nul que celui du titre).

Un roman bizarre dont je doutais qu’on accepterait de le publier, parce qu’il est écrit à la première personne, mais à deux voix : chaque fois qu’on tourne la page, on change de narrateur, du grand-père à la petite-fille, puis de retour au grand-père.

Robert et Colombe Soulières l’ont accepté, apparemment sans trop hésiter, et y ont ajouté la touche supplémentaire qui distingue souvent leurs publications. Ils ont demandé à Anne Villeneuve de le parsemer d’illustrations de type bande dessinée.

Le roman a bien marché, remportant même le tout premier prix TD de littérature pour la jeunesse.

Mais il n’avait rien pour intéresser les garçons, qui n’ont pas du tout envie de s’identifier à une fille (et encore moins à un grand-père).

J’ai donc eu l’idée de La fatigante et le fainéant, que j’ai écrit au Mexique à l’hiver 2005, après une autre panne d’inspiration.

C’est encore un roman à deux voix, mais cette fois avec une vieille malcommode et son jeune voisin, ado plutôt paresseux.

Je me suis souvenu du quartier de mon enfance, Rosemont. Au parc Molson, un gardien zélé venait nous chasser chaque fois qu’il apercevait des gamins jouer au baseball avec des balles de tennis.

Ma vieille fatigante, elle, confisque sans autre forme de procès toute balle qui atterrit sur le terrain
devant sa maison.

Un jour de tempête de neige, elle téléphone chez ses voisins pour que la fille de ceux-ci vienne déneiger ses marches et son perron.

Stupeur : c’est le fainéant de fils qui se présente à sa porte. Et commence alors une étonnante journée de réconciliation entre un ado et une vieille voisine. Ils vont même se faire des confidences sur leurs amours respectives !

Anne Villeneuve a encore illustré le tout avec brio.

Grâce à ses dessins, ces romans attirent des jeunes peu susceptibles de s’intéresser à des livres aussi brefs (à peine plus de cent pages).

De plus, même les plus réfractaires à la lecture se laissent tenter. Il suffit de ne pas leur dire qu’ils sont en train de lire un roman traitant des conflits intergénérationnels.

Le nul et la chipie
La fatigante et le fainéant

Vous pourrez découvrir tous ces coups de coeur sur le site de l’éditeur :

SOULIÈRES ÉDITEUR