Art et culture
Accueil -> culture -> Louise Turgeon -> Chronique auteur étranger - «Best-Seller» ->

RÉÉDITION DU TITRE PRÉSENTÉ EN 1999

Écrit sous la forme des mémoires d’une célèbre geisha de Kyoto.

Une petite fille de neuf ans, aux superbes yeux gris bleu, tels ceux de sa mère qui se meurt, est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de geishas: ainsi commence l’histoire de Sayuri dans le Japon des années trente.

C’est à travers son regard d’enfant malheureuse que l’on découvrira Gion la décadente, le quartier du plaisir à Kyoto, avec ses temples resplendissants, ses théâtres raffinés et ses ruelles sombres.

C’est à travers son initiation et sa métamorphose que l’on apprendra l’art d’être geisha, les rites de la danse et de la musique, les cérémonies de l’habillage, de la coiffure et du thé, comment il sied de servir le saké en dévoilant à peine son poignet, comment surtout il faut savoir attirer l’attention des hommes et déjouer la jalousie des rivales.

Née sous le signe de l’eau, n’agissant jamais sans consulter son almanach, franchissant épreuve sur épreuve, Sayuri nous entraîne dans le tourbillon des choses de la vie, futile et tragique comme la Seconde Guerre mondiale qui détruira Gion.

OPINION :

Que j’ai aimé ce roman!

Les événements sont racontés à la manière japonaise, c’est-à-dire avec délicatesse, pudeur et sensibilité.

C’est tout un art qui nous est dévoilé; ne devient pas Grande Geisha qui le désire… Elles doivent être entièrement dévouées à leur Maison, à la maîtresse de cette maison…

Et quelle importance que d’avoir la meilleure Grande Soeur qui vous instruira et vous introduira dans les Salons de thé célèbres…

Le passage d’apprentie à Geisha n’arrive pas seul, uniquement une apprentie aguerrie dans la danse, la musique et l’art de distraire et de plaire y parvient.

Le « mizuage », c’est à dire le dépucelage, prend une envergure d’enchères incroyable!

Et que dire de l’importance de trouver un riche « danna » qui prendra soin de sa geisha…

C’est tout un monde inconnu des Orientaux qui nous est ainsi dévoilé.

Elles étaient loin des filles de joie occidentales comme on les imagine.

C’était des femmes accomplies dans un art qui demandait un don complet de soi pour le plaisir de l’autre.

GEISHA
Arthur Golden
JC LATTÈS
Réédition 2005 – 528 pages – 29,95 $

CRITIQUE D’UPARATHI