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L’hôtel Panama, à Seattle, est un des rares vestiges du quartier nippon de la ville autrefois florissant, disparu pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1986, à l’occasion de travaux de rénovation, on découvre dans ses caves des affaires ayant appartenu à des Japonais « déplacés » en 1942 pour être internés dans des camps.

Henry Lee, un Américain d’origine chinoise de cinquante-six ans, veuf depuis peu, obtient l’autorisation de fouiller ces biens que personne ne réclame; l’objet de sa quête est un vieux disque introuvable enregistré par son ami d’alors, le saxophoniste noir Sheldon, avec le pianiste Oscar Holden, l’une des figures majeures du jazz local.

En 1942, Henry, alors âgé de douze ans, en avait offert un des rares exemplaires à son amie Keiko Okabe, une jeune Nippo-américaine qu’il avait connue dans son collège, où les deux élèves asiatiques étaient en butte aux railleries de leurs camarades.

En cachette de son père, pro-nationaliste chinois qui haïssait les Japonais, Henry fréquenta Keiko, l’amitié entre les deux adolescents se muant progressivement en un sentiment plus tendre jusqu’à l’attaque de Pearl Harbor, qui marquera le début de la discrimination antijaponaise.

Inspiré de faits réels, « Hôtel des souvenirs doux-amers », aborde une page sombre et méconnue de l’histoire des Etats-Unis.

Ce roman sensible et bouleversant, qui traite de thèmes universels (la famille, les liens intergénérationnels et les différences culturelles), a été récompensé par plusieurs prix, dont le Montana Book Award et l’Asian/Pacific American Award for Literature 2010.

HÔTEL DES SOUVENIRS DOUX-AMERS
Jamie Ford
Traduction Philippe Beaudoin
OUTSIDE ÉDITEUR (Paris)
Collection : Roman
2011 – 409 pages – 33,95 $