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Humains paysages en temps de paix relative
Robert Dickson
Oeuvres en page de couverture et à l’intérieur de l’ouvrage, et conception de la couverture : Sofi Hémon
Prise de Parole
60 pages
2002
15,95 $

Robert Dickson, professeur agrégé en littérature à l’Université Laurentienne, a remporté le Prix du Gouverneur général pour ce recueil de poésie Humains paysages en temps de paix relative.

En ouvrant le livre, j’ai vu les paroles de Leonard Cohen de l’album My Secret Life et par la suite, en lisant tous les tableaux poétiques, il me semblait entendre une musique de jazz, en arrière-plan. Le ton était donné.

La représentation graphique du livre s’harmonise à la syntaxe : enjambements, coupures, brisures entremêlés de couleurs, de hachures et de textures.

La présence du poète à son monde immédiat et environnant m’amenait à penser, qu’il serait aussi excellent haïkiste! Il a une justesse dans ses perceptions et il capte admirablement bien les détails de « l’ici et le maintenant »…

la peau caresse l’eau entoure la peau

à l’aise dans l’eau et dans la peau

l’eau et la peau

ou

je fais mon jogging mental alors

qu’un coureur passe devant

le bruit mat d’espadrilles sur asphalte

Avec une belle simplicité, Robert Dickson nous invite dans son intimité. Avec lui, on voyage, de Fredericton jusqu’à Vancouver, en passant par Sudbury et Ottawa.

Une méditation profonde sur le quotidien : le banal et les grandes questions mariées dans des petits et de formidables moments.

C’est l’homme en relation avec son milieu, sans cri d’angoisse ou de détresse, pour un instant… mais en sourdine, une dérive qui s’annonce… Sa conception temporaire de son univers est bien relative à sa conscience planétaire.

la poésie sa carte de droit de cité en poche

est assise sur la roche face à la violence

et face à la paix temporaire du paysage

J’aurais aimé entendre la voix de Monsieur Dickson. La poésie, pour moi, est écrite pour être lue. Pour un soir, je l’aurais écouté sereinement me pointer les étoiles et j’aurais oublié les requins qui se promènent sous mon radeau de la vie.

Je me suis quand même bercée avec ce livre sur mes genoux. Je l’ai refermé et à ma surprise, j’étais devenue plus ouverte au langage du monde qui m’entoure.

Pour vous qui aimez la poésie, à lire ou à laisser sur votre table pour vos ami.e.s ou vos adolescents.