Art et culture
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Ce nouvel opus de la collection « écritures », qui présente des textes poétiques et « exploratoires », soit par leur contenu, soit par leur forme, se divise en trois parties qui évoquent trois époques, avec trois textes en prose mais de formes très différentes.

Trois inventaires qui sont autant d’illustrations du thème de la culture, personnelle et collective, et de la succession, celle qu’on reçoit et celle qu’on laisse.

De la Grande Noirceur, il avait coutume de dire qu’il ne lui restait que des souvenirs lumineux. […] En ce temps-là, le monde était neuf et ses couleurs encore fraîches.

Dans « Inventaire de succession », Robert Laliberté évoque son enfance.

L’inventaire ne correspond pas une liste de biens, ni à leur évaluation pécuniaire, mais plutôt aux impressions qui restent d’une époque, avec les frayeurs de l’enfance, ses espoirs démesurés, la compréhension aiguë de certains aspects de la vie des adultes, ou au contraire, les mystères avec lesquels, enfants, on joue délicieusement jusqu’à s’en
donner le vertige.

Racontant une succession de petits événements de la vie quotidienne familiale, ou encore décrivant les coutumes de l’époque, l’auteur dessine un portrait lumineux de son enfance pendant la Grande Noirceur, nous donnant l’impression d’avoir devant les yeux une photographie ancienne.

Pour dégager la table, je laissais sur l’appui de la fenêtre des accessoires de dessin, auxquels s’ajoutaient diverses babioles et curiosités. Cet étalage variait bien sûr au gré des jours, au gré des heures. Le soir du 8 juillet 1977, j’ai dessiné au trait et noté sur deux fiches de bristol tout ce qu’il y avait sur cet appui de fenêtre.

Le deuxième texte, « Cossins », est une liste précise des objets posés sur une tablette avec un commentaire pour chacun d’eux.

L’auteur livre ses descriptions en suivant un croquis qu’il a réalisé comme une photographie, un instantané.

Cet inventaire de biens, apparemment anodins, s’avère aussi révélateur d’une culture et de son époque.

Gardarem lou Larzac.

Enfin, « La Baumetane 78 » : une maison en Provence où l’auteur vit en communauté en 1978, et quelques dialogues échangés avec ceux qui partagent cette maison avec lui.

Ces échanges, concernant surtout des différences de langage, forment à leur tour une sorte de liste de ce qui nous est transmis.

L’AUTEUR :

ROBERT LALIBERTÉ a fait du théâtre, de la gravure, du japonais, toutes choses qui ne l’ont mené à rien, mais dont il reste fier.

Il est directeur littéraire des essais au groupe Ville-Marie
Littérature.

INVENTAIRE DE SUCCESSION
Robert Laliberté
LES ÉDITIONS L’HEXAGONE
Collection Écritures
2007 – 48 pages – 14,95$

LES ÉDITIONS L’HEXAGONE

Titres présentés chez Planète Québec dans la collection Écritures:

Rue Daubenton
Inventaire de succession