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JEANNE ET LES ANGES
Pièce écrite et mise en scène par Michel Nadeau
Tony Conte, Lorraine Côté, Nathalie D’Anjou, Josée Deschênes, Mathieu Gaumond, Line Nadeau et Rychard Thériault

Jeanne est enceinte, elle entre dans les fondations de la maison de son enfance, en ruine, s’assied et touche son ventre: « Je vais te montrer la maison où j’ai grandi… mon histoire commence ici exactement. »

Jeanne et les anges exhume de nos souvenirs des teintes, des objets et des accents d’âme qui nous exposent un large spectre d’émotions. Elle met en jeu nos vieux tabous.

OPINION:

JEANNE ET LES ANGES, une pièce d’une rare intensité!

Je suis ressortie du théâtre bouleversée.

Nous assistons à la vie des femmes des années 30, 40 et 50. La première partie de la pièce se passe dans un milieu rural mais les péchés, les tabous et la vie étaient passablement les mêmes en milieu urbain.

Marie-Paule est amoureuse de Philippe. Elle est comme un feu-follet, elle adore la vie et fait partager à Philippe cette joie de vivre.

Ils se marient, ont un premier enfant qui affaiblit passablement la santé de Marie-Paule et un deuxième s’annonce; ce qui sera fatal à Marie-Paule après quelques mois de la naissance.

Sa soeur Imelda viendra l’aider aux relevailles de la première-née mais se verra « forcée » de demeurer à cause de la maladie de Marie-Paule.

À sa mort, elle prendra la relève et s’occupera de toute la maisonnée.

Lorsque les filles auront grandi, elle sera devenue acariâtre et méchante, un peu à cause de sa route personnelle manquée.

Et les filles grandissent avec chacune leurs désirs..

Et c’est la vie de ces femmes et des hommes qui les aiment ou les détestent que nous verrons évoluer.

Et Marie-Paule, comme un ange, vient souffler sur la vie de chacun.

La scène de la mort de Marie-Paule est à faire frémir. Et plusieurs autres scènes sont d’une telle intensité que j’arrêtais de respirer, comme abasourdie par ce que je voyais et entendais….

Les seuls comédiens que je connaissais étaient Tony Conte et Josée Deschênes.
Tony Conte en « innocent » amoureux et tendre – Joachim, grand homme fort – nous séduit.
Il joue tellement bien son rôle qu’on en oublie complètement « pourquoi » on le connaît.

Josée Deschênes, en tante, tout à fait gentille et charmante; puis se transformant au fil de la vie et des déceptions en mégère…. On la voit physiquement se transformer sous nos yeux…

Lorraine Côté en Marie-Paule nous fait tourbillonner avec elle et son jeu de scène dans l’accouchement et la mort nous laisse sans voix.

Natalie D’Anjou en Jeanne, toute douce mais à la fois déterminée; Line Nadeau en amoureuse de Joachim à qui la vie ne donnera pas de chance, sauf après la mort de son père et de sa tante.

Et tous les autres comédiens…..d’une justesse dans leur rôle.

Quant au texte, il est d’une telle richesse… j’ai noté pour vous le prouver deux phrases: Le soleil peut assécher une rivière, mais ne peut ouvrir un rideau. Les dents des charrognards sont aussi blanches qu’un collier de perles!

Et la fameuse phrase To be or not to be. Transformée ainsi: To be or not ?
TO BE ! Quelle différence que cette ponctuation, tout de même !!

J’allais oublier le décor! Une splendeur!!

Si la troupe de la compagnie Jean Duceppe passe par votre ville, n’hésitez pas!
Une soirée de théâtre remarquable.

DU GRAND THÉÂTRE!!! Merci de venir en tournée!!

Vous pouvez lire la nouvelle chronique Tourisme Bas-Saint-Laurent chez Philagora, cliquez sur l’adresse plus bas.