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L’action de ce roman se passe dans les années 1950, à Caridad, village andalou juché sur une crête et dont le nom correspond à l’une des trois vertus théologales : caridad, en espagnol, signifie charité

À Caridad, on est coupé du monde, mais la terre est chaude, les sens sont en éveil.

La vie est à la fois plus facile et plus dure qu’ailleurs.

C’est un village heureux, une sorte d’Éden avant la faute.

Après un bref séjour à la ville où il assiste à une corrida, Heron revient à Caridad.

Il raconte son voyage et ses exploits.

Fabule-t-il ?

Les villageois le mettent au défi de prouver ce qu’il avance.

Alors, par la faute de Heron et aussi par la faute des gens de Caridad, le drame éclate, un drame horrible, qui transforme Heron et le village tout entier.

En plus d’expier sa propre faute, Heron prendra volontairement et lucidement sur lui la faute collective mais à certaines conditions, car la réparation doit être violente, à l’image de la tragédie.

Heron devient ce jour-là le bouc émissaire de tout Caridad.

Écrit bien avant les campagnes contre la cruauté envers les animaux, Les Commettants de Caridad prend la corrida pour prétexte. Mais la corrida, dont l’origine remonte aux très anciens sacrifices rituels, est le contraire d’un sport. Elle est une cérémonie sacrée.

Ainsi que le signale André Brochu dans son éclairante préface, « À travers le matador, officiant pour toute la foule, et le puissant taureau qu’il combat, c’est l’affrontement entre le genre humain et le règne animal qui est revécu, sous le regard du Créateur . […]

L’homme ne s’affirme comme homme que s’il tue la bête, dans un combat où il risque totalement sa vie. »

À sa parution en 1961, certains critiques frileux accueillirent Les Commettants de Caridad avec beaucoup de réserves, obnubilés qu’ils étaient par les pages dites
« licencieuses » ou « piquantes » du premier des trois récits et aveugles à la grandeur héroïque du thème du bouc émissaire et de l’expiation.

Rares furent ceux qui y virent un récit profond, inspiré de la tragédie antique.

Yves Thériault peut dorénavant dormir tranquille : les critiques d’aujourd’hui ont retiré leurs oeillères. Ils placent eux aussi Les Commettants de Caridad parmi les grands romans de cet auteur.

Titres de cet auteur présentés chez Planète Québec:

Agaguk
La fille laide
Aaron
Moi, Pierre Huneau (version audio)
Les commettants de Caridad

LES COMMETTANTS DE CARIDAD
Yves Thériault
LES ÉDITIONS LE DERNIER HAVRE
Réédition 2006 – 316 pages – 13,95$