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Chers lecteurs :

Les écrivains ont un peu tous l’impression que leurs oeuvres sont singulières, et je ne fais pas exception.

Je vais donc essayer de vous expliquer en quoi mon dernier roman, L’Inconnue, est particulier.

Je raconte dans ce livre l’histoire d’un auteur de romans littéraires, Olivier Duval, qui reçoit la tâche de terminer le roman inachevé d’une auteure de best‐sellers, Béatrice Robin, décédée subitement.

Pour compliquer un peu les choses, Olivier est l’ex‐amant de Béatrice et n’a pas une très grande estime pour son travail.

Dans mon roman, j’ai voulu mettre quelques ingrédients qui composent un bon best‐seller : un meurtre non résolu — celui d’un psychologue réputé —, des histoires d’amour, du mystère, du suspense et un vaste parcours historique qui va de la Seconde Guerre mondiale aux années de la Révolution tranquille au Québec.

Mais tout cela est observé du point de vue d’un auteur qui se demande comment doser ces ingrédients, qui doit recomposer le tout, écrire convenablement l’histoire et surtout, inventer une fin.

Ainsi, ce roman provoque un double questionnement chez les lecteurs : qui donc a tué le psychologue? Olivier réussira‐t il à résoudre l’intrigue?

Deux raisons m’ont amené à écrire ce roman.

D’abord la crainte absurde de mourir avant d’avoir terminé un livre. Je me suis demandé à quelques reprises ce qui arriverait à quelqu’un qui hériterait d’un de mes manuscrits inachevés. J’ai donc bâti mon histoire sur cette étrange inquiétude d’auteur.

La seconde est que lors d’une rencontre avec des lecteurs, je m’étais emporté dans quelques considérations à propos du camp de concentration de Terezin, qui se caractérisait par sa vie artistique exceptionnelle.

J’ai toujours été fasciné par cette extraordinaire aventure : des prisonniers plongés dans la misère la plus totale retrouvaient une dignité dans la recherche de la beauté et de l’élévation apportée par l’art. Une jeune lectrice m’a mis au défi d’écrire un roman sur ce sujet.

Ces deux idées ont trotté longuement dans ma tête et je me suis enfin mis à concevoir cet amalgametrès particulier qu’est L’inconnue, qui mélange le roman policier, historique et expérimental.

J’espère que cette mixture de styles d’écriture sera profitable.

Comme le dit le narrateur, heureux de son expérience : «Le croisement entre la séduction du roman populaire et la beauté de l’écriture du roman littéraire ne crée‐t‐elle pas une formule d’enfer?»

Je vous souhaite une bonne lecture.

L’Inconnue

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