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Bien que ce livre ait été publié pour la première fois il y a vingt-trois ans, en 1984 – il s’agit ici de la sixième édition de cet essai-fiction –, les questions que se pose Roxane, Persane venue au Québec pour continuer ses études littéraires, restent d’actualité.

À son arrivée, la jeune immigrante entame une correspondance avec Sarah, sa meilleure amie restée au pays, et lui fait parvenir treize lettres qui, en composant ce livre, tracent un portrait du Québec et révèlent sa complexité.

D’une lettre à l’autre, la totalité de l’ouvrage sera traversé par cette lancinante question: « Comment peut-on être québécois ou québécoise ? ».

Dans ses lettres, Roxane commente plusieurs aspects de la vie au Québec, tels que les difficultés d’adaptation au climat, les différences entre la vie calme à la campagne et l’effervescence créatrice de la métropole, la condition de la femme, le bilinguisme et la question nationale…

L’auteure évoque les bouleversements que la société québécoise vient de vivre en quelques années, comme l’industrialisation, la laïcisation, la démocratisation de l’éducation et, bien sûr, la défaite référendaire.

Grâce au style épistolaire, l’auteure devient le témoin, à la fois curieux et critique, de la société québécoise et peut ainsi se permettre de comparer le Québec à une pièce de théâtre.

Ces Lettres d’une autre apportent un regard différent et nouveau sur les fondements de la société complexe qu’est le Québec.

Dans sa dernière lettre, Roxane fait la réflexion suivante : « Parfois je me demande, Sarah, si je ne suis pas la seule à m’intéresser au Québec. » Mais comment « s’intéresser » aujourd’hui au Québec ?

Ou, plus précisément, comment surmonter un désintérêt qui affecte le questionnement autant sur les dimensions historique et culturelle de notre existence que sur l’action politique en tant que telle ?

Les Lettres, me semble-t-il, en suggèrent finement le moyen en diagnostiquant, au relevé de nombreuses circonstances
« vécues », une sévère déficience, un profond manque à être : l’amitié pour nous-mêmes dans une « socialité » ouvertement québécoise.

Paul Chamberland, extrait de la préface à Lettres d’une autre.

L’AUTEURE :

Née à Québec en 1940, LISE GAUVIN est essayiste, nouvelliste et critique littéraire. Elle a fait des études de lettres à l’Université Laval, à Québec, à l’Université de Vienne, ainsi qu’à l’Université de Paris-IV– Sorbonne où elle a obtenu un doctorat en 1967.

Depuis 1969, elle enseigne à l’Université de Montréal où elle a dirigé le programme en études québécoises, la revue Études françaises et le département du même nom.

Lise Gauvin a reçu le prix des Arcades de Bologne en 1992 pour son recueil de nouvelles Fugitives. En 1993, elle a été élue membre de l’Ordre des francophones d’Amérique, en reconnaissance de sa contribution au rayonnement de la littérature francophone. Elle a reçu, en 1999, le prix France-Québec pour L’écrivain francophone à la croisée des langues.

Lise Gauvin est membre de l’Académie des lettres du Québec depuis 2000.

LETTRES D’UNE AUTRE
Lise Gauvin
LES ÉDITIONS TYPO
Collection Essai
Réédition 2007 – 160 pages – 10,95$

LES ÉDITIONS TYPO

Quelques titres de cet éditeur présentés chez Planète Québec

Corridor
Après la boue
Le passager
Baiser vertige – Prose et poésie gaies et lesbiennes au Québec
Le Québec dans le monde. 1960-1980
Bleu de Delft. Archives de solitude
Journal de prison d’un Fils de la Liberté
Lettres d’une autre