Art et culture
Accueil -> culture -> Louise Turgeon -> Actualités littéraires ->

« La vérité, c’est que les femmes du Québec sont tannées. Nous sommes tannées d’attendre que les choses s’améliorent. Nous sommes en colère. Nous sommes très en colère quand nous voyons nos acquis grugés par des politiques comptables, quand nous constatons la persistance du sexisme, quand nos priorités ne méritent pas de faire leur place dans une campagne électorale. Avant que la colère ne nous étouffe, nous haussons la voix, nous réclamons notre juste part du pouvoir. »

C’est ce que l’on peut lire sur la première page du Manifeste des femmes – Pour passer de la colère au pouvoir, publié aux éditions Québec Amérique.

« La situation stagne au Québec. Les femmes sont toujours moins présentes dans les lieux décisionnels, elles ont un revenu moindre que celui des hommes et trop d’entre elles sont encore aujourd’hui marginalisées, stigmatisées, violentées à cause de leur race, de leur origine, de leur couleur de peau, de leur pauvreté, et bien sûr de leur sexe. Il faut secouer la cage et la faire éclater. Ce n’est pas vrai qu’il faudra encore attendre 75 ans pour que cette égalité entre les hommes et les femmes soit réellement concrète. Les femmes ont leur place au pouvoir qu’il soit politique, économique ou social », a indiqué Lise Payette, l’instigatrice de ce manifeste.

Adressé aux chefs des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, ce manifeste leur demande de déterminer une liste d’actions concrètes pour répondre aux exigences décrites dans le manifeste afin que la société québécoise atteigne la pleine et réelle égalité.

« Messieurs Couillard, Péladeau, Legault et Fontecilla de même que Madame David devront présenter devant un sommet, réunissant des centaines d’hommes et de femmes, leur plan d’action pour atteindre cette égalité dont on parle tant, mais qui n’est toujours pas atteinte. C’est une convocation pour le 4 mars », a lancé Mme Payette.

Le Manifeste des femmes a tout d’abord été présenté ce matin à l’Hôtel de ville de Montréal devant plus de 50 personnalités féminines provenant de tous les milieux sociaux, culturels et économiques qui ont accepté de devenir les ambassadrices de ce manifeste.

« Nous les appelons les marraines. Elles ont pour mission de supporter le projet du Collectif, de promouvoir le Manifeste dans leur entourage et de présenter aux hommes et aux femmes des exemples de réussite, chacune dans leur champ d’action. Et ces 75 femmes ne sont qu’un début », a ajouté Léa Cousineau, première femme à présider le comité exécutif de la Ville de Montréal.

En effet, toute personne souhaitant signer le Manifeste des femmes peut le faire sur le site internet PROJET 75 qui sera le portail central des activités du Collectif jusqu’à la tenue du sommet le 4 mars prochain.

« Nous voulons créer un vaste mouvement. Nous voulons susciter des discussions et nous voulons rassembler des femmes et des hommes afin de mettre en place des actions concrètes pour l’avenir. Le 4 mars, lors du Sommet, nous ferons un autre pas à en avant pour atteindre cette égalité. À partir du 4 mars, nous aurons un plan d’action, des engagements des partis politiques et les femmes pourront
passer de la colère à l’action et d’ici peu de temps au pouvoir »,
a conclu Martine Desjardins, ancienne présidente de la FEUQ, notamment en 2012, et conférencière.

Le manifeste est disponible dans toutes les bonnes librairies au coût de 5 $.

Les profits iront à l’organisation du Sommet qui se tiendra le 4 mars.

D’ailleurs, sur le site internet PROJET 75, ceux qui le désirent peuvent effectuer un don à Projet 75, un organisme
sans but lucratif en charge de réaliser le sommet du 4 mars.