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« L’année de mes quatre-vingt-dix ans, j’ai voulu m’offrir une folle nuit d’amour avec une adolescente vierge. Je me suis souvenu de Rosa Cabarcas, la patronne d’une maison close qui avait l’habitude de prévenir ses bons clients lorsqu’elle avait une nouveauté disponible.

Je n’avais jamais succombé à aucune de ses nombreuses tentations obscènes, et moins encore à celle-là, mais elle ne croyait pas à mes principes.

La morale est aussi une affaire de temps, disait-elle avec un sourire malicieux, tu verras ».

Ainsi commencent ces souvenirs.

Le narrateur, « timide et anachronique », comme il se définit lui-même, vit dans une grande maison coloniale, héritée de ses parents, il a presque tout vendu sauf la bibliothèque et sa collection de disques de musique classique, il s’enorgueillit de n’avoir jamais couché avec une femme sans la rétribuer.

En fait, il n’est jamais tombé amoureux.

Sa vie n’a pas été passionnante et il décide de la commencer à un âge où la mort se penche déjà sur lui.

Il sera sauvé de la vieillesse, stimulé par cet amour tardif pour une tendre adolescente.

Les épisodes amoureux sont platoniques, sans une parole, un mot: un voyeurisme extrême qui génère un amour fou.

Ce qui prime dans ces confessions d’un nonagénaire dont l’ultime désir est de mourir centenaire et amoureux, c’est la revendication jubilatrice de l’amour et de la passion, quel que soit l’âge et les circonstances.

Le roman est parsemé d’épisodes dramatiques, d’humour et de poésie, d’éléments propres à l’univers de Marquez : la vie quotidienne dans les Caraïbes et le monde irréel de Macondo, la solitude de l’homme, les errements de l’amour et surtout les amours contrariés.

L’AUTEUR :

GABRIEL GARCIA MARQUEZ est né en 1927 à Aracatana, en Colombie. Après des études de droit, il a été journaliste en Colombie puis au Mexique, en France et en Espagne.

Ses premières nouvelles Yeux de chien bleu et son premier roman Des feuilles dans la bourrasque, ont été publiés en 1955.

Cent ans de solitude paraît en 1967 et connaît un succès mondial.

La suite de son oeuvre dont son autobiographie Vivre pour la raconter est publiée chez Grasset.

En 1982, il reçoit le Prix Nobel de Littérature.

Titres de cet auteur chez cet éditeur :

Mémoire de mes putains tristes – 2006, Littérature
Vivre pour la raconter – 2006, Littérature
Journal d’un enlèvement – 1999, Littérature
De l’amour et autres démons – 1997, Littérature
Douze contes vagabonds – 1995, Littérature
Itinéraires espagnols – 1993, Les Langues modernes
Le Général dans son labyrinthe – 1993, Littérature
L’Amour au temps du choléra – 1992, Littérature
L’Aventure de Miguel Littin, clandestin au Chili – 1988, Littérature
Les Funérailles de la Grande Mémé – 1988, Les Langues modernes
La Mala Hora – 1988, Littérature
Chronique d’une mort annoncée – 1987, Littérature
L’Automne du patriarche – 1982, Littérature

MÉMOIRE DE MES PUTAINS TRISTES
Gabriel Garcia Marquez
Traduction de l’espagnol : Annie Morvan
LES ÉDITIONS LIVRE DE POCHE
Texte intégral
2006 – 160 pages – 9,95$$ – 5,00 euros

LES ÉDITIONS LE LIVRE DE POCHE