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Monique Genuist
Nootka
roman
Sudbury
2003
210 pages
20$
Éditions Prise de Parole/RÉCF
C.P. 550, sudbury (Ontario)
P3E 4R2

Attirés par la découverte de l’or, deux frères quittent leur Alsace natale pour l’Île de Vancouver.

Nootka, une jeune indienne, s’éprend de l’un d’eux et souhaite l’épouser à l’église comme le prêtre missionnaire et les religieuses le lui ont prescrit. Son mari l’abandonne, enceinte, pour partir à la conquête de cet or si convoité qu’il veut trouver pour sa femme et son enfant.

Le récit est savamment cadré au cœur d’une géographie finement retracée. Les personnages fictifs servent de liens fort attachants avec les personnages témoins, tels James Douglas et monseigneur Demers, qui ont marqué le milieu du XIXe siècle.

Nootka fait vivre une époque charnière, et peu connue, dans l’histoire du développement de l’Île de Vancouver et de la côte Ouest. À travers la vie mouvementée des héros, la Colombie-Britannique devient peu à peu cette province que l’on connaît aujourd’hui.
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Sur la photo : Paul-François Sylvestre

Recension de Paul-François Sylvestre

L’auteure qui habite l’Ouest canadien depuis une trentaine d’années, crée le personnage de Jean-Baptiste (Jo) Lassiat qui quitte Lièpvre, son village d’Alsace, pour se joindre aux milliers d’hommes et de femmes attirés par la ruée vers l’or.

Le 25 avril 1858, Jo arrive dans la ville naissante de Victoria. Ce «  petit homme râblé, à demi caché sous un vieux chapeau d’où s’échappent des boucles blondes » , fait la connaissance de Nootka, une radieuse Amérindienne qui le séduit tout de go.

À travers l’histoire de Jo Lassiat et de Nootka, de leur passion, et de leur petite misère, l’auteure raconte la colonisation et le peuplement de ce qui est devenu aujourd’hui la capitale de la C.-B. (appelée d’abord Nouvelle-Calédonie).

Les francophones y jouent un rôle clef, notamment avec Mgr Modeste Demers, évêque qui fait venir du Québec les Sœurs de Sainte-Anne. Elles arrivent le 5 juin 1858, ouvrent une école et enseignent entre autres à Nootka.

Cette dernière apprend le catéchisme et espère un jour devenir la femme de Jo, « devant le Dieu de monseigneur Demers, selon la coutume des Blancs» .

Elle y parvient sans trop de difficulté, mais l’or, le commerce, les affaires et la survie occupent davantage l’esprit de son mari que la lecture du Courrier de la Nouvelle-Calédonie.

Le brave Jo «  sent dans ses tripes le désir, le pur plaisir de découvrir l’or, de trouver une pépite, de la tenir au creux de sa main, de la soupeser » .

Les caresses osées de sa maîtresse Fanny et la tendresse sans borne de Nootka pèsent peu dans la balance. Il se rue, coûte que coûte, vers l’or.

De toute évidence, Monique Genuist a effectué une imposante recherche pour bien se documenter sur l’époque de la ruée vers l’or. Elle décrit avec minutie le quotidien tel que vécu par les mineurs, les gens d’affaires, les gens d’Église et les politiciens. On apprend, par exemple, que les mineurs sont souvent bien approvisionnés : cigares de La Havane, vins de Bordeaux, champagne, rhum, whisky, huîtres et bœuf en conserve. Les personnages de Nootka sont bien campés, le contexte historique est bien expliqué, les intrigues sont bien menées, l’écriture est juste et limpide…
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Monique Genuist est originaire de la Lorraine, France. Elle habite maintenant à Victoria après avoir vécu une trentaine d’année à Saskatoon.

Elle a été professeure de littérature et de civilisation québécoises à l’université de l’ouest canadien (Université de la Saskatchewan).

Elle a publié au Cercle du livre de France (Montréal) : La création romanesque chez Gabrielle Roy, introduction à l’oeuvre de la grande romancière du Québec et Languirand et l’absurde.

Elle a également publié deux études et 7 romans, dont le plus récent, est Racines de sable en 2000.

Monique Genuist a lancé son nouveau et huitième roman lors de la journée littéraire organisée par Belle-Île en Livres, le 22 novembre 2003 à l’Université de Victoria.

J’étais à cette journée intitulée « Automne en Livres»  et j’ai eu le plaisir de rencontrer Madame Genuist. J’en profite pour la saluer et lui souhaiter bonne route littéraire.

Voir :
Belle-Île-en-livres