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« On ne regarde pas les gens comme ça » lance une mère à sa petite fille qui fixe une passagère dans le métro, dans une des nouvelles de ce recueil.

« Et pourquoi pas ? » pourrait lui répondre Sylvie Massicotte, dont l’oeuvre a maintes fois été qualifiée par la critique de
«littérature du regard »
.

C’est qu’il y a toujours quelque chose de photographique, voire de cinématographique, dans son écriture.

Posant un regard d’une grande acquité sur nos moeurs contemporaines, c’est sans ménagement qu’elle observe ses personnages, multipliant les points de vue, du dedans comme du dehors, pour finalement en tracer des portraits en gros plan plus vrais que nature.

Qu’elle évoque les rapports de couple, les relations familiales ou la solitude, l’auteure met en scène des personnages qui nous sont toujours étrangement familiers.

Des hommes, des femmes et des enfants semblables à ceux et à celles que nous croisons quotidiennement.

Ou encore qui nous ressemblent tout simplement.

Comme ce type, au salon de coiffure, ou cette femme « qui court du matin au soir » rendant visite à sa mère âgée.

Les vingt nouvelles qui composent ce volume sont des textes incisifs, certains très brefs, une ou deux pages à peine.

Dès les premières lignes, un univers est dépeint.

Des personnages avancent avec la peur de rater leur vie en s’observant les uns les autres sans toujours se voir vraiment.

Et puis surgit une petite faille.

Du coup, tout se trouve bousculé : le quotidien, les certitudes, les rêves.

Demeurent alors des êtres fragiles et souvent démunis qui n’auront d’autre choix que de continuer à avancer quitte à chuter.

Tout comme chacun d’entre nous.

Critique d’Uparathi

L’AUTEURE :

SYLVIE MASSICOTTE en est à son quatrième recueil de nouvelles. Après L’oeil de verre, Voyages et autres déplacements et Le cri des coquillages.

Elle a également fait paraître un récit, chez Leméac, de même que quatre romans jeunesse à la Courte échelle où elle est aussi directrice de la collection Poésie pour adolescents.

En 1998, elle a remporté le Grand Prix littéraire de Radio-Canada dans la catégorie nouvelle, ainsi que le prix Platine Cité-Rock-Détente pour sa chanson Quand on s’en va pour oublier (Luce Dufault).

ON NE REGARDE PAS LES GENS COMME ÇA
Sylvie Massicotte
LES ÉDITIONS L’INSTANT MÊME
2004 – 114 pages – 14,95$

LES ÉDITIONS L’INSTANT MÊME