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Cet ouvrage collectif marque la clôture des travaux de l’équipe de recherche sur Le soi et l’autre animée par Pierre Ouellet. Après la parution de dix-sept titres, Quel autre ? est l’un des résultats les plus tangibles de cinq années de recherche et réunit des contributions de différents horizons, philosophique, littéraire, esthétique et sociologique.

Cet ouvrage se veut en fait le lieu et l’occasion d’un processus de transition des formes de pensée des auteurs vers des questions de fond de nature philosophique, des analyses littéraires et artistiques détaillées des productions les plus signifiantes du monde contemporain et des problématiques socio-anthropologiques essentielles pour comprendre les enjeux éthiques et politiques de notre histoire…

L’altérité s’est d’abord imposée comme un fait : la pénétration et l’imprégnation de plus en plus profondes des mondes de l’autre dans notre propre monde.

Elle s’est ensuite imposée comme un thème : la nouvelle réalité sociale et historique est devenue le sujet dominant des débats politiques et idéologiques qui traversent l’ensemble du discours social.

Il n’est toutefois pas certain qu’on ait pris la juste mesure des mutations que cette altérité vécue et largement représentée a pu déclencher dans les modes d’existence et de coexistence des sujets individuels et collectifs.

Car l’altérité est aussi une « forme de vie », une véritable « sensibilité », un ensemble d’attitudes, d’affects et de comportements, autrement dit une forme d’expérience énonciative non seulement de sa propre identité et de celle d’autrui, mais encore de son propre rapport au monde.

D’abord, les auteurs Jean-Christophe Bailly, Paul Audi, Georges Leroux, Gérard Bucher et Éric Méchoulan se livrent à une réflexion philosophique sur « l’être et le devenir de l’autre ».

Dans une deuxième partie, Guillaume Asselin, Frank Villain, Jean-Pierre Vidal et Thierry Tremblay traitent des « formes et forces de l’autre » en prenant pour objets des textes littéraires et des œuvres d’art qui font intervenir d’une manière exemplaire différents aspects de l’altérité.

Puis, Anthony Wall et Jean-Philippe Uzel signent deux analyses qui relèvent de l’histoire de l’art abordée du point de vue esthétique de l’altérité.

La troisième et dernière partie, avec des textes d’Alexandre Prstojevic, Marie-Dominique Popelard, Alexis Nouss et Sherry Simon, porte sur les manières de « dire et traduire l’autre » et met en évidence les conditions discursives ou énonciatives d’une véritable « éthique de l’altérité ».

En conclusion, Simon Harel propose une réflexion sur les « architectures précaires du quotidien » qu’il appelle également « l’humain jetable », où il remet en question les visions euphoriques de l’altérité et de l’hybridité que véhicule le discours social de la mondialisation à tout crin et se penche sur les « zones de tension » et les « espaces conflictuels ».

QUEL AUTRE ? L’ALTERITE EN QUESTION
Sous la direction de Pierre Ouellet et Simon Harel
VLB ÉDITEUR
Collection Le soi et l’autre
2007 – 392 pages – 29,95$

VLB ÉDITEUR

Titres de la collection Le Soi et l’Autre:

Politique de la parole. Singularité et communauté

Poésie, terre d’exil. Autour de Salah Stétié

L’esprit migrateur. Essai sur le non-sens commun

L’engagement de la parole. Politique du poème

Objets du monde. Archives du vivant

LE TREMBLÉ DE SENS. Apostille aux Inventés

UNE POLITIQUE DE LA DOULEUR. Pur résister à notre anéantissement

LE DIALOGUE ENFOUI. Exercices de solitude

L’OEIL ALLUMÉ. Contes de la colère triste

CYBERMIGRANCES. Traversées fugitives

FRONTALITÉS – Censure et provocation dans la photographie contemporaire

BRACONNAGES IDENTITAIRE. Un Québec palimpseste

LE CHANT DES PAROXYSMES, suivi de La Nukaï

LA LITTÉRATURE EN PUISSANCE. Autour de Giorgio Agamben

PAROXYSMES. La parole hyperbolique

L’ÉPARS ET LE CONTINU. Rebonds critiques III

QUEL AUTRE ? L’altérité en question

La collection « Le soi et l’autre » fut dirigée par Pierre Ouellet (UQAM). Elle a publié des ouvrages portant sur les formes d’expression littéraires, artistiques et historiques qui mettaient en question l’identité individuelle et collective à travers les modes d’énonciation de la mémoire, de la perception et de l’imagination.