Art et culture
Accueil -> culture -> Louise Turgeon -> Auteurs québécois - Adultes/Ados ->


SAINT-DENYS GARNEAU. Le poète en sursis.
(récit biographique)(1912-1943)

« Il avait tout pour réussir » dit-on de quelqu’un qui meurt avant d’avoir pu exploiter tous ses talents ou qui sombre dans la dépression et/ou la maladie.

Il est des gens dont le destin se brise avant même qu’il ait pris son envol.
Saint-Denys Garneau est de ceux-là.

Ami d’André Laurendeau, de Jean LeMoyne, de Robert Charbonneau, de Robert Élie, Saint-Denys Garneau était considéré comme le poète le plus prometteur de sa génération.

Il aurait pu briller de tous ses feux. Au lieu de cela, il s’est complu dans sa névrose.

Être torturé autant dans sa chair que dans son esprit, Garneau n’a jamais réussi à faire la paix avec lui-même.

Il renie très vite « Regards et jeux dans l’espace », le recueil de poésie qu’il a fait paraître à compte d’auteur en mars 1937.

Blessé par une réception critique qu’il juge trop sévère, il retire un à un ses livres des étagères des librairies.

Après un séjour désastreux de trois semaines en France, il revient plut ôt que prévu et se réfugie à Sainte-Catherine de Fossambault où il vit dans la plus grande solitude, comme s’il attendait la mort.

Elle vient au bord de la rivière Jacques-Cartier, après une excursion solitaire en canot.

OPINION:

Monsieur Brochu a tellement bien réussi à entrer dans la peau de Saint-Denys Garneau, qu’on a peine à croire que ce n’est pas le poète lui-même qui lui a dicté ses mots.

Et cette façon qu’il a de raconter l’époque où la religion, le collège classique, la foi et l’aspiration à la « sainteté » en a ébranlé plus d’un.

Saint-Denys Garneau avait un désir d’absolu. C’était un combat constant entre son esprit et son corps… ce corps qui avait des besoins physiques qu’il tentait par tous les moyens de combattre et qui lui répugnait pratiquement lorsqu’il y succombait…

Il dira même: « Dieu n’a pas créé la fille pour servir au plaisir de l’homme, mais pour rendre plus méritoire son long, pénible acheminement vers la vertu. »

Saint-Denys Garneau fut l’un des premiers poètes québécois à
délaisser la forme classique jusqu’alors employée pour écrire en vers
libres, sans rime ni ponction. Cette façon vient donc remplacer la rime pour
faire place au rythme, le son intuitif du coeur, cette musique que l’on
retrouve dans sa poésie.

Plus il écrivait, plus il sombrait dans le désespoir et la morbidité.

Étant de santé fragile depuis son enfance (coeur), il fut pris d’un malaise en revenant d’une excursion de canot, accosta, demanda de l’aide qu’on ne put lui fournir et mourut sur le chemin du retour.

Ce livre contient quelques poèmes de Saint-Denys Garneau. Personnellement, j’ai énormément de difficulté à lire ce genre de poésie. Probablement parce que je suis trop terre-à-terre et que j’essaie de « comprendre » alors que, comme me le dit si souvent Huguette Bertrand (amie et poétesse), il ne faut pas chercher à « comprendre » mais bien se laisser envelopper, bercer par la musique des mots…

Je suis dure d’oreille….

Un livre magnifique, magnifiquement écrit!

Maintenant, JE SAIS qui est Saint-Denys Garneau.

SAINT-DENIS GARNEAU. Le poète en sursis
André Brochu
(Professeur honoraire de l’Université de Montréal.
Il a enseigné les littératures française et québécoise de 1963 à 1997 à l’U.M.)
XYZ Éditeur
La collection LES GRANDES FIGURES
208 pages – 15,95 $

Voici un très beau site de liens vers des poètes et autres sites littéraires

http://www.francomedia.qc.ca/~s.o.s.fr//Poesie/Liens/liens1.html