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Au pays de Galles, c’est jour de fête nationale aujourd’hui. On y célèbre la Saint-David.

En souvenir de Mervyn, mon mari, je vous raconte, dans les grandes lignes, ce que je connais du pays appelé en gallois : Cymru. Situé en Grande-Bretagne, il est bordé à l’est par l’Angleterre au sud par la Manche, à l’ouest et au nord par la mer d’Irlande. Le sud du pays est industrialisé tandis que le nord est agricole et l’ouest touristique. La population est de 3,2 millions habitants.

Tout comme la colonie française d’ici, le pays de Galles a été conquis par les Anglais et tout comme nous, les Gallois ont conservé leur langue à force d’entêtement. La signalisation dans la principauté est bilingue : gallois et anglais. Il existe d’ailleurs chez eux le pendant du Parti Québecois : le Plaid Cymru.

Un peu plus de 20% de la population parle encore le gallois quotidiennement mais l’apprentissage de la langue est en croissance, surtout dans les vallées du sud. C’est un fait intéressant quand on sait que les conquérants interdisaient aux enfants parler gallois à l’école sous peine de punition corporelle. Les services offerts en gallois : écoles, radio et télévision sont plus importants que dans tout autre pays celtique.

Le paysage du pays de Galles est constellé de vestiges celtes datant de l’époque où ils étaient maîtres chez eux. On retrouve de nombreux sites datant des occupations qui se sont succédées : romaine, normande et anglo-saxonne.

Plusieurs villes portent d’ailleurs encore des noms français : Fleur-de-lys, Beaumaris, Beaufort… Malgré toutes les occupations, les Gallois ont conservé leur identité celte et surtout leur fierté de l’être.

Leur langue est de la même racine que le breton. Chaque année, durant la première semaine du mois d’août, les druides président à une grande fête appelée Eisteddfod où des bardes récitent leurs poèmes accompagnés par la harpe des musiciens. C’est un très grand festival culturel et plus de 250,000 visiteurs s’y rendent chaque année. C’est leur Franco-Folies. Lorsque j’y suis allée, j’ai été surprise d’y entendre parler français. Des Bretons étaient venus célébrer la poésie avec ceux dont ils partagent la langue.

Voici un poème écrit en gallois par T. Gwynn Jones. Je vous fais grâce de la traduction mais je dois vous dire que malgré les lettres doublées, les w et y, la sonorité de la langue n’est ni dure, ni gutturale.

Ystrad Fflur

Mae dail y coed yn Ystrad Fflur
Yn murmur yn yr awel,
A deuddeng Abad yn y gro
Yn huno yno’n dawel.
Ond er mai angof angau prudd
Ar adfail ffydd a welaf,
Pan rodiwyf ddaear Ystrad Fflur
O’m dolur ymdawelaf.

Ystrad Fflur est un endroit sacré où se trouvent les ruines d’une Abbeye Cistercienne dans le Cardiganshire. C’est là que repose Dafydd ap Gwilym (1315-1370), le plus célèbre poète gallois ainsi que de nombreux princes de Galles du Moyen-Âge. C’est aussi là que les légendes galloises du Mabinogion ont été écrites.

Le dragon rouge est l’emblème du pays de Galles et il est représenté sur leur drapeau. Le dragon fait partie de l’imaginaire collectif à un tel point que mes petits-neveux ont dit à leur oncle, conservateur d’un musée situé évidemment dans un château, de «sauter sur un dragon» pour venir les voir…

Le poireau est devenu un des emblèmes du pays. L’histoire veut que lors d’une bataille contre les Anglo-Saxons, les Gallois s’étant retrouvés dans un champ de poireaux aient décidé d’en piquer un à leur chapeau pour se différencier de l’ennemi. De là viennent les couleurs blanche et verte du drapeau. La fleur du pays est la jonquille.

Il n’est donc pas surprenant que les partisans gallois portent un poireau à la boutonnière lors des compétitions internationales de rugby, le sport national. Le tournoi des Six-Nations se dispute actuellement entre les équipes d’Italie, de France, d’Angleterre, d’Irlande, d’Écosse et du pays de Galles. Remporter ce tournoi, c’est un peu comme gagner la Coupe Stanley à l’époque où c’était encore glorieux de rapporter la Coupe chez soi.

Les Gallois sont réputés savoir chanter et c’est toujours émouvant d’entendre la foule entière d’un stade entonner avec vigueur l’hymne national.

Les ressources naturelles du pays de Galles ont été exploitées par les Anglais au siècle dernier, un peu comme les matières premières du Québec étaient vendues avant d’être transformées, sous la gouverne de Duplessis. Les vallées profondes du sud du pays ont littéralement été couvertes de mines de charbon et les paysages verdoyants ont fait place à de tristes amoncellements de pierraille rejetée par les mines.

Richard Llewellyn écrivait le livre « Comme elle était verte ma vallée » en 1941. Un énorme glissement de terrain causé par les trop nombreux tunnels souterrains s’est produit en 1966 à Aberfan, dans la vallée Rhondda. 116 enfans sagement assis à l’école ont été ensevelis sous terre. Une génération complète est disparue en cinq minutes.

Après ce désastre, les autorités ont réglementé de façon très sévère la disposition de résidus miniers et procédé au reboisement de montagnes entières complètement pelées et dont le sol était devenu instable. Le pays de Galles est de nouveau vert.

Vous connaissez les acteurs Richard Burton et Anthony Hopkins, le chanteur Tom Jones? Ils sont Gallois. T.E. Lawrence qui est devenu Laurence d’Arabie était Gallois tout comme le poète Dylan Thomas qui a connu la gloire aux États-Unis. Le chanteur américain Bob Dylan a d’ailleurs choisi ce nom en son honneur. Autre Gallois célèbre : Merlin l’enchanteur.

Le prince de Galles n’est pas Gallois, ce n’est qu’un titre donné au fils aîné de la Couronne britannique, tout comme nous sommes encore, à titre de Canadiens, sujets de Sa Majesté.

Si vous voulez en savoir davantage sur le pays de Galles, visitez le site

Vous pourrez y naviguer en français en cliquant sur la section International Visitors.

Avec toutes ces similitudes, pas vraiment surprenant que je sois devenue amoureuse d’un Gallois!