Art et culture
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Le vendredi 7 avril 2006, 20 h

Dans le cadre de la 11e édition de Vue sur la relève qui se tient jusqu’au 15 avril

ABAT-JOUR THÉÂTRE / CAROLINE LAURIN-BEAUCAGE / JEAN-SÉBASTIEN LOURDAIS

La condition triviale est la première création d’Abat-Jour Théâtre (AJT), jeune compagnie formée d’étudiants en interprétation théâtrale à l’Option-théâtre du collège Lionel-Groulx. La visée artistique de ce regroupement est d’allier poésie et culture populaire en servant de lieux de rencontre aux contrastes théâtraux. La structure du texte, qui repose sur des répétitions, est au service de l’émotion de l’acteur. En adoptant une mise en scène d’influence brechtienne, la compagnie cherche à présenter cet acteur tant en état de jeu qu’en position de spectateur, à faire se succéder en lui émotions extrêmes et à lui apprendre le recul du comédien vis-à-vis de son personnage. Derrière Abat-Jour Théâtre, il y a surtout Simon Boulerice, un jeune comédien et danseur d’une redoutable créativité. Première partie d’une trilogie sur la cruauté humaine, La condition triviale sera suivie de Hémorragie à trois et de Filles d’Agamemnon. En posant un regard sur la possessivité dans les rapports amoureux et la violence qui en découle, La condition triviale dresse un pont entre l’être contemporain et ses instincts primitifs, entre la légèreté et son quotidien et ses fantasmes tragiques. Ici, Blaise Cendrars côtoie Gloria Estefan et Phil Collins. Ici, le corps démembré d’un sauvage traîne quelque part sur le prélart d’une cuisine typique des années 1980 : l’amour qui vampirise, la nécessité d’enfantement qui pousse au meurtre. Ni lugubre ni glauque pourtant, jouée d’une façon hautement physique, la pièce éclate comme une fête foraine.
Extrait: http://www.vuesurlareleve.com/extraits/SEQABAT.mov
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DANSE: CAROLINE LAURIN-BEAUCAGE – 100 legs
chorégraphe
Interprètes: Andrée Juteau, Geneviève Gaudreau, Karine Desrochers,
Jessica Cumberbich: répétitrice
François Marceau: éclairage
Véronique Bertrand: scénographie et costumes
Nicolas Basque: musicien et compositeur
La compagnie La Terre est bleue présente une pièce pour trois danseuses et un musicien: 100 legs, chorégraphiée par Caroline Laurin-Beaucage et créée en collaboration avec le musicien/concepteur du son Nicolas Basque. Ce spectacle parle de l’exploration individuelle de l’héritage qui nous a été transmis. Les interprètes proposent un voyage à travers l’expérience individuelle, porté par une gestuelle dynamique dans une lutte à trois, oscillant entre la tension et l’abandon. Dans cet univers à la fois naïf et transcendant, hérité et fabriqué, les interprètes livrent une énergie brute empreinte d’une touchante sincérité. Que retenons-nous de nos proches ancêtres? Comment s’approprier et porter ce bagage dont nous sommes les héritiers? 100 legs est une réflexion sur nos origines, sur ce qui nous a façonnés, sur ce que nous voulons à notre tour léguer ou duquel nous souhaitons nous défaire. Depuis quatre ans, la danseuse-chorégraphe fait partie de l’équipe des professeurs à l’École de danse Louise Lapierre (Montréal) et enseigne la danse moderne auprès des jeunes. Caroline Laurin-Beaucage et Nicolas Basque fondent La Terre est bleue en 2003. Travaillant ensemble danse et musique, leurs créations sont marquées d’une humanité et d’un esthétisme assez cru, combinant les divers talents et personnalités des interprètes. Ils ont présenté leurs pièces à New York, Toronto et Montréal: Prise de sceau (2001-2002), La mort d’un jeune poète I (2003-2004) et La mort d’un jeune poète II (2004-2005).

Extrait: http://www.vuesurlareleve.com/extraits/LCaroBeauc.mov
Extrait: http://www.vuesurlareleve.com/extraits/LCaroBeauc.wmv

DANSE: JEAN-SÉBASTIEN LOURDAIS – Défaut de fabrication
chorégraphe
Frédéric Gagnon: interprète
Yves Robillard: conception du décor
Gaétan Paré: conception des éclairages et direction des interprètes

Défaut de fabrication est la deuxième chorégraphie de Jean-Sébastien Lourdais. Cette pièce parle de l’impétuosité des désirs humains et c’est à un véritable délire qu’elle nous convie. Quelque part entre la fête d’enfants hyperactifs, le pique-nique compulsif et la tranche de vie d’une famille dysfonctionnelle, c’est l’envers et l’endroit des dérives humaines et des besoins fondamentaux qui défilent : la faim, la soif, la tendresse, la convoitise, la rage, l’urgence de vivre. Défaut de fabrication est composé de tableaux surréalistes habités par d’improbables personnages qui s’entrecroisent au gré des obsessions de chacun, en un maelström d’euphorie et de violence. Son diplôme à l’UQÀM fait suite à une formation suivie en Bretagne, où il est né, ainsi qu’à quelques prix récoltés lors de concours à l’Académie de France à Paris. On aura beau lui accoler l’étiquette de jeune artiste émergent, son début de trentaine ne ment pas et sa maturité ne vient pas seulement des écoles de danse. Celle-ci se double d’un sens aigu de la dérision et d’une approche singulière du mouvement. Jean-Sébastien nous amène sur le terrain glissant de cette folie qui nous habite tous. Son univers, qui nous met face à la fragilité de notre nature, ne dérape par contre jamais dans l’abjection. Le tout est à la fois drôle, kitsch, grave et burlesque, mais surtout très bien maîtrisé pour un chorégraphe en début de parcours.

Extrait: http://www.vuesurlareleve.com/extraits/JSLOURDA.mov
Extrait: http://www.vuesurlareleve.com/extraits/JSLOURDA.wmv
Maison de la Culture Frontenac
2550 rue Ontario Est (angle Frontenac)

Entrée 7$
Billets en vente par internet au www.vuesurlareleve.com / téléphone au 514.278.3941ou sur place le soir du spectacle