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Les 20, 24, 27 et 29 mai et 1er juin 2006 à 20 h, et le 3 juin 2006 à 14 h

L’Opéra de Montréal présente Aïda de Giuseppe Verdi

Le plus célèbre des opéras de Verdi, Aïda, clôt la 26e saison de l’Opéra de Montréal dans une coproduction avec le Utah Symphony and Opera et le Pittsburgh Opera. Avec une musique exotique à l’instrumentation colorée, de grands effectifs scéniques, des choeurs imposants, des chorégraphies stylisées et de nombreux figurants, le faste de cette histoire tragique saura plaire aux inconditionnels des opéras à grand déploiement.

Une distribution impressionnante de renommée internationale fera vivre les personnages de cette histoire épique campée dans l’Égypte ancienne et mise en scène par le canadien Brian Deedrick. Le rôle d’Aïda sera chanté par la soprano américaine Susan Patterson, rompue aux grands rôles emblématiques du répertoire, et le réputé ténor canadien Richard Margison, qui effectue un retour à l’Opéra de Montréal, chantera celui de Radamès, capitaine de la garde égyptienne. Le rôle d’Amonasro, roi d’Éthiopie, sera incarné par le baryton américain Grant Youngblood et celui de Ramfis, grand prêtre égyptien, sera tenu par la basse australienne Daniel Sumegi. Deux Américains et deux membres de l’Atelier lyrique complètent cette distribution prestigieuse : la basse Valerian Ruminski dans le rôle du roi d’Égypte, la mezzo-soprano Nancy Maultsby dans celui de sa fille Amnéris, la soprano Allison Angelo dans le rôle de la Prêtresse et le ténor Thomas Macleay qui chante un Messager. L’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal sera dirigé par le chef américain Richard Buckley, et c’est le Canadien Jean-Marie Zeitouni qui a préparé le Choeur de l’Opéra de Montréal. Les chorégraphies sont de Jean Léger, les décors stylisés de Bernard Uzan et Claude Girard, ce dernier assurant aussi la conception des costumes. La conception des éclairages est signée Matthieu Gourd.

Le triomphe de l’amour

Dans le palais du roi d’Égypte, Aïda, fille du roi éthiopien Amonasro vit comme esclave à la cour d’Égypte. Elle s’est éprise du jeune capitaine Radamès, qui éprouve les mêmes sentiments à son égard. Radamès est aussi aimé d’Amnéris, fille du roi d’Égypte. Le grand prêtre Ramfis nomme Radamès commandant en chef des troupes égyptiennes, pour aller combattre le roi éthiopien Amonasro qui vient d’envahir l’Égypte. Aïda est partagée entre son amour pour son bien-aimé et son père. Dans le temple de Ptah, prêtres et prêtresses invoquent le dieu tout-puissant avec des chants et danses rituels. Radamès reçoit de Ramfis les armes sacrées qui lui assureront la victoire.

Amnéris languit entourée de ses esclaves et parmi elles, la belle Aïda dont elle soupçonne l’amour pour Radamès. Amnéris fait croire à Aïda que Radamès a été tué au combat : Aïda tombe dans le piège et avoue son amour. Les deux femmes s’affrontent. Radamès est accueilli en vainqueur aux portes de Thèbes. Le roi accepte de libérer les prisonniers – dont Amonasro qui se fait passer pour un soldat éthiopien – et offre à Radamès la main de sa fille Amnéris. Radamès et Aïda sont séparés à jamais.

Sur les rives du Nil, dans le temple d’Isis, Amnéris prie afin que Radamès lui voue son amour. Mais Radamès veut revoir Aïda. Celle-ci, forcée par son père Amonasro, parvient à se faire révéler le chemin qu’emprunteront les troupes pour vaincre les derniers résistants éthiopiens. La trahison de Radamès est découverte. Amnéris, qui tient le destin de Radamès entre ses mains, tente d’obtenir de lui qu’il renonce à Aïda en échange de sa vie. Mais Radamès choisit d’être emmuré vivant. Aïda l’a précédé dans la crypte et, apaisés, les deux amants font leurs adieux au monde.

Grandiose et intime

La beauté singulière de cet opéra de Verdi réside dans l’expression musicale de l’humaine vérité chez des héros tiraillés entre des sentiments contradictoires : l’amour, la jalousie, l’honneur, la trahison. Hormis la scène triomphale de Radamès, celle où sonnent les illustres trompettes, Aïda relève de l’intime. Par une écriture orchestrale raffinée, truffée d’harmonies aux couleurs orientales, et une expressivité rare du chant, Verdi rompt avec les structures conventionnelles de l’opéra romantique et réalise une synthèse magistrale du melodramma italien et du grand opéra français. Si les airs isolés sont l’exception, plusieurs duos d’une rare intensité ponctuent cette partition et épousent avec subtilité les sentiments des protagonistes et leurs situations déchirantes. Pour cette production, la fameuse scène triomphale sera stylisée : onze danseurs présenteront une chorégraphie qui relatera la bataille livrée par les Égyptiens aux Éthiopiens. Les chorégraphies seront présentées dans leur intégralité.

D’abord prévue en janvier 1871, la première d’Aïda aura lieu plutôt la veille de Noël de la même année, et c’est le contrebassiste et compositeur Giovanni Bottesini qui en assurait la direction. Le succès au Théâtre de l’Opéra du Caire se muera en triomphe quelques mois plus tard au Théâtre de La Scala de Milan où le public en liesse rappellera Verdi 32 fois sur scène ! Depuis, toutes les grandes maisons d’opéra rivaliseront d’originalité et de gigantisme afin de présenter l’oeuvre qualifiée de pharaonique.

Aïda

Opéra en trois actes de Giuseppe Verdi (Roncole, près de Busseto, 1813 – Milan, 1901)
Livret d’Antonio Ghislanzoni, d’après l’ouvrage de Camille du Locle sur une intrigue d’Auguste Mariette
Créé au Théâtre de l’Opéra du Caire, le 24 décembre 1871
Chanté en italien avec surtitres français et anglais
Dernière production à l’Opéra de Montréal : mai 2001

Distribution

Aïda : Susan Patterson
Soprano américaine. À la compagnie, c’est en 1993 que l’on découvre Susan Patterson dans le rôle de Violetta (La traviata). Elle y revient ensuite en 2002 pour chanter Tosca, en plus de participer à plusieurs éditions du Gala de la compagnie (1996, 1999, 2000, 2003, 2004). Elle figure parmi les plus importantes sopranos lirico-spinto de l’heure, défendant des rôles comme Mimì, Aïda et Manon Lescaut, de même que Violetta qu’elle tient à de multiples occasions, entre autres au San Francisco Opera, au New York City Opera, au Lyric Opera of Chicago, au Vancouver Opera, au Welsh National Opera et au Canadian Opera Company, avant de reprendre le rôle au Metropolitan Opera où elle avait fait ses débuts en 1998 en Chanteuse italienne (Capriccio). Elle était récemment la comtesse Almaviva (Les noces de Figaro) au Baltimore Opera et a participé à l’enregistrement de Nabucco avec l’Orchestra of Opera North sur étiquette Chandos.

Radamès : Richard Margison
Ténor canadien. L’association de Richard Margison avec l’Opéra de Montréal remonte à 1991 lorsqu’il chante Rinuccio (Gianni Schicchi). Il y revient pour chanter le rôle-titre de Don Carlo et participer à deux éditions du Gala (1997, 2001). En 2003, il est intronisé au Panthéon canadien de l’art lyrique lors du 8e Gala de l’Opéra de Montréal. Il est l’un des ténors les plus acclamés du monde et se produit sur les plus grandes scènes lyriques, dont le San Francisco Opera, le Lyric Opera of Chicago, le Staatsoper de Vienne, l’Opéra national de Paris, le Deutsche Oper de Berlin, le Théâtre royal de la Monnaie et l’Australian Opera. À cette liste s’ajoute sa présence régulière au Metropolitan Opera dans des rôles tels Don José, Radamès, Manrico, Calaf, Bacchus, Don Carlo, Faust (Mefistofele) et Faust. Il collaborait récemment à la création de 1984, un opéra de Lorin Maazel produit au Royal Opera House — Covent Garden. En 2001, il est nommé Officier de l’Ordre du Canada.

Amonasro : Grant Youngblood
Baryton américain, faisait ses débuts à la compagnie lors du 8e Gala (2003). Sa carrière connaît depuis quelques années un essor fulgurant, tant au récital que sur la scène lyrique. Il a chanté Rigoletto au Virginia Opera, Scarpia (Tosca) au New York City Opera, les quatre démons (Les contes d’Hoffmann) au Central City Opera de Denver et Germont (La traviata) au New York City Opera. Récemment, il était de nouveau Scarpia au Dayton Opera et Sharpless (Madame Butterfly) au Central City Opera, rôle qui lui a d’ailleurs valu un franc succès lors de ses débuts au San Francisco Opera. Il a également enregistré l’opéra The Song of Majnun de Bright Sheng (Delos, 1997).

Amnéris : Nancy Maultsby
Mezzo-soprano américaine. En janvier 2004, Nancy Maultsby faisait des débuts remarqués à la compagnie en Judith (Le château de Barbe-Bleue) et offrait par la suite une prestation tout aussi convaincante à la 9e édition du Gala (2004). Cette chanteuse possède un répertoire particulièrement vaste, allant de Monteverdi à John Adams, en passant par Mahler et Stravinsky. Étroitement associée au Lyric Opera of Chicago, elle y a interprété divers rôles wagnériens : Erda (L’or du Rhin, Siegfried), la Première Norne et Waltraute (Le crépuscule des dieux), rôles qu’elle avait d’abord tenus dans la production de L’anneau du Nibelung de Stephen Wadsworth au Seattle Opera en 1995 et qu’elle a repris l’été dernier au même endroit. On la retrouve également au Royal Opera House — Covent Garden (Hélène d’Égypte), à Athènes en Amnéris (Aïda) et en Octavie (Le couronnement de Poppée), à Naples, Rome, Dresde et Athènes en Jocaste (Oedipus rex).

Ramfis : Daniel Sumegi
Basse australienne, fait ses débuts à la compagnie lors du 6e Gala (2001). Maintenant établi aux États-Unis, il mène une carrière internationale qui le conduit de l’Amérique du Nord en Australie, en passant par l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Sud. Il a chanté entre autres Ramfis (Aïda) au Houston Grand Opera, Hagen (Le crépuscule des dieux) au State Opera South Australia et à l’Opéra de Cologne, le lieutenant Ratcliffe (Billy Budd) à l’Opéra national de Paris, Lodovico (Otello) au Washington Opera, Jokanaan (Salomé) au Opera Australia de Sydney, Escamillo (Carmen) au Welsh National Opera de Cardiff et Daland (Le vaisseau fantôme) au Austin Lyric Opera. Il incarnait récemment Zaccharie (Nabucco) au Opera Australia de Sydney.

Le roi d’Égypte : Valerian Rumiski
Basse américaine, faisait ses débuts à la compagnie lors de la 8e édition du Gala (2003). Il a chanté sur plusieurs grandes scènes dont le Metropolitan Opera, New York City Opera, Santa Fe Opera, Dallas Opera, Atlanta Opera, Seattle Opera, Opera Ireland, Opera de Monte-Carlo, New Israeli Opera, Vancouver Opera, Opera Lyra Ottawa, Calgary Opera et l’Opéra de Québec dans des rôles tels que Sarastro (La flûte enchantée), Sparafucile (Rigoletto), Gremin (Eugène Onéguine), Ferrando (Il trovatore), Ramfis et le Roi (Aïda), Colline (La bohème), Don Alfonso (Così fan tutte), Frère Laurence (Roméo et Juliette), Basilio (Le barbier de Séville), Figaro (Les noces de Figaro) et Timur (Turandot). Nous pouvons aussi l’entendre sur disque: A Night at the Opera (Naxos).

Direction musicale : Richard Buckley
Chef américain, fait ses débuts à la compagnie en 1997 dans Turandot. Directeur artistique du Austin Lyric Opera, premier chef invité du Seattle Symphony, ancien directeur artistique du Seattle Opera et du Washington Opera, il mène également une carrière internationale bien remplie, tant à l’orchestre qu’à l’opéra. Récemment, il dirigeait Faust au Palm Beach Opera, Mouring Becomes Electra au Seattle Opera, La traviata au Florida Grand Opera et La bohème au Royal Oper de Suède. Il a dirigé une dizaine de productions au Lyric Opera of Chicago et créé de nombreuses ¦uvres lyriques contemporaines, dont The Song of Majnun de Bright Sheng, une commande du Opera Theatre of Saint Louis. En 1999, le Canadian Opera Company lui décernait le prix Dora Mavor Moore pour la direction du Trouvère.

Mise en scène : Brian Deedrick
Metteur en scène canadien. Ce sera la troisième fois que la compagnie accueille Brian Deedrick, directeur artistique du Edmonton Opera : d’abord dans Madame Butterfly (1993), puis dans La bohème (2004). Il a signé plusieurs mises en scène, notamment pour l’Edmonton Opera (Turandot, L’enlèvement au sérail, Così fan tutte, Jules César), le Calgary Opera (Lakmé), l’Opéra de Tel Aviv (Lakmé), le Baltimore Opera (Le vaisseau fantôme, Don Giovanni), l’Arizona Opera (Les pêcheurs de perles) et celle de La bohème à Casalmaggiore, en Italie. Il a mis en scène plusieurs fois Aïda, dont aux maisons d’opéra d’Edmonton, de Calgary, d’Ontario, de Fort Worth, de Vancouver et de Caroline du Nord. L’année dernière, il présentait Les joyeuses commères de Windsor au Hawaii Opera Theatre et South Pacific au Edmonton Opera.

Chef de chœur : Jean-Marie Zeitouni
Chef montréalais, devient assistant chef d’orchestre et chef de choeur à l’Opéra de Montréal (2002), de même que directeur musical de l’Atelier lyrique (2003). En 2004–2005 il y fait ses débuts comme chef d’orchestre (Don Pasquale) et comme directeur musical de l’Atelier lyrique (Didon et Énée), en plus de faire ses débuts à l’Orchestre symphonique de Montréal et au Mostly Mozart Festival de New York (assistant chef). Parallèlement à ses activités montréalaises, il dirige L’élixir d’amour à l’Opéra de Québec après y avoir été chef de choeur. Depuis quelques années, il est étroitement lié aux Violons du Roy comme chef associé. Il a donné avec eux plus d’une centaine de concerts au Québec, ailleurs au Canada et au Mexique. Il a également dirigé des orchestres au Canada, aux États-Unis, à Cuba et au Vietnam. Il a été, pour la 26e saison de l’Opéra de Montréal, au pupitre pour la production de L’Étoile, et de The Turn of the Screw, présentée par l’Atelier lyrique et chef de choeur pour Norma, La clémence de Titus et Aïda.

Éclairages : Matthieu Gourd
Concepteur d’éclairage québécois. Directeur technique de l’Opéra de Montréal depuis 2001, Matthieu Gourd a également conçu pour la compagnie les éclairages de Madame Butterfly (2002) et Agrippina (2005). Au cours des dix dernières années, il a pris part à plus d’une soixantaine de productions en tant que directeur de production, directeur technique ou éclairagiste. Au théâtre, on a pu voir son travail au Théâtre de Quat’Sous dans Trainspotting et le Cycle Walker, à l’Espace Go dans Stampede, à L’Espace Libre dans Bill 101. Il a également signé les éclairages des six dernières éditions des Contes urbains à La Licorne.

À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts

Billets à l’unité à partir de 43 $

Pour en savoir davantage ou pour recevoir la brochure de la nouvelle saison 2006-2007, composez le (514) 985-2258 ou visitez le site

préOpéra
Avant chaque représentation, le musicologue Pierre Vachon présente l’oeuvre, son contexte, son livret et sa musique au Piano Nobile de la salle Wilfrid-Pelletier; à 18 h 30 pour les représentations en soirée et à 12 h 30 pour la représentation en matinée (gratuit pour les abonnés, 5 $ pour les non-abonnés). En français avec résumé en anglais.

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Les 23, 27, 30 septembre et 5 octobre 2006 à 20 h