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Alain Lefèvre, pianiste


De micros-univers au bout des doigts
Chopin : 24 Preludes

Le pianiste et compositeur Alain Lefèvre, salué par la presse internationale pour sa « technique phénoménale » (The Spectator), son « jeu étincelant », ses « interprétations fascinantes » (Kölner Stadt Anzeiger), sa « maîtrise absolue » (Hamburger Abendblatt) et sa profonde sensibilité, livre sur étiquette ANALEKTA, l’intégralité des <i<24 préludes (opus 28) de Chopin (1810-1849) ainsi qu’une œuvre de Padre Antonio Soler (1729 – 1783), la Sonate en ré mineur No.24 – Andantino cantabile. Ce sont autant de micro-univers qui sont déployés au bout des doigts du pianiste, et qui constituent un tout, par leur intensité. Ici encore, la virtuosité est au service de l’expression musicale.

Alain Lefèvre enchaîne les 24 préludes de Chopin, chacun dans leur tonalité, majeure et mineure, à la manière des Claviers bien tempérés de Jean-Sébastien Bach, idole du compositeur. Osons ici, les regrouper sous 4 bannières, selon leur caractère de parenté d’écriture ou d’atmosphère : les « lumineux » (les préludes 1,3,5,7,10,11,19) qui déferlent en cascades étincelantes ou en mouvements ondulatoires; les « tumultueux » (les numéros 8.12.14.16.22.24) qui tourbillonnent au cœur d’une tempête de notes; les « romantiques » (les numéros 13,15,17,21,23) qui nous plongent dans un univers fait de passions, de rêves et d’illusions. Enfin, les « ténébreux », (les numéros 2,4,6,8,9,15,18,20) ou encore « fiévreux » voire, « repoussant » pour citer Schumann… Ils sont glauques, plaintifs, inattendus et atypiques, transgressant les règles harmoniques de l’époque. Le passage d’un prélude à l’autre, d’un état à l’autre, représente tout un défi pour l’interprète. Grâce à son jeu expressif et sa virtuosité hors du commun, Alain Lefèvre le relève brillamment. C’est avec la même concentration et la même intensité qu’il habite chacun de ces micro-univers et qu’il nous y entraîne.
Mêmes qualités de jeu et même profondeur, dans la Sonate en ré mineur no. 24 de Padre Antonio Soler, qui termine cet album. Parmi les plus grands compositeurs espagnols du XVllle siècle, élève et héritier de Domenico Scarlatti (1685-1757), Soler nous a laissé près de 200 sonates, la plupart préfigurant la sonate dans sa forme classique (3 à 4 mouvements). Un seul mouvement ici, un tempo lent (Andantino cantabile), que Lefèvre rend avec une attention et une concentration qui s’apparentent au recueillement. L’interprète en extrait ainsi, tout le lyrisme et l’intensité.

Ambassadeur artistique du Festival International de Lanaudière, c’est ainsi que le pianiste et compositeur Alain Lefèvre nous communique encore et toujours, sa passion de la musique. Ardent défenseur de l’œuvre de nos compositeurs (François Dompierre, Walter Boudreau, entre autres), il contribue à leur rayonnement sur la scène internationale. On retiendra notamment, sa contribution à l’ensemble de l’œuvre d’André Mathieu, en tant que directeur musical sur le film L’Enfant prodige (2010), production qui a fait renaître ce compositeur, jusque là méconnu du public.

En tant qu’interprète, Alain Lefèvre poursuit sa brillante carrière en récital ou à titre d’invité de grands orchestres. Son talent l’a conduit sur les scènes les plus prestigieuses de villes telles que Hambourg, New-York, Détroit, Washington, Houston, Mexico, Buenos Aires, Moscou. Il s’est produit avec des chefs de renom (Matthias Bamert, James Conlon, Franz-Paul Decker, Charles Dutoit, Christoph Eschenbach, JoAnn Falletta, Claus Peter Flor, Lawrence Foster, Bernhard Klee, Kent Nagano, Yannick Nézet-Séguin, Jukka-Pekka Saraste, Vladimir Spivakov et Long Yu). Il a été récipiendaire d’un Prix JUNO (2010), d’un Prix Opus (2011), de pas moins de dix Félix (ADISQ, 2001-2013), et du Prix André Gagnon (SPACQ). Son enregistrement « Rachmaninov/Scriabine » (Analekta) paru en 2012, avec l’OSM sous la direction de Kent Nagano, fut retenu parmi les « Choix de l’Editeur » du magazine Gramophone. À titre de compositeur, Alain Lefèvre nous a donné trois disques jusqu’à présent : Lylatov, Carnet de notes et Fidèles Insomnies, également salués par la critique.

Nul doute que le présent album, tout comme l’ensemble de l’oeuvre d’Alain Lefèvre, suscitera lui aussi, l’engouement du public.

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