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ALEXANDER CALDER : UN INVENTEUR RADICAL

Première rétrospective canadienne d’un géant de l’art moderne

Musée des beaux-arts de Montréal

Pavillon Michal et Renata Hornstein – niveau 2

Du 21 septembre 2018 au 24 février 2019

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) présente la première rétrospective d’Alexander Calder (1898-1976) au Canada, mettant en lumière toutes les facettes de la carrière du célèbre artiste moderne qui a mis l’art en mouvement. Fruit de recherches approfondies, cette grande exposition apporte un éclairage nouveau sur l’oeuvre de l’artiste, vue ici sous l’angle de l’innovation.

 Conçue, organisée et mise en tournée par le MBAM, l’exposition Alexander Calder : un inventeur radical présente plus de 150 oeuvres (peintures, sculptures, bijoux et autres oeuvres graphiques) pour mieux saisir l’étendue de la pratique multidisciplinaire extraordinairement novatrice de l’artiste – des dessins aux portraits de fil de fer, et de l’invention du mobile aux stabiles monumentaux. Au cours d’une carrière internationale échelonnée sur un demi-siècle, l’Américain expose sur les cinq continents. Il utilise un nombre impressionnant de moyens d’expression : dessin, sculpture, peinture, design et performances.

 Prêts d’institutions prestigieuses

Parmi les 150 oeuvres de l’exposition figurent de nombreuses créations rarement ou jamais présentées auparavant, qui ont été spécialement restaurées pour l’occasion : les sculptures The Brass Family [La famille en laiton] (1929), prêt du Whitney Museum of American Art ; Kiki de Montparnasse (II) (1930), prêt du Centre Pompidou, Paris ; White Panel [Panneau blanc] (1936), prêt de la Calder Foundation ; et le mobile Red Gongs [Gongs rouges] (1950), prêt du Metropolitan Museum of Art, New York, entre autres. Alexander Calder : un inventeur radical dévoile également des sculptures peu connues que l’artiste a réalisées durant son enfance.

Outre ceux de la Calder Foundation, l’exposition bénéficie de prêts majeurs de musées tels le Solomon

  1. Guggenheim Museum (New York), le Whitney Museum of American Art (New York), le Centre Pompidou (Paris), le Metropolitan Museum of Art (New York), le Smithsonian American Art Museum (Washington), le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden (Washington), la National Gallery of Art (Washington) et le Museum of Contemporary Art Chicago; ainsi que des prêts de collectionneurs particuliers américains, canadiens et français.

Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du MBAM, explique : « Montréal abrite l’oeuvre d’art public la plus importante du Canada : la sculpture monumentale Trois disques, ou L’Homme, comme la nomment affectueusement les Montréalais en souvenir de Terre des Hommes. Emblème de l’humanisme à l’image d’Expo 67, Calder faisait écho aux progrès techniques et à une harmonie collective… Pourtant la vie et l’oeuvre de ce géant de l’art moderne demeurent paradoxalement trop méconnues ici ! C’est pourquoi j’ai initié cette rétrospective. “Ces mouvements qui ne visent qu’à plaire, qu’à enchanter nos yeux, ils ont pourtant un sens profond et comme métaphysique.” notait Sartre. Calder côtoie l’avant-garde moderne cosmopolite : Arp, Cocteau, Le Corbusier, Léger, Miró, Mondrian, Man Ray, Prévert et j’en passe…

Son art tout à la fois joyeux et sérieux rassemble tous les publics depuis le Paris des Années folles, avec ses spectacles de cirque miniature… Aujourd’hui, sous le grand chapiteau de Montréal – capitale mondiale des arts circassiens –, Calder dévoile ses talents de conteur, inventeur, peintre et sculpteur grâce à la perspective novatrice développée par le commissariat et avec le soutien de la Calder Foundation. »

Montréal, une ville Calder

La dernière section de l’exposition se consacre à la sculpture Trois disques, communément appelée « L’Homme » : oeuvre monumentale devenue une véritable icône du patrimoine canadien. Ce stabile en acier inoxydable de 22 mètres, installé sur le belvédère de l’île Sainte-Hélène du parc Jean-Drapeau (actuellement en réfection), se classe au deuxième rang des plus imposants stabiles de Calder (après celui de Mexico). Créé en vue de l’Exposition universelle de Montréal de 1967, celui-ci a été remis aux Montréalais en guise de cadeau de clôture. Pour la première fois, les deux maquettes originales de l’oeuvre sont dans un même lieu. L’une d’elles, récemment restaurée, est présentée devant le pavillon Michal et Renata Hornstein du MBAM, grâce à un prêt de l’Université York, à Toronto. Cette rétrospective permet de mieux connaître l’auteur d’une icône urbaine.

Valérie Plante, mairesse de la Ville de Montréal, ajoute au sujet de Trois disques :         « Cette oeuvre témoigne autant de l’innovation et de l’ambition de Calder que du dynamisme et de l’ouverture de la Ville de Montréal qui, en accueillant le monde, aspirait à ‘‘contribuer largement à la compréhension des peuples’’. Ces valeurs d’inclusion sont toujours bien vivantes ici. »

 Alexander Calder : un inventeur radical

L’exposition propose une lecture originale et inédite de l’unicité de l’oeuvre de l’artiste et de sa contribution à l’histoire de l’art. Inventeur radical, Calder a non seulement donné une dimension nouvelle à la sculpture, mais il a également changé la manière dont on fait l’expérience de l’art dans le monde moderne, selon une série de principes nouveaux. L’exposition ne s’intéresse pas uniquement aux objets, mais aussi à l’espace qu’ils occupent.

Elizabeth Hutton Turner, co-commissaire et commissaire scientifique de l’exposition, explique au sujet de l’oeuvre incroyablement novatrice de Calder : « Véritable inventeur radical, Calder nous a démontré que quelque chose d’autre était encore possible en art ; que l’art pouvait s’affranchir du sol. En voyageant avec lui, en observant les principes physiques au coeur de son processus créatif, et en adoptant le point de vue unique de son travail, on ressent toute l’exaltation qui se dégage de la poésie et de la beauté sans bornes de son oeuvre. »

Elizabeth Hutton Turner enseigne l’art moderne à l’University of Virginia. Ancienne conservatrice en chef de la Collection Phillips, elle est une spécialiste reconnue de l’oeuvre de Calder.

Anne Grace, co-commissaire de l’exposition, poursuit : « Les visiteurs de l’exposition resteront pantois devant la grande diversité et le caractère novateur de sa pratique artistique. Si l’art cinétique de Caldersuivait le rythme effréné de son époque – celui du monde moderne et industriel du XXe siècle –, le publicd’aujourd’hui, lui, y verra peut-être davantage une invitation à la contemplation et une expérience unique.

Les visiteurs seront certainement frappés par l’ingéniosité et la beauté des sculptures de Calder présentées au Musée ».

Conservatrice aux expositions au Musée des beaux-arts de Montréal, Anne Grace a été commissaire de nombreux projets d’exposition en art moderne au MBAM, tels que Van Dongen : un fauve en ville (2009), Rouge Cabaret. Le monde effroyable et beau d’Otto Dix (2010-2011), Lyonel Feininger : de Manhattan au Bauhaus (2012), De Van Gogh à Kandinsky : l’expressionnisme en Allemagne et en France, 1900-1914 (2014), et Chagall : couleur et musique (2017).

Rappel biographique : Alexander Calder

Issu d’une famille d’artistes, Alexander Calder (Philadelphie 1898 – New York 1976) s’affranchit rapidement des conventions de l’art grâce à son esprit curieux, son amour des matériaux, son humour et son inventivité.

Dès les années 1920, à Paris, il évolue dans les cercles artistiques et intellectuels du moment, côtoyant Cocteau, Duchamp, Le Corbusier, Léger, Mondrian, Miró, Prévert, Varèse et d’autres grands noms de l’avant-garde internationale. À cette époque, il présente son fameux cirque miniature, aujourd’hui considéré comme précurseur de l’art de performance. Il invente la sculpture en fil de fer épousant les silhouettes de ses sujets : des acrobates ou des personnalités publiques comme Kiki de Montparnasse et and Josephine Baker. Artiste protéiforme, sa pratique ne cesse d’étonner et d’émerveiller, tant parl’expérience unique qu’offrent ses oeuvres que par la variété qui marque son travail.

Inventeur radical, Calder révolutionne l’art en ajoutant les dimensions du mouvement et du temps à la sculpture. Ce faisant, il change la manière dont le public expérimente l’art dans le monde moderne, luimême en mouvement à une époque d’industrialisation rapide et de grands changements sociaux. Au début des années 1930, il travaille le « mobile » : un terme inventé par l’artiste Marcel Duchamp pour désigner les sculptures cinétiques de Calder, dont les composantes en équilibre précaire déploient un système unique de mouvements pour dynamiser l’espace comme jamais auparavant. En 1932, il crée également des oeuvres abstraites immobiles que le sculpteur Jean Arp baptise « stabiles ». Plus tard dans sa carrière, Calder reçoit des commandes passées à l’échelle mondiale pour la création de ses stabiles monumentaux qui lui valent une reconnaissance internationale : son art redéfinit l’espace urbain. 

Momentum : activation de 10 mobiles en public

Rare occasion de voir les mobiles de Calder en pleine action, les Momentums permettent aux visiteurs d’assister à des mises en mouvement réalisées par un restaurateur du Musée. Ces animations de mobiles donnent une idée plus juste de la vision insufflée par l’artiste à ses oeuvres cinétiques. Elles réservent à chacun une expérience unique, du mardi au vendredi, à 14 h, ainsi que du samedi au dimanche, à 11 h et 14 h.

Autour de l’exposition : des rendez-vous à ne pas manquer

Puisque l’interaction entre l’objet et le spectateur est essentielle à la compréhension de l’oeuvre de Calder, les visiteurs ont accès en début de parcours à une expérience en hommage à Calder, fruit d’une collaboration entre le Cirque du Soleil et le MBAM. À partir d’une plateforme tournante placée sous l’impressionnant mobile Red Lily Pads [Nénuphars rouges] (1956), prêt exceptionnel du Solomon R. Guggenheim Museum, ils pourront observer l’oeuvre tout en effectuant une lente révolution.

En marge de l’exposition, le Musée propose également aux visiteurs de plonger dans l’effervescence de villes marquées par le passage de Calder : de Paris à New York, au temps des années 1920, au Montréal d’Expo 67. Conçue en partenariat avec le collectif Mere Phantoms, composé des artistes montréalaises Maya Ersan et Jaimie Robson, cette installation participative prend la forme d’un jeu d’ombre et de lumière pour créer un paysage urbain imaginaire où sont mis en valeur divers aspects de la pratique du sculpteur, notamment la notion de mouvement, la thématique du cirque, l’importance des ombres et l’expérimentation.

De nombreux événements en lien avec l’exposition sont au programme. Le public pourra notamment assister à six rendez-vous musicaux organisés par Arte Musica, ainsi qu’à diverses conférences, projections de films et activités familiales (programmation complète en annexe). 

Crédit

L’exposition Alexander Calder : un inventeur radical est conçue, organisée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec la Calder Foundation.

Commissariat

Le commissariat est assuré par Elizabeth Hutton Turner, commissaire scientifique, et Anne Grace,conservatrice aux expositions au MBAM, sous la direction de Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du MBAM.

Scénographie

Conçue par Sandra Gagné, chef de la Production des expositions au MBAM. L’agence Compagnie et cie a réalisé le graphisme de l’exposition.

 

Publication scientifique et nouvelles recherches académiques

Basé sur de nouvelles recherches, l’ouvrage Alexander Calder : un inventeur radical examine la pratique de l’artiste au croisement de plusieurs disciplines, et ce du point de vue de l’ingénierie, de la culture populaire, de la physique, de l’astronomie, de la photographie, de l’architecture, de l’industrie, de la politique et de la conservation. Ce catalogue a pour auteurs Elizabeth Hutton Turner et Emily Caplan Reed, W. Bernard Carlson, Anne Grace, Linda Henderson, Abigail Mack, Eleonora Nagy, Claire Raymond, Alex J. Taylor, Pascal Jacob, et Vanja Malloy. Il compte 240 pages et des photos d’archives par Thérèse Bonney, Andreas Feininger et André Kertész.

Alexander Calder : un inventeur radical

Sous la direction d’Elizabeth H. Turner et d’Anne Grace

Éditions scientifiques du Musée des beaux-arts de Montréal, en collaboration avec 5 Continents Éditions (Milan)

Conception graphique : Compagnie et cie, Montréal

Itinérance

Le MBAM exportera l’exposition à Melbourne, à la National Gallery of Victoria, du 5 avril au 4 août 2019. Il s’agira de la première rétrospective du travail de Calder en Australie. 

Remerciements

L’exposition et sa tournée internationale ont été rendues possibles grâce au généreux soutien de la Terra Foundation for American Art, Grand bienfaiteur d’Alexander Calder : un inventeur radical.

Le Musée souligne la précieuse contribution de Pembroke et de la firme d’architectes Provencher_Roy. Il reconnaît l’apport essentiel d’Air Canada, du Cercle des Anges du MBAM et de ses partenaires médias : Bell, La Presse+ et Montreal Gazette. L’exposition a également reçu l’appui du ministère du Patrimoine canadien par le biais du Programme d’indemnisation pour les expositions itinérantes au Canada. Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant. Le programme d’expositions internationales du Musée bénéficie de l’appui financier du fonds d’expositions de la Fondation du MBAM et du fonds Paul G. Desmarais. Le Musée remercie également ses guides bénévoles pour leur dévouement inconditionnel, ainsi que tous ses membres et les nombreuses personnes, entreprises et fondations qui lui accordent leur inestimable soutien – notamment la Fondation de la Chenelière, dirigée par Michel de la Chenelière, et Arte Musica, présidée par Pierre Bourgie.

De haut en bas : Alexander Calder (1898-1976), Little Spider [Petite araignée], vers 1940, feuille de métal, fil de fer et peinture. National Gallery of Art,

Washington, D.C., gift of Mr. and Mrs. Klaus G. Perls. © 2018 Calder Foundation, New York / Artists Rights Society (ARS), New York / SOCAN, Montréal.

Photo courtesy National Gallery of Art, Washington | Alexander Calder (1898-1976), Trois disques et le monorail d’Expo 67, photo couleur. Bibliothèque

et Archives Canada, Ottawa. © 2018 Calder Foundation, New York / Artists Rights Society (ARS), New York / SOCAN, Montréal