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AVRIL À L’OSM

PROGRAMME TOUT BEETHOVEN SUR LE THÈME
DU TEMPS ET DE LA NATURE AVEC
DAVID SUZUKI, INVITÉ D’HONNEUR

ANTON KUERTI
DANS L’« EMPEREUR » DE BEETHOVEN

JAMES CONLON, JEAN-YVES THIBAUDET :
CHOSTAKOVITCH, RAVEL

CONCERT DE L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE
DE QUÉBEC
SOUS YOAV TALMI

MARC HERVIEUX INVITÉ DE LA SÉRIE
« LES GRANDS QUÉBÉCOIS »

MUSIQUE DE CHAMBRE
AVEC DES MUSICIENS DE L’OSM

JEUX D’ENFANTS : MUSIQUE, BRUIT ET SON
Le mois d’avril à l’Orchestre symphonique de Montréal propose un éventail de programmes variés, qui plairont aussi bien au mélomane en devenir qu’à l’amateur de programmes thématiques uniques. Ainsi, à la fin du mois, le directeur musical de l’OSM Kent Nagano propose un programme original, consacré à Beethoven, qui s’articule autour des notions de temps et de nature, mettant en lumière les propos du scientifique, environnementaliste et vulgarisateur de renommée internationale David Suzuki, qui interviendra sur scène.

Le public montréalais pourra également entendre de nouveau l’Orchestre symphonique de Québec, dans un ultime programme de tournée sous la baguette de Yoav Talmi, qui termine son mandat de directeur musical à la fin de la présente saison. Les pianistes Anton Kuerti, Jean-Yves Thibaudet et Lise de la Salle interpréteront quant à eux trois œuvres concertantes maîtresses du répertoire. L’OSM retrouvera les chefs Rafael Frühbeck de Burgos et James Conlon dans des programmes relevés qui s’articulent autour de La Mer, de la suite de L’Oiseau de feu (dans le cas du premier) et de la Cinquième Symphonie de Chostakovitch (dans le cas du second).

Initiés par Kent Nagano, les concerts de musique de chambre souhaitent mettre en lumière le talent de nos musiciens et de rejoindre le public dans des lieux autres, que ce soit au Musée des beaux-arts de Montréal ou dans des arrondissements de la Ville de Montréal. Ce mois-ci, pour la première fois, des solistes de l’OSM offriront également un concert au Palais Montcalm de Québec.

Le populaire ténor Marc Hervieux, lauréat d’un Félix au dernier gala de l’ADISQ, proposera quant à lui son spectacle Entre nous pour la première fois en version symphonique. Les familles pourront quant à elles participer à un curieux combat entre bruit, silence et musique dans un attrayant programme du Magic Circle Mime.

L’ART EUROPÉEN DES XVIIIE ET XIXE SIÈCLES
Série Musique de chambre au MBAM,
1er avril 18 h30
Musée des beaux-arts de Montréal

Brigite Rolland, violon
Andrew Beer, violon
Rémi Pelletier, alto
Sylvain Murray, violoncelle
BEETHOVEN, Trio à cordes no 2 en majeur « Sérénade », opus 8
SMETANA, Quatuor à cordes no 1 en mi mineur « De ma vie », T. 116

Beethoven ne devait fréquenter le genre du trio à cordes qu’à cinq reprises, toutes en début de carrière. En six mouvements, cette sérénade a été composée en 1796 et 1797, et devait être arrangée ultérieurement par le compositeur pour alto et piano.

L’oeuvre de Beethoven est juxtaposée à celle d’un autre compositeur qui aurait à affronter la surdité en 1874, Bedrich Smetana. Brisé par le destin, il se réfugie à 52 ans dans la composition d’une œuvre autobiographique, qui sera créée en 1879. Smetana décrit ainsi le sens de son œuvre : « Ce que j’ai voulu faire, c’est retracer en musique le déroulement de ma vie. Premier mouvement : goût pour l’art dans ma jeunesse, atmosphère romantique, nostalgie indicible,… puis, dès le prologue, l’avertissement du malheur futur, et la note mi du finale longtemps tenue c’est le sifflet funeste et strident qui s’est déclenché dans mes oreilles en 1874, marquant le début de ma surdité. Le deuxième mouvement quasi polka, me transporte à nouveau dans le tourbillon joyeux de ma jeunesse alors que je composais une multitude de danses tchèques et que j’avais moi-même une réputation de danseur infatigable. Le troisième mouvement est une évocation de mon premier amour pour celle qui devint ma première épouse. La quatrième est la prise de conscience de la réelle force d’une musique nationale, période de joie, jusqu’au moment de l’interruption brutale provoqué par la surdité. »

MUSIQUE, BRUIT ET SON
Jeux d’enfants
3 avril 13 h 30 et 15 h 30
Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts

Nathan Brock, chef d’orchestre
Magic Circle Mime

Parmi les œuvres jouées, extraits de
Rossini : Le barbier de Séville, ouverture
Mendelssohn: Danse des clowns
Bach/Stokowski: Petite Fugue en sol
Strauss: Pizzicato Polka
Strauss: Le beau Danube, valse
Ives: Country Band March
Mendelssohn: La marche nuptiale, extraite du Songe d’une nuit d’été, opus 61
Grofe: « Cloudburst », extrait de The Grand Canyon Suite

Le bruit peut-il se transformer en musique ? Le silence a-t-il un son ? Quand la dissonance devient-elle bruit ? Musique, Bruit et Silence, les trois personnages magiques de cette production, envahissent la salle de concert et tentent de vous convaincre de leur accorder toute votre attention. La musique triomphera-t-elle ? Les complices du Magic Circle Mime, invité par tous les grands orchestres nord-américains, proposent ici un de leurs spectacles les plus salués par la critique.

Série présentée en collaboration avec la Fondation L’Impériale Esso.

CHOSTAKOVITCH: LA CINQUIÈME
Les Grands Concerts
5 et 6 avril 20 h
Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts

James Conlon, chef d’orchestre
Jean-Yves Thibaudet, piano
BERLIOZ, Danse des Sylphes, Danse des Follets et Marche hongroise (extraits de La Damnation de Faust)
RAVEL, Concerto pour piano en sol majeur
CHOSTAKOVITCH, Symphonie n°5

La Cinquième Symphonie de Dmitri Chostakovitch a longtemps été considérée comme un outil de propagande et aurait été une « réponse pratique d’un artiste soviétique à de justes critiques » selon certains musicographes partisans. La réalité est pourtante toute autre. Le compositeur en disait lui-même : « La plupart de mes symphonies sont des monuments funéraires. Trop de gens, chez nous, ont péri on ne sait où. Et nul ne sait où ils sont enterrés. Même leurs proches ne le savent pas. Où peut-on leur ériger un monument ? Seule la musique peut le faire. Je leur dédie donc toute ma musique ».

Oeuvre largement autobiographique, écrite en pleine période des purges staliniennes, la symphonie devait recevoir dès sa création un accueil délirant, les dirigeants soviétiques y trouvant un éclat conforme à l’esthétique du Parti et le peuple saisissant le message de désespoir et de solitude que le compositeur avait voulu transmettre. Elle est dirigée ici par le chef américain James Conlon, directeur musical du Ravinia Festival, du Los Angeles Opera et du Cincinnati May Festival, qui a notamment dirigé l’OSM au Carnegie Hall de New York en 2004.

Oeuvre virtuose, le Concerto en sol majeur de Maurice Ravel utilise des rythmes et des motifs que l’on découvrait à l’époque (blues, jazz, foxtrot) mais souhaite néanmoins respecter les canons du genre. Le compositeur explique lui-même : « (C’est) un concerto dans le sens le plus exact du terme et écrit dans l’esprit de ceux de Mozart et de Saint-Saëns. Je pense, en effet, que la musique d’un concerto peut être gaie et brillante…» Le mouvement lent, une magnifique rêverie accompagnée, demeure l’une des plus grandes réussites du compositeur. Il sera interprété ici par le pianiste français Jean-Yves Thibaudet, étudiant d’Aldo Ciccolini et Lucette Descaves, amie et collaboratrice de Ravel, lauréat à 18 ans des Young Concert Artists Auditions de New York, particulièrement reconnu pour ses interprétations sensibles du répertoire français.

Le programme est complété par trois extraits de l’oratorio d’Hector Berlioz, La Damnation de Faust, dont la célèbre « Marche hongroise ».

Soirée du 6 avril présentée par BBA

BRAHMS & SAINT-SAËNS
Les Évasions classiques Air Canada
7 avril à 20h00
Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts

Orchestre symphonique de Québec
Yoav Talmi
, chef d’orchestre et directeur artistique de l’OSQ
Lise de la Salle, piano

DVORAK, Carnaval, ouverture
SAINT-SAËNS, Concerto pour piano no 2
BRAHMS, Symphonie no 2

L’Orchestre symphonique de Québec retrouve le public montréalais pour un dernier programme sous la direction de Yoav Talmi, qui conclut à la fin de la saison son terme avec l’orchestre. Récipiendaire du Koussevitzky Memorial Conducting Prize du festival de Tanglewood en 1969 et du Rupert Conductor’s Competition à Londres en 1973, Yoav Talmi possède une importante discographie, dont Concert français avec l’OSQ et le violoniste canadien James Ehnes, récipiendaire d’un Félix lors du Gala 2002 de l’ADISQ.

Il dirige ici l’OSQ dans la tourbillonnante ouverture Carnaval d’Antonin Dvořák et la Deuxième Symphonie de son ami Johannes Brahms, œuvre qui a connu dès sa création un succès considérable, aisée d’accès, mise en parallèle par certains analystes avec la
« Pastorale » de Beethoven et la « Jupiter » de Mozart, tant le lien unissant Brahms au classicisme y semble particulièrement évident. Le critique Hanslick y avait décelé « des étincelles de beauté mélodique » et son mouvement lent se révèle d’une grande profondeur méditative.

Depuis ses débuts avec orchestre à l’âge de treize ans, la jeune pianiste française Lise de la Salle poursuit une brillante carrière internationale et se produit dans les plus grandes salles d’Europe, des États-Unis, d’Asie et a remporté de nombreux prix pour ses enregistrements. Lauréate du Premier Prix des Young Concert Artists International Auditions de New York en 2004, elle joue le populaire Deuxième Concerto de Camille Saint-Saëns, qui s’ouvre sur une longue improvisation soliste notée, hommage à Bach, composé en moins de trois semaines pour le piano Anton Rubinstein, qui devait en assurer la direction lors de la première (le compositeur privilégiant la partie soliste).

Série présentée par Air Canada avec la participation spéciale de la Fondation J.A. DeSève

MUSIQUE DE CHAMBRE
AVEC LES MUSICIENS DE L’OSM
7 avril 20 h
Église Saint-Joseph (Rivière-des-Prairies)
et le 14 avril à 20 h
Maison de la culture Plateau-Mont-Royal

Katherine Palyga, violon
Ann Chow, violon
David Quinn, alto
Nathalie Racine, alto
Gary Russell, violoncelle
Gerald Morin, violoncelle
SCHULHOFF, Cinq pièces pour quatuor à cordes
SCHOENBERG, Verklarte Nacht (La nuit transfigurée)

Un sextuor de musiciens de l’OSM donnera deux concerts dans le réseau des maisons de la culture de la ville de Montréal. Le programme sera d’abord donné le 7 avril à l’Église
St-Joseph (une présentation de la Maison de la culture Rivière-des-Prairies) et le second la semaine suivante, 14 avril, à la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal.

Les musiciens interprèteront des œuvres pour quatuor à cordes d’Erwin Schulhoff, compositeur tchèque avant-gardiste, remarqué et encouragé par Dvořák, traqué par les Nazis et mort dans un camp de concentration, et La Nuit transfigurée d’Arnold Schoenberg, oeuvre fortement ancrée dans le romantisme, tant au niveau du propos que du traitement musical, inspirée du poème extrait du recueil La Femme et le monde de Richard Dehmel.

ANTON KUERTI ET « L’EMPEREUR »
Les Grands Concerts
12 et 13 avril 20 h
Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts

Rafael Frühbeck de Burgos, chef d’orchestre
Anton Kuerti, piano
BEETHOVEN, Concerto pour piano n° 5 « Empereur »
DEBUSSY, La Mer
STRAVINSKI, L’Oiseau de feu, suite (1919)

Composé pendant les bombardements de Vienne par les troupes de Napoléon qui finiront par triompher des Viennois en 1809, le Cinquième Concerto de Beethoven ne se veut pas une ode à l’empereur français. Le surnom n’a d’ailleurs pas été apposé par Beethoven lui-même qui insistait pour qu’on nommât l’oeuvre « Grand Concerto », mais l’esprit héroïque et les mélodies attrayantes qui le composent ont permis au concerto de se hisser rapidement au palmarès du répertoire concertant pianistique. L’oeuvre devait même devenir l’une des préférées de Franz Liszt qui défendit l’oeuvre à de nombreuses reprises, notamment sous la direction de Berlioz. « Le mot concerto retrouve ici son sens originel de tournoi musical, porté au paroxysme », résume admirablement Harry Halbreich. Il est ici interprété par le pianiste Anton Kuerti, associé depuis des décennies au compositeur.

L’ancien directeur musical de l’OSM Rafael Frühbeck de Burgos retrouve l’Orchestre dans deux oeuvres qui ont fait sa renommée : La Mer, véritable symphonie de Claude Debussy, une partition étonnamment riche et complexe qui évoque les visages changeants de la mer, ainsi que la suite tirée en 1919 par Igor Stravinski de son ballet L’Oiseau de feu, qui pave la voie au ballet moderne par sa dimension expressive et son écriture et scellera la renommée du compositeur.

MARC HERVIEUX :
POP SYMPHONIQUE POUR LA PREMIÈRE FOIS
Les Grands Québécois, 19 avril 2011, 20 h
Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts

Stéphane Laforest, chef d’orchestre
Marc Hervieux, chanteur
Simon Leclerc, orchestrateur

Chansons extraites de l’album et spectacle de Marc Hervieux Après nous
Airs d’opéras célèbres

MARC HERVIEUX est l’un des artistes les plus appréciés du public québécois. Sur la scène du Metropolitan Opera, il a été le Cassio d’Otello, l’Alfredo de La traviata , et l’Arturo de Lucia di Lammermoor. Il s’est tout autant démarqué dans des duos avec Ginette Reno, Isabelle Boulay, Sylvain Cossette…

Dans le cadre de la série Les Grands Québécois, Marc Hervieux propose une version symphonique de son spectacle pop Après nous. Pour la première fois, il interprètera avec orchestre des chansons telles que Après nous et Where do I begin, dans une orchestration de Simon Leclerc. Il présentera également quelques airs d’opéra, lors de ce concert dirigé par le chef assistant de l’OSM, Stéphane Laforest.

SOLISTES DE L’OSM AU PALAIS MONTCAM DE QUÉBEC 20 avril 2011, 20 h
Palais Montcalm

Jennifer Swartz, harpe
Denis Bluteau, flûte
Robert Crowley, clarinette
Richard Roberts, violon
Andrew Wan, violon
Olivier Thouin, violon
Neal Gripp, alto
Brian Manker, violoncelle
Ali Yazdanfar, contrebasse
Stéphane Lévesque, basson
John Zirbel, cor

RAVEL, Introduction et Allegro pour harpe, flûte, clarinette et quatuor à cordes
DEBUSSY, Danse sacrée, Danse profane
SCHUBERT, Octuor pour cordes et vents en fa majeur, D 803

Des solistes de l’Orchestre symphonique de Montréal seront réunis pour la première fois le 20 avril à Québec, afin d’interpréter certaines pages maîtresses de musique de chambre, dont Danse sacrée, Danse profane de Debussy et l’Introduction et Allegro de Ravel, qui mettent notamment en lumière les possibilités expressives de la harpe. En deuxième partie, les musiciens interprèteront l’Octuor de Schubert, la plus longue des œuvres de musique de chambre du compositeur, dont l’esthétique rappelle celle du Septuor de Beethoven et dont le thème du premier mouvement est emprunté au lied Der Wanderer. L’œuvre s’inscrit dans un projet plus vaste, celui de parfaire son écriture symphonique, ce qui permettra à Schubert de mener ensuite à sa terme la complétion de sa symphonie do majeur, « la Grande ».

BEETHOVEN, LE TEMPS & LA NATURE
Les Grands Concerts, 27 et 28 avril 20 h
Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts

Kent Nagano, chef d’orchestre
Dr David Suzuki, auteur
BEETHOVEN, Symphonie no 8
Grosse fugue, opus 133
Symphonie no 6 « Pastorale »

Qu’il note dans ses calepins le chant d’un oiseau ou le frémissement d’un ruisseau, Beethoven demeure à l’écoute de la nature. « Je suis tellement heureux lorsque je me promène dans les bois, parmi les arbres, les fleurs et les rochers. Personne n’aime la campagne autant que moi », écrit-il. Le directeur musical de l’OSM Kent Nagano a donc considéré le compositeur comme porte-étendard idéal pour articuler une réflexion sur l’environnement.

En première partie du programme, l’écologiste David Suzuki, chef de file mondial en matière d’écologie durable, livrera le fruit de ses réflexions sur la dégradation toujours plus rapide de notre planète. Bien connu de millions de téléspectateurs en tant qu’hôte de la série télévisée The Nature of Things , dans laquelle il examine chaque semaine l’effet des avancées scientifiques et technologiques sur nos vies et dans le monde, il a reçu de nombreux prix et est l’auteur de 52 livres.

La Grosse Fugue et la Huitième Symphonie viendront soutenir son propos, l’accélération d’une pulsation rythmique reprenant le sentiment d’urgence qui devrait nous animer. Après la pause, la Déclaration d’interdépendance , un texte cosigné par David Suzuki et sa femme Tara Cullis servira de prélude à la Symphonie « Pastorale », dans laquelle la répétition des motifs musicaux se veut le miroir de celle des éléments de la nature.

Concerts présentés par Power Corporation du Canada

Renseignements: (514) 842-9951 ou www.osm.ca

L’Orchestre symphonique de Montréal est présenté par
Hydro-Québec.
La saison 2010-2011 est présentée en collaboration avec
Banque Nationale Groupe financier