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Jusqu’au 7 mai 2006

Des trésors collectionnés par l’impératrice Catherine II de Russie au Musée des beaux-arts de Montréal

En partenariat avec le musée de l’Ermitage, le Musée des beaux-arts de Montréal présente Catherine la Grande : un art pour l’Empire. Chefs-d’œuvre du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. L’exposition regroupe plus de 200 des trésors collectionnés par l’impératrice Catherine II (1729-1796). Femme de pouvoir, dotée d’une grande intelligence, elle fut aussi l’une des plus grandes collectionneuses d’art et mécènes du dix-huitième siècle. Catherine II croyait en la dimension politique de l’art et était convaincue de son rôle fondamental dans la transformation de la Russie, tant sur le plan social que culturel. L’exposition permet de constater l’immensité de son ambition, à travers un grand nombre de peintures, de sculptures, de meubles et d’objets d’arts décoratifs. Surtout, elle permet de cerner son goût, nouveau en Russie, pour le classicisme. Les tabatières en or serties de pierres précieuses, bijoux, camées et intailles dont l’impératrice raffolait ont été rassemblés de manière à évoquer la galerie d’objets précieux de l’impératrice, « la chambre des diamants » du palais d’Hiver. Beaucoup de ces œuvres et objets sont montrés en Amérique du Nord pour la première fois et ne sont même jamais sortis de l’Ermitage.

Le somptueux carrosse du couronnement de Catherine II fait l’objet d’un prêt exceptionnel de la part du musée de l’Ermitage. Sorti de Russie à deux reprises, en 1991-1992 et en 1996, il s’agit de sa dernière présentation à l’étranger en raison de sa fragilité. D’un luxe inouï, il avait été très vraisemblablement commandé par Pierre le Grand pour les cérémonies du sacre de sa femme, Catherine Ire.

Cette présentation rassemble notamment des œuvres majeures du dix-huitième siècle commandées, reçues ou achetées par Catherine II, parmi lesquelles des peintures et des sculptures réalisées par Jean-Baptiste Siméon Chardin, Jean-Baptiste Greuze, Anton Raphael Mengs, Antoine Houdon, Angelica Kaufmann, Joseph Wright of Derby, Joshua Reynolds et Élisabeth Vigée-Lebrun, parmi d’autres, de même que de splendides dessins d’architecture de Charles De Wailly, Charles-Louis Clérisseau, Jean-Louis Desprez et Charles Cameron. Parmi les meubles figure un magnifique bureau à cylindre sorti de l’atelier de David Roentgen. C’est aussi l’occasion de découvrir des artistes et artisans russes méconnus. Diverses œuvres évoquent les relations nouées par Catherine II avec les meilleurs esprits de son temps, celui des Lumières, tels que Voltaire, Diderot et Grimm.

L’exposition est divisée en cinq sections, Catherine de Russie; La philosophe couronnée; La Minerve du Nord; Une mécène éclairée; La protectrice des arts et des manufactures. Elle se propose de cerner la personnalité et le destin légendaire de Catherine II et la façon dont elle a su créer des passerelles entre Europe et Russie, en important et stimulant tout à la fois les arts et les activités culturelles.

Un destin exceptionnel

Née en 1729 princesse Sophie d’Anhalt-Zerbst, Catherine était la fille d’un prince allemand. À l’âge de quatorze ans, elle se rendit en Russie pour épouser le futur Pierre III. L’union fut un échec. En 1762, Pierre devint empereur de Russie. Ses excentricités et sa politique lui aliénèrent plusieurs membres puissants de la cour et du clergé. Soutenue par la garde impériale, Catherine renversa Pierre III la même année et accéda au trône sous le nom de Catherine II, impératrice de Russie. Ayant duré plus de 34 ans, son règne constitua l’une des périodes les plus remarquables de l’histoire de la Russie.

Cette princesse allemande émigrée dans une lointaine Russie se passionna pour sa terre d’adoption. Elle voulait parachever l’œuvre de Pierre le Grand et amener son pays au faîte de la modernité. Elle transforma sa capitale Saint-Pétersbourg. Entourée de conseillers remarquables, elle fit preuve d’une prodigalité étourdissante en achetant avec retentissement des collections entières à travers l’Europe. Elle fut sans conteste la fondatrice des collections de l’Ermitage. Elle commanda aux meilleurs artistes et artisans et importa non seulement les œuvres mais aussi la culture et le savoir-faire européen, développant avec succès en Russie les académies et les manufactures impériales. Elle laissa dans ses résidences, à la fin de sa vie, quelque 4 000 tableaux, 38 000 livres, environ 10 000 dessins et autant de gemmes anciennes, sans compter d’innombrables estampes, édifiant ainsi un patrimoine artistique pour la Russie.

L’idéal classique de Catherine II

Tournant le dos au style baroque goûté par ses prédécesseurs, Catherine affirma très tôt sa préférence pour le classicisme, assimilé alors à la modernité. Elle s’enthousiasma pour une Antiquité nostalgique, décorative et monumentale. Jouant la symbolique du pouvoir impérial, elle fut une Minerve moderne en public, une anticomane avérée en privé.

Le comité organisateur

L’exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée des beaux-arts de l’Ontario et le musée de l’Ermitage en collaboration avec la Fondation canadienne du musée de l’Ermitage.

Les commissaires de l’exposition Catherine la Grande : un art pour l’Empire. Chefs-d’œuvre du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg sont Nathalie Bondil, conservatrice en chef et conservatrice de l’art européen (1800-1945), Musée des beaux-arts de Montréal, et Christina Corsiglia, conservatrice de l’art européen, Musée des beaux-arts de l’Ontario, en collaboration avec Viatcheslav Fedorov, directeur, département d’Art et culture russes, Sergueï Androssov, directeur adjoint, département d’Art de l’Europe occidentale, et Tamara Rappé, directrice adjointe, département d’Art de l’Europe occidentale, musée de l’Ermitage.

La scénographie de l’exposition est réalisée par Christiane Michaud.

Le catalogue de l’exposition

Sous la direction de Nathalie Bondil, le catalogue a été publié par le Service des éditions scientifiques du Musée des beaux-arts de Montréal. Cet important ouvrage de 328 pages, riche de 300 illustrations, réunit les contributions de cinquante-cinq auteurs spécialistes (en versions française et anglaise distinctes). Outre le parcours pédagogique de l’exposition, il contient dix-neuf essais sur chacun des sujets et des notices complètes pour chaque œuvre.

Les commanditaires

À Montréal, l’exposition est présentée par Hydro-Québec.

Catherine la Grande : un art pour l’Empire bénéficie d’un appui important de l’Association des bénévoles du Musée des beaux-arts de Montréal et du soutien du ministère du Patrimoine canadien par le Programme d’indemnisation pour les expositions itinérantes. Le Musée des beaux-arts de Montréal remercie Air Canada ainsi que ses partenaires médias, La Presse et The Gazette. Sa gratitude va également au ministère de la Culture et des Communications du Québec et au Conseil des arts de Montréal pour leur appui constant.

Le programme d’expositions internationales du Musée des beaux-arts de Montréal jouit de l’appui financier du fonds d’expositions de la Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal et du fonds Paul G. Desmarais.

Au Musée des Beaux-Arts de Montréal