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photo Yves Renaud

CORIOLAN

UNE PRODUCTION SPECTACULAIRE

Redoutable chef de guerre, Caius Marcius défait les Volsques, ennemis des Romains, à Corioles et, en remerciement de ses glorieux exploits, reçoit le nom de Coriolan. Sa mère, Volumnia, a de grandes ambitions pour lui et le pousse à se présenter pour être élu consul. Mais Coriolan, prétentieux et arrogant, méprise les gens du peuple et refuse d’avoir à les séduire pour obtenir leur vote. Fort de son pouvoir, l’inflexible Marcius néglige que théâtre et politique vont de pair, que séduction rime avec élection, et cela causera sa perte.

À travers cette intrigue, Shakespeare nous parle de nous, en dressant un portrait sans complaisance d’une société où s’affrontent les idéologies les plus diverses, de la démagogie à la tyrannie. Instabilité, crise, lutte des classes, corruption… Avec des propos d’une brûlante actualité, la pièce pose la question du comment vivre ensemble quand on est différents. Comment la démocratie peut-elle survivre dans un système républicain ? La résonance avec nos sociétés d’aujourd’hui est on ne peut plus claire.

La mise en scène de Lepage, éblouissante, se joue du temps et des lieux. À l’aide d’effets spéciaux et de projections technologiques, il déplace l’action pour mieux en cerner le sens. Ainsi, le forum romain devient une ligne ouverte radiophonique, certains personnages communiquent par textos, projetés en fond de scène. Un spectacle saisissant qui témoigne de l’extraordinaire inventivité du metteur en scène.

CRITIQUE

La première scène nous montre un buste sur un piédestal dans un espace qui m’a rappelé l’architecture des Invalides, là où l’on conserve le tombeau de Napoléon. Le buste est celui de Coriolan qui se met soudainement à parler. Image impressionnante en entrée de spectacle. La pièce elle-même se déroule à différents endroits qui, dans un mise en scène traditionnelle, exigerait de très nombreux changements de décors, mais grâce à Robert Lepage et à la technique de son équipe Ex Machina, les déplacements se font grâce à des projections visuelles. La technique est sans faille, l’utilisation parfaitement dosée de la musique n’est jamais importune. L’efficacité de ses méthodes a fait ses preuves et les très nombreux «zoom in» nous amenaient du forum à une place publique, aux appartements de Volumnia ou dans une rue de Rome.

La pièce est adaptée au monde d’aujourd’hui. Les interprètes portent le complet et la séduction du peuple passe par des moyens de communication modernes. Alexandre Goyette est excellent en Coriolan et Anne-Marie Cadieux, pour qui la tragédie est une deuxième peau, est à la hauteur du personnage. Malgré tous les drames que la pièce contient, elle ne réussit toutefois pas à émouvoir. Toutefois, l’impressionnante mise en scène de Robert Le page mérite d’être soulignée.

Grâce à la collaboration entre le TNM, le Festival de Stratford et Ex Machina, c’est cette même mise en scène qui est présentée.

****

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu

3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

Une expérience théâtrale visuellement époustouflante — Postmedia, Toronto

Captivant et troublant — The New York Times

La plus grande mise en scène contemporaine de cette œuvre — Chicago Tribune

Au Théâtre du Nouveau Monde

84 rue Sainte-Catherine Ouest (métro Place des Arts)

Réservations 514.866.8668 ou http://www.tnm.qc.ca

Du 15 janvier au 9 février 2019

SUPPLÉMENTAIRES du 10 au 13 février

Mardi 19 h 30 / Mercredi au vendredi 20 h / Samedi 15 h et 20 h