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UNE GISELLE INSOUMISE ET RÉSOLUMENT ACTUELLE

DADA MASILO /
THE DANCE FACTORY JOHANNESBURG

Giselle

Première canadienne

THÉÂTRE MAISONNEUVE, PLACE DES ARTS
25. 26. 27. 28. 29 septembre 2018, 20 h

Rencontre après-spectacle : mercredi 26 + vendredi 28 septembre

Photo © John Hogg.

Interprètes Dada Masilo, Thabani Ntuli, Ipeleng Merafe, Zandile Constable..

Dada Masilo donne le coup d’envoi de la saison 2018/2019 de Danse Danse.

Elle a à peine 30 ans et déjà ses productions font le tour des plus grandes salles du monde. Originaire de Johannesbourg (Afrique du Sud), la fulgurante Dada Masilo est réputée pour ses relectures galvanisantes des ballets classiques. Après un Swan Lake acclamé à Danse Danse en 2016, c’est Giselle, monument du répertoire romantique, que la chorégraphe fait à sa main. Faisant fi des conventions, l’artiste revisite de bout en bout le célèbre ballet à partir d’un vocabulaire contemporain teinté de sa culture. Énergique, incandescent et remarquablement moderne.

Avec une douzaine de pièces à son actif, la danseuse et chorégraphe Dada Masilo se joue des stéréotypes et plonge dans ses racines sud-africaines afin de conférer au ballet Giselle une actualité et une force de frappe inégalées. Outre les éblouissants danseurs, des concepteurs chevronnés l’entourent. Une œuvre visuelle signée par l’artiste de renom William Kentridge ainsi qu’une musique originale de Philippe Miller – jumelant voix, percussions, harpe et violoncelle – habitent la scène. Irrévérencieux, énergique et d’une grâce insoumise, ce Gisellese conjugue résolument au présent.

Photo © John Hogg.

Convertir la résignation en rage, la pointe en coup de pied

Intense, la trame originale de Giselle met en scène l’idylle torturée d’une jeune fille qui sombre dans la folie et meurt d’avoir été trahie par l’homme qu’elle aimait. À l’issue d’une métamorphose spectaculaire, cette dernière rejoint les terrifiantes Wilis, spectres de fiancées mortes avant de s’être mariées. Leur cercle lugubre et impitoyable erre la nuit dans la forêt cherchant vengeance. Giselle s’efforcera de protéger son amant des Wilis qui le condamneront finalement à danser jusqu’à épuisement.

De cette histoire d’amour fiévreux, de trahison et de désespoir, Dada Masilo fait une relecture féministe, tout en se penchant directement sur les tourments et la violence du monde actuel. La Giselle qu’elle incarne elle-même sur scène est bien loin de la figure souffrante des interprétations classiques. Avec des mouvements assurés et fluides, fusionnant les vocabulaires de la danse africaine, contemporaine et classique, Masilo dit la puissance et l’affirmation. Giselle, ici, se redresse. Elle ne pardonne pas !

Photo © John Hogg.

Extraits critiques

A classic boldly reimagined. – New York Times

A marvel of intelligence and dance craftsmanship in every respect. – Critical Dance

Riveting – Backtrack

A stunning work… infused with raw emotion. – The Dartmouth

The rising star is only getting started. – CNN

Dada Masilo possède un excellent sens pour des scènes fortes, des images concises et une danse expressive. – Der Standard, Autriche

Les scènes de danse sont explosives et énergiques. Simplement formidablement moderne. –Wiener Zeitung, Autriche

Photo © Kevin Parry.

Dada Masilo

La chorégraphe et interprète Dada Masilo a grandi dans le quartier pauvre de Soweto, en Afrique du Sud, où elle est née en 1985. Elle débute sa formation à la Dance Factory de Johannesbourg puis à la National School of the Arts de Johannesbourg. Après une année comme stagiaire au sein du Jazzart Dance Theatre de Le Cap, elle étudie pendant 2 ans à P.A.R.T.S., la fameuse école de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker. De retour en Afrique du Sud en 2006, elle commence à créer ses propres œuvres. En 2008, elle devient artiste en résidence de la Dance Factory et elle reçoit le prestigieux prix Sud-Africain Standard Bank Young Artist Award pour la danse. Trois commandes du National Arts Festival (Grahamstown, Afrique du Sud) donnent naissance à Roméo et Juliette (2008), Carmen (2009) et Swan Lake (2010). Depuis 2012, ses pièces tournent à l’international (Afrique, Amérique du Nord, Europe).

Masilo a un profond amour pour les classiques – de Shakespeare à Tchaïkovski, du ballet au flamenco. En tant que danseuse, elle impressionne par sa rapidité et aussi pour avoir empreint ses rôles de théâtralité. En tant que chorégraphe, elle a développé un style unique. Mélangeant habilement techniques de danse et genres musicaux variés, elle subjugue les spectateurs avec ses relectures de grands classiques de l’histoire de la danse occidentale, proposant souvent une réinterprétation féministe où se jouent des grandes figures ou héroïnes mythiques.

The Dance Factory

La Dance Factory de Johannesbourg est le seul lieu en Afrique du Sud dédié à la danse. Fondée en 1992 par Suzette Le Sueur, l’organisme cherchait à créer un espace accessible pour les gens des ghettos et des banlieues en créant une école de danse à New Town, le quartier culturel de Johannesbourg. Misant sur la formation de jeunes et talentueux danseurs, la Dance Factory les guide vers une carrière professionnelle. Entre 1993 et 2001, la Dance Factory a coordonné neuf festivals de danse annuels pour Arts Alive, un projet de la ville de Johannesbourg. Ces festivals ont été une plateforme de présentation d’un large éventail de styles de danse : des invités de renommée internationale tels que Donald Byrd/The Group (New York), Rosas (Bruxelles), Scapino Ballet Rotterdam, des compagnies de danse professionnelles d’Afrique du Sud, des programmes d’études supérieures de danse, des groupes communautaires de danse, des groupes de jeunes – pratiquant toute une panoplie de danses, du ballet traditionnel au gumboot, en passant par le théâtre physique et le pantsula (équivalent sud-africain de la danse hip-hop). La participation des groupes de jeunes de provenances variées, a amené de nombreux talents à la Dance Factory, parmi lesquels Dada Masilo. Depuis 2008, la Dance Factory mise sur la présentation du travail de Dada Masilo, chorégraphe et artiste en résidence. Devenu rapidement populaire, le travail de Dada Masilo est maintenant reconnu internationalement.

Philip Miller

Né en 1964, Philip Miller est un compositeur et artiste sonore sud-africain basé à Le Cap. Il a étudié la composition musicale à l’Université de Le Cap et en musique électroacoustique à l’Université de Bournemouth au Royaume-Uni.

Son travail est multiple, souvent développé à partir de projets collaboratifs dans des installations de théâtre, de cinéma, de vidéo et de son. Il a composé de la musique pour les bandes sonores de nombreuses productions cinématographiques et télévisuelles locales et internationales. Parmi les films récents, mentionnons The Bang Bang Club de Steven Silver, nominé pour un prix Génie au Canada, et Black Butterflies, qui a remporté la meilleure note de film aux SAFTA (Prix du film et de la télévision sud-africains) et qui a reçu le prix Wawela, décerné à des compositeurs dont le travail a eu un impact significatif à l’étranger, pour la meilleure bande sonore d’un long métrage ou documentaire théâtral. Il a également composé la partition de The Borrowers de la BBC et The Girl de HBO, pour lequel il a été nominé pour un Emmy Award en 2013.

Miller a travaillé avec certains des cinéastes et artistes visuels les plus innovants d’Afrique du Sud. L’un des collaborateurs les plus significatifs de Miller est l’artiste William Kentridge. Il a notamment signé la musique pour l’installation multimédia de 5 écrans The Refusal of Time de Kentridge au Tate Modern de Londres.

Parmi les œuvres scéniques de Miller figure la pièce Rewind: A Cantata for Voice, Tape and Testimony. Ce récit choral basé sur des témoignages à la Commission de vérité et réconciliation de l’Afrique du Sud, a été présenté à New York, à Johannesburg, à Le Cap et à Londres.

Miller a également produit un grand nombre d’albums, y compris des arrangements de berceuses traditionnelles sud-africaines, The Thula Project, les bandes sonores de Black Box / Chambre noire et de 9 Drawings for Projection de William Kentridge, ainsi que l’album Shona Malanga, constitué d’arrangements de chansons pour la liberté.

William Kentridge

William Kentridge est un dessinateur, performeur et réalisateur sud-africain. Il est né en 1955 à Johannesbourg, où il vit et travaille à ce jour.

William Kentridge a d’abord suivi des études de sciences politiques et d’africanisme avant de se tourner vers les arts. Après des études en beaux-arts dans sa ville natale, il a passé deux ans à la fameuse École Internationale de Théâtre Jacques Lecoq à Paris.

À la croisée des disciplines, l’artiste travaille le dessin, la gravure, le collage, la sculpture, la performance, le théâtre et l’opéra pour créer des œuvres faisant écho à des sujets politiques et sociaux, passés ou présents, notamment l’apartheid et le colonialisme.

William Kentridge s’est fait connaître grâce à ses dessins animés. Il réalise pour chaque film une série de dessins au fusain, fonctionnant comme des plans-séquences. Chaque dessin est retouché encore et encore pour créer ses photos de tournage, chaque nouvelle image étant un palimpseste qui montre les signes d’effacement du dessin précédent. Pour raconter ses récits, l’artiste confond son autobiographie avec celle de personnages fictionnels, ce qui donne à ses dessins un caractère expressif.

Ses œuvres sont exposées dans de nombreux musées, notamment au MoMa de New York au Centre Georges-Pompidou de Paris et au Deutsche Guggenheim de Berlin, au San Francisco Museum of Modern Art, au Philadelphia Museum of Art, au Moderna Museet de Stockholm and at the Metropolitan Museum of Art de New York. Il a entre autres participé à la Biennale de Venise, la Biennale de Sydney et la documenta de Kassel (Allemagne). Ses œuvres scéniques (opéra et théâtre) ont été présentés à la Brooklyn Academy of Music, au Standard Bank National Arts Festival (Grahamstown, Afrique du Sud), au Festival d’Avignon et au Metropolitan Opera de New York.

Billetterie de la Place des Arts : 514 842.2112 | 1 866 842.2112

Billets à partir de 36 $    Tarif 30 et moins disponible

PROCHAIN SPECTACLE

SYLVAIN LAFORTUNE &
ESTHER ROUSSEAU-MORIN

L’un L’autre

Cinquième Salle, Place des Arts
16 au 20 octobre 2018 – 20 h

Photo © Robin Pineda Gould.  Interprètes Esther Rousseau-Morin, Sylvain Lafortune.

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