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Les 12, 14 et 16 mars 2013, 19 h 30

Crédit photo: Yves Renaud
DEAD MAN WALKING
de Jake Heggie

Opéra en 2 actes de Jake Heggie (né en 1961)
Livret de Terrence McNally d’après le livre La dernière marche de soeur Helen Prejean
Créé au War Memorial Hall Opera House, San Francisco, le 7 octobre 2000
Chanté en anglais, avec surtitres français et anglais
Production : Fort Worth Opera
Première à l’Opéra de Montréal et au Québec

CRITIQUE

L’opéra, c’est presqu’infailliblement une fin dramatique avec des personnages qui prennent beaucoup de temps à mourir. On s’y attend. On apprécie la mise en scène, on apprécie les voix, on apprécie la musique, mais on reste insensible à l’état d’âme des personnages. Leur vie ou leur mort ne semble que prétexte à musique.

Dans Dead Man Walking, écrit au début du XXe siècle, on entre dans un autre registre d’émotions. Les personnages sont d’une actualité criante. L’action se déroule comme dans un film moderne: le meurtre dans le noir, l’emprisonnement de Joseph DeRocher qui clame son innocence. Helen Prejean, une jeune religieuse, correspond avec lui et décide de le soutenir spirituellement. Elle entreprend des démarches auprès des autorités pour que sa peine soit remise ou qu’il soit gracié. Ses démarches sont infructueuses et le détenu devra mourir. La jeune soeur Helen accomplit son devoir en l’accompagnant dans le couloir de la mort jusqu’à sa fin.

L’histoire serait toute simple, si ce n’étaient des questionnements spirituels de Sister Prejean alimentés par l’amour aveugle de la mère de Joseph DeRocher qui maintient que, Joe, c’est un bon garçon et la colère des Hart et des Boucher, parents des adolescents assassinés. On vit une variété d’émotions intenses, en passant tour à tour de l’angoisse à la révolte et à l’incertitude. On est bien loin de la théâtralité avec Dead Man Walking, on évolue au coeur de l’émotion.

Ce n’est qu’à la toute fin que Joseph DeRocher avoue son crime et la trame de l’action est élaborée de façon à nous faire vivre les déchirements de tous les personnages impliqués dans ce drame. Je n’aurais jamais crû pouvoir être aussi troublée à l’opéra.

La mise en scène est d’une grande simplicité. Que les éléments essentiels pour nous situer. Une voiture sur un fond noir pour la scène du crime, une pièce nue avec une table et des chaises pour le bureau des libérations conditionnelles et des grillages qui coulissent pour les murs de la prison.

Helen Prejean est chantée par la mezzo-soprano, Allyson McHardy. La légèreté de sa voix en fait une interprète idéale. Le baryton Antoine Dupuis a plusieurs beaux solos et nous rend l’affreux personnage de Joseph DeRocher attachant. Sa mère est chantée par la mezzo-soprano Kimberly Barber de façon tout à fait splendide. J’ai aussi beaucoup aimé les voix de Chantale Nurse, soprano dans le rôle de Sister Rose, du ténor John MacMaster dans celui du chapelain Grenville et et celle de basse d’Alain Coulombe en directeur du pénitencier.

Dead Man Walking, c’est 100% émotions.

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

PRÉ-OPÉRA
Chaque représentation est précédée d’un préOpéra par le musicologue Pierre Vachon au Piano Nobile de la salle Wilfrid-Pelletier à 18 h 30 (en français avec résumé en anglais. Gratuit pour les abonnés, 5 $ pour les non-abonnés).

DEAD MAN WALKING
les 9, 12, 14 et 16 mars 2013, 19 h 30

À la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts

BILLETS
à l’unité à partir de 50 $ ; abonnements à partir de 157 $
18-30 ans : 30$ le billet avec un minimum de 2 opéras.
Billetterie : OdM (514) 985-2258 / PdA (514) 842-2112 / ou www.operademontreal.com

AUTOUR DE DEAD MAN WALKING

BLOGUES
Actualités lyriques : animé par Pierre Vachon
Mode de vie : animé par Geneviève Émond, propriétaire du spa bota bota, Jean-François Lamarche, directeur de programmation, Cinéma du Parc, Carl Coppens, écrivain et directeur de création, agence brad, et Christian Bélanger, designer.
Sur www.operademontreal.com

ESPACE.MU
Dans le but de favoriser l’accès à l’opéra pour tous et de bonifier l’expérience, l’Opéra de Montréal a conclu une entente avec Radio-Canada pour la diffusion d’extraits d’opéra sur le site Espace.mu et accessible via une console web sur le site de l’Opéra de Montréal. Les internautes ont ainsi accès en tout temps à tout un catalogue d’extraits d’opéras.

OPÉRA DE MONTRÉAL | SAISON 2012-2013
Tous les opéras sont présentés en langue originelle, avec surtitres bilingues projetés au-dessus de la scène.

Prochains rendez-vous
MONUMENT-NATIONAL
Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal
MENOTTI – The Old Maid and the Thief + Amahl et les visiteurs du soir | 13, 16, 18 et 20 avril 2013 à 19 h 30
SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS
MASSENET – Manon | 18, 21, 23, 25 mai 2013 à 19 h 30
BILLETS
à l’unité à partir de 50 $ ; abonnements à partir de 157 $
18-30 ans : 30$ le billet avec un minimum de 2 opéras.
Billetterie : OdM (514) 985-2258 / PdA (514) 842-2112 / ou www.operademontreal.com

L’OPÉRA DE MONTRÉAL
Fondé en 1980 et basé à Montréal, l’Opéra de Montréal est la plus importante maison lyrique francophone en Amérique du Nord. L’an dernier, plus de 54 000 spectateurs ont franchi les portes de l’Opéra de Montréal dirigé par son directeur général Pierre Dufour et son directeur artistique, Michel Beaulac. Sa saison comprend quatre à cinq opéras, un concert de l’Atelier lyrique, un Gala et de nombreuses activités de démocratisation. L’Opéra est un acteur de premier plan dans le développement économique, culturel et social puisque, chaque saison, il entretient des relations avec plus de 360 entreprises d’ici et embauche plus de 800 artistes et artisans. Près de 80 % des artistes qui s’y produisent sont Canadiens.