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Jusqu’au 23 septembre 2007

Emily Carr
Nouvelles perspectives sur une légende canadienne


Carr, Emily, Pirogue indienne de guerre, Alert Bay 1912
Huile sur panneau
65 x 95,5 cm
Musée des beaux-Arts de Montréal
Don de A. Sidney Dawes
Photo Marilyn Aitken, MBAM

Le Musée des beaux-arts de Montréal présente Emily Carr. Nouvelles perspectives sur une légende canadienne, la première exposition pancanadienne consacrée à l’artiste depuis plus de trente ans. Elle réunit quelque 200 objets : peintures, dessins, aquarelles, caricatures, céramiques, sculptures, livres, photographies et documents éphémères. Outre les 150 œuvres d’art réalisées par Emily Carr (1871-1945), on voit en parallèle dans certaines sections de l’exposition, des œuvres d’artistes autochtones et des œuvres canadiennes historiques et modernistes s’inspirant de leurs traditions, de même que des documents d’archives permettant un positionnement critique face à l’œuvre de Carr. Cette présentation, qui jette un nouveau regard sur cette célèbre artiste excentrique et solitaire, se penche sur son legs et le contexte politique et social dans lequel elle a évolué. L’exposition est organisée par la Vancouver Art Gallery et le Musée des beaux-arts du Canada.

Née à Victoria en 1871, la plus jeune de cinq filles, Emily Carr perd ses parents alors qu’elle n’est qu’adolescente. Elle suit des cours d’art à San Francisco, en Angleterre et en France grâce à l’aide de ses sœurs. De retour au Canada, elle doit enseigner l’art dans une école pour subsister. En 1899, 1907 et 1912, elle effectue des séjours dans les villages autochtones du nord de la côte du Pacifique et se passionne pour cette culture déjà affectée par l’arrivée des Européens. Dès 1912, elle a déjà produit un ensemble important d’œuvres traduisant son immense admiration pour l’art et la culture des autochtones. Sa place parmi les artistes canadiens s’affirme dans les œuvres des années 1929 et 1930, où ses liens profonds avec la nature s’expriment avec force. Voyant sa santé décliner à partir de 1937, Carr se consacre à l’écriture en 1941, puis réalise une dernière série d’études de paysages en 1942. Elle meurt en 1945.

Grandement admirée pour son travail de peintre et d’écrivain, Emily Carr est l’un des noms les plus connus de la scène artistique canadienne tout en restant passablement méconnue. Bien que son influence ait été des plus marquantes sur la peinture de paysage en Colombie-Britannique pendant le XXe siècle, l’étendue de ses réalisations et la nature de son rôle au sein de l’art canadien n’ont jamais été vraiment explorées. Cette exposition examine comment ont évolué nos perceptions d’Emily Carr et de sa démarche. Elle propose un parcours en trois temps qui souligne les moments clés de l’œuvre de l’artiste, son apparition sur la scène nationale, la première interprétation historique de son œuvre et les réinterprétations contemporaines.

La première section s’ouvre sur une reconstitution partielle de l’exposition de 1927 L’art autochtone et moderne de la côte ouest du Canadaa, qui soulignait l’importance de la production artistique des Premières Nations de cette région du Canada et la source d’inspiration qu’elle constituait pour les autres artistes tels que Paul Kane, Edwin Holgate, A.Y. Jackson, Anne Savage et Emily Carr. Cette exposition avait révélé Carr au grand public, et lui avait permis de rencontrer d’autres artistes, dont Lawren Harris, du Groupe des Sept, qui jouera un rôle important dans la suite de sa carrière.

La seconde section est inspirée de l’exposition commémorative de 1945, Emily Carr : ses peintures et esquisses, organisée en grande partie par Lawren Harris, dans laquelle Carr est présentée comme une artiste moderniste canadienne, inspirée par son environnement immédiat. On y découvre l’approche subjective de Carr et son interprétation spiritualiste de la nature.

La troisième section propose une interprétation contemporaine des thèmes abordés par l’artiste : arbres et ciels, juxtaposés au contexte de l’industrie forestière des années 1930, dont certains révèlent une Emily Carr environnementaliste avant l’heure, mâts totémiques et villages amérindiens, largement publicisés par l’industrie touristique de l’époque. On y verra également l’image d’Emily Carr par ses caricatures, ses autoportraits, ses écrits, ainsi que par le biais de la perception de ses amis, de la critique et d’amateurs d’art.

Les commissaires de l’exposition sont Charles C.Hill, conservateur de l’art canadien au Musée des beaux-arts du Canada ; Ian M. Thom, conservateur principal des expositions historiques et responsable de la collection Emily Carr à la Vancouver Art Gallery ; et Johanne Lamoureux, professeure et directrice du Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques à l’Université de Montréal. Jacques Des Rochers, conservateur de l’art canadien au Musée des beaux-arts de Montréal, est chargé de la présentation de l’exposition à Montréal.

L’exposition a fait l’objet de la publication d’un important catalogue de 336 pages, abondamment illustré et accompagné de plusieurs essais.

Au Musée des beaux-arts de Montréal

Pour d’autres renseignements, visitez le site du Musée des beaux-arts de Montréal

L’exposition Emily Carr. Nouvelles perspectives sur une légende canadienne a été présentée à Ottawa, à Vancouver et à Toronto. Après Montréal, elle terminera son circuit au Glenbow Museum de Calgary à l’automne prochain.

L’exposition est présentée à Montréal par la Financière Sun Life.