Art et culture
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Jusqu’au 10 juin 2006

Exposition de Julien Rousseau

« L’iconographie de Julien témoigne de son époque avec fraîcheur, couleur et candeur. Un imaginaire peu commun. Liberté totale « .

Toujours à la recherche de balises pour briser les conventions, Julien Rousseau résiste aux modes et fait tout à sa manière. Il touche à plusieurs formes d’expression artistique: écriture, poésie, vidéo et photographie. Mais on ne fuit pas sa nature; fortement influencé par l’approche graphique de Stuart Davis, architecte et peintre américain contemporain, Julien Rousseau oeuvre maintenant comme artiste peintre professionnel.

Son langage visuel riche en formes et en composition s’articule autour d’une ligne fragile, spontanée et structurée. S’appuyant sur des notions de perspective et d’objet, il développe dans chacune de ses toiles un paysage langagier composé d’histoires sans mot, sans lieu et sans sujet. On y reconnaît parfois un objet familier, sans pour autant en être certain, mais dans la joute impossible entre le tableau et le spectateur, personne n’a jamais raison. Si vous questionnez l’artiste, il s’empresse de vous répondre qu’il s’agit d’abstraction et non de figuratif et vous encourage à le voir comme tel. Il faut comprendre l’incompréhensible en laissant son imagination au placard et en acceptant que tout n’a pas nécessairement un sens. On découvre alors un univers riche et illimité qui, comme un gaz, prend de multiples formes tout en conservant sa nature: des structures qui ne sont pas des immeubles, du végétal qui ne représente aucune plante, des formes ne révélant aucun sein, aucune montagne.

Puis il y a cette manière, imparfaite, maladroite et naturelle qui parle de nous. Les angles droits sont relégués aux oubliettes. Et, à cette époque où tout un chacun est de plus en plus assujetti à son ordinateur, Julien prend le temps de nous écrire une lettre à la main, de nous parler de notre héritage d’avant l’uniformisation, la quête monétaire, d’avant même les grecs avec leur canons de beauté et leurs jeux olympiques. Les armes sont déposées et il n’est désormais plus nécessaire de se comparer pour s’accomplir, l’ère des requins laissant place à un lieu nouveau qui appartient à chacun et où tous jouissent d’un espace infini. Ce n’est pas très loin de l’onirique, entre le subconscient et le préconscient et la quête de sa propre identité n’est pas incompatible avec une quête d’humanité. Car, les rêves ne peuvent demeurer des rêves parce que chacun vit une partie de ses nuits dans ce monde encore trop volatile, que cette modernité transcrit. L’art moderne est selon lui un des grands accomplissements de l’humanité, et bien qu’avide de technologie, il considère que la machine fait avancer mais pas grandir. Observateur aguerri et très sensible, il tente de rendre par la création – et sans chercher à tout contrôler – une vision qui le
dépasse.

Sans recherche d’innovation à tout prix, Julien travaille donc sur le réel. Un réel qu’il démantèle et synthétise afin d’en proposer une analyse à la fois personnelle et multiple, avec toute la fragilité, la sensibilité et l’illogisme avec lesquelles se construisent les rapports humains.

Il se consacre entièrement à son travail artistique depuis bientôt cinq ans.

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CRU ESPACE GALERIE
1709 Amherst
Montréal, Québec

Heures d’ouverture
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mercredi 11H-17H30
vendredi 11H-17H30
jeudi 11H-20H
samedi 11H-17H00