Art et culture
Accueil -> culture -> Jocelyne Tourangeau -> Sons ->

Du jeudi 24 au mercredi 30 novembre 2005

Un festival d’envergure internationale dédié à l’une des plus grandes figures de la musique classique

– Première édition remarquable comprenant 15 concerts
différents
– Présence exceptionnelle de Musica Antiqua Köln
– Représentation de l’aria Alles mit Gott und nichts ohn’
ihn

Les plus grands ensembles de Montréal se réunissent pour la première fois cette année pour créer le premier festival d’envergure sur un personnage emblématique de la musique baroque : Johann Sebastian Bach.

Le festival est organisé par la Bach-Académie de Montréal, une organisation sans but lucratif dédiée à l’étude et à la promotion de l’œuvre de Bach, en partenariat avec Les Boréades de Montréal, Arion, Les Idées heureuses, le Studio de musique ancienne de Montréal (SMAM), le Theatre of Early Music, ainsi que l’Université McGill. Les 22 événements du Festival seront présentés au cœur même de Montréal, dans des lieux mythiques tels l’Oratoire Saint-Joseph, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours et l’église St Andrew et St Paul.

La codirection artistique de la Bach-Académie de Montréal et du Festival Bach a été confiée à deux figures importantes du milieu de la musique baroque à Montréal, Christopher Jackson, cofondateur et directeur artistique du SMAM, chef invité et pédagogue recherché et Julian Wachner, chef d’orchestre, compositeur, organiste et pédagogue.

Le festival Bach de Montréal a l’ambition et les moyens de devenir une référence internationale, au même titre que les festivals Bach de Leipzig, de l’Oregon ou de Londres et aux centaines de festivals consacrés à ce musicien légendaire et universel.

Il a été mis sur pied par Dr Alexandra Scheibler, musicologue et présidente de la Bach-Académie ainsi que Sabine Pletat, directrice générale de l’organisation, toutes deux récemment installées à Montréal, afin que se retrouve au Canada pour la première fois un organisme se consacrant spécifiquement à l’étude et à la diffusion de l’œuvre de Johann Sebastian Bach.

Des artistes prestigieux

Pour cette première édition, le festival accueillera des artistes des scènes tant locale qu’internationale, notamment le chef d’orchestre Frieder Bernius, le baryton Klaus Mertens et l’ensemble Musica Antiqua Köln sous la direction de Reinhard Goebel. L’ensemble, fondé en 1973 par M. Goebel, effectue un retour attendu à Montréal.

On pourra aussi entendre les ensembles montréalais Arion (sous la direction du chef invité Bernard Labadie), le Chœur et l’Orchestre baroque de McGill, le Theatre of Early Music (sous la direction de Daniel Taylor), Les Boréades de Montréal, Les Idées heureuses (sous la direction de Geneviève Soly, qui donnera aussi un récital solo au clavecin) et le Studio de musique ancienne de Montréal (sous la direction de Christopher Jackson).

De nombreux artistes invités se joindront à ces ensemble : le Chœur Bach d’Ottawa, les sopranos Katherine Fuge, Dominique Labelle, Shannon Mercer et Ingrid Schmithüsen, les altos Jennifer Dudley, David Hansen et Daniel Taylor, les ténors Frédéric Antoun, Tony Boutté, Benjamin Butterfield et James Gilchrist, les barytons Marc Belleau, Peter Harvey, Joshua Hopkins et Daniel Lichti, les flûtistes Claire Guimond et Nathalie Michaud, la violoncelliste Phoebe Carrai, la violoniste Cynthia Roberts et le claveciniste Hank Knox.

Les organistes John Grew, Philippe Bélanger, Peter Sikes et Patrick Wedd offriront des concerts à midi lors de quatre des cinq jours du Festival.

La flûtiste Mika Putterman et le claveciniste Erin Helyard, qu’on a pu entendre lors du dévoilement du Festival, présenteront un concert nocturne centré sur les œuvres pour flûte de Bach.

Le Chœur de l’église St Andrew et St Paul (sous la direction de Wayne Riddell) et l’Orchestre de la Bach-Académie de Montréal invitent quant à eux les mélomanes à vivre une liturgie dominicale comme les a vécues Bach.

Des œuvres phares

Parmi les œuvres maîtresses du Cantor de Leipzig interprétées lors de ce Festival, mentionnons l’Art de la fugue qui sera interprété par Musica Antiqua Köln, l’Oratorio de Noël sous la direction de Julian Wachner, l’Offrande musicale avec les Boréades de Montréal et la Messe en si mineur avec le Studio de musique ancienne de Montréal et l’Orchestre de la Bach-Académie de Montréal, sous la direction de Christopher Jackson.

Lors du concert-gala, sera donnée également, pour la première fois à Montréal, une représentation de l’aria Alles mit Gott und nichts ohn’ ihn (écrite en 1713) récemment découverte par le musicologue Michael Maul. Une œuvre vocale de Bach jusqu’ici complètement inconnue retentit à nos oreilles. L’œuvre vient pour ainsi dire de « renaître » et le Catalogue des œuvres de Bach (Bach-Werke-Verzeichnis) s’enrichit d’un nouveau numéro : BWV 1127.

Une philosophie unique

La Bach-Académie de Montréal est un organisme sans but lucratif fondé à Montréal, une ville reconnue pour le raffinement de ses activités culturelles et l’exceptionnelle qualité de ses ensembles musicaux. Étant donné l’intérêt particulier que porte la ville à la musique baroque, à son esthétique et à son langage, la Bach-Académie de Montréal organisera chaque année un festival réunissant des ensembles montréalais de haut calibre et des artistes renommés sur la scène internationale. L’essence de la Bach-Académie repose sur trois piliers: interprétation, recherche et éducation.

Lors du festival annuel, elle est atteinte grâce au symposium, aux interprétations d’étudiants, aux classes de maître et aux nombreux concerts.

Des activités d’éducation au cœur même de l’événement

Des cours de maîtres et répétitions publiques sont également prévus à l’horaire de ce festival unique en son genre ainsi qu’un symposium, sous le thème de « La planification, la structure et la composition musicale et théologique de l’Oratorio de Noël BWV 284 ». Les professeurs Stephen Crist (Emory University), Don Franklin (Pittsburg University), Martin Petzoldt (Université de Leipzig) et Kerala Snyder (Eastman School of Music, University of Rochester), tous spécialistes reconnus de l’œuvre de Bach, y participeront le samedi 26 novembre.

Un programme-souvenir, qui comprendra un CD de Musica Antiqua Köln, sera également vendu sur les différents sites de concert.

Des tarifs pour étudiants sont également prévus pour chacun des événements du Festival.

Les billets sont en vente dès maintenant à la billetterie de l’Université McGill ou en composant le (514) 398-4547.

Consultez le site… du Festival pour plus d’informations sur chaque concert.

Alles mit Gott und nichts ohn’ ihn

Michael Maul parle de l’œuvre en ces termes :

Structurellement, la pièce s’apparente à l’air Weil die wollenreichen Herden (« Parce que les troupeaux riches en laine ») de la Jagdkantate BWV 208 (« Cantate de la chasse », également composée en 1713 !) l’air au sens strict est accompagné par le seul continuo, tandis que le ritornello séparant les strophes fait appel à deux violons, alto et basse continue. Le caractère, en raison notamment de l’indication de mouvement : adagio, en est toutefois très différent. Ce qui tout d’abord séduit ici, c’est la spontanéité mélodique de la ligne vocale, aisément mémorisable. À tel point que, dès la première écoute, on ne peut plus se défaire du motif correspondant aux premiers mots – Alles mit Gott –, ce que l’on ne saurait prétendre de tous les thèmes de Bach…Dans le même temps, cet air fait preuve d’une rigueur contrapuntique typiquement « bachienne » ne le cédant en rien devant les autres oeuvres de l’époque de Weimar. […]

La question de savoir quelle put être la durée d’exécution de cette pièce est intéressante. Bach n’a en effet disposé sa musique que sous le texte de la seule première strophe, ce qui sans doute tient avant tout à la place dont il disposait. Certains éléments laissent toutefois supposer que, lors de la cérémonie d’anniversaire dans la chapelle du château de Weimar – la fameuse Himmelsburg (« Forteresse céleste ») – les douze strophes furent toutes chantées. En effet, commanditaire de la composition, le surintendant aura probablement souhaité entendre in extenso ses épanchements théologiques sur la devise du duc, soigneusement étayés de concordances bibliques. On relève par ailleurs sur l’ensemble du texte maintes subtilités dont on ne peut réellement prendre conscience qu’une fois les douze strophes énoncées. La devise Alles mit Gott und nichts ohn’ ihn est conservée en tête de chacune des douze strophes, seuls le deuxième vers ainsi que la partie B qui s’ensuit étant modifiés. Toutefois, dans chaque deuxième vers, un seul mot se voit remplacé. Cela commence ainsi : « Wird Ein-Her Wunder-Segen Ziehn », puis la deuxième strophe proclame : « Wird Einher Jesus Segen Ziehn »… En caractères gras dans le texte imprimé afin de mieux les mettre en exergue, les lettres initiales du troisième mot, lequel change à chaque strophe, finissent par composer un acrostiche d’exactement douze lettres correspondant au nom de baptême de celui dont on célébrait l’anniversaire : WJLHELM ERNST (ce qui explique que Mylius ait composé un poème de douze strophes !). Les lettres initiales des mots du deuxième vers de la première strophe donnent dans le même temps « Wilhelm Ernst Herzog Weimar-Sachsen Zu » (mot à mot : « Wilhelm Ernst duc Weimar-Saxe de »). […]

Bach lui-même semble n’être pas resté insensible à l’habileté du texte poétique, et il est permis de penser qu’à travers le nombre de notes du prélude confié au continuo – 52 très exactement – il aura voulu rendre « audibles » les 52 années révolues du duc, avant que la voix de soprano ne commence son compliment à l’orée de sa 53e année. […]

Toutefois cette œuvre magnifique aurait très certainement été la proie des flammes qui ravagèrent la bibliothèque l’an dernier, si le manuscrit avait été à sa place habituelle. Or il se trouve – chance inouïe a posteriori – que le restaurateur de la bibliothèque, Matthias Hageböck, s’était tout particulièrement intéressé, dans ses recherches, au fonds réunissant les « poèmes de circonstance » de Weimar. Ces poèmes de congratulations sont en effet tous reliés dans de précieux papiers de couleur selon un procédé que l’on ne rencontre guère dans l’Allemagne du début du XVIIIe siècle. Désireux d’établir un catalogue des différents volumes, le restaurateur, peu de temps avant l’incendie, avait emporté dans son atelier les caisses contenant les poèmes. C’est à cette « grâce miraculeuse » que nous devons – soixante-dix ans après qu’un fragment de la cantate de Bach Bekennen will ich seinen Namen BWV 200 (« Je veux professer son nom ») eut revu le jour – d’avoir redécouvert une oeuvre vocale de Bach jusqu’à présent parfaitement inconnue. Puisse l’occasion s’en présenter à nouveau ! (Traduction : Michel Roubinet)

Christopher Jackson, codirecteur artistique

Depuis plus de 30 ans, Christopher Jackson agit comme chef de file dans le domaine des musiques anciennes. Musicien complet et raffiné, M. Jackson fut le cofondateur en 1974 du Studio de musique ancienne de Montréal, dont il est devenu directeur artistique en 1988. Diplômé du Conservatoire de musique de Montréal, un intérêt marqué pour la musique d’orgue et la direction chorale le mène à poursuivre des études musicales en Europe, où il se spécialise dans les œuvres des grands maîtres de la polyphonie vocale du Baroque et de la Renaissance.

Sous étiquettes CBC Records, K617, Analekta et ATMAClassique, la discographie de Christopher Jackson avec le Studio suscite l’enthousiasme des mélomanes et l’éloge de la critique qui salue la dimension humaine et la finesse de leurs interprétations ainsi que la technique exceptionnelle de l’ensemble.

Julian Wachner, codirecteur artistique

Né à Hollywood, Californie en 1969, Julian Wachner est un compositeur prolifique et connu, et un chef d’orchestre avec une polyvalence extraordinaire, engagé par des orchestres, des chœurs, des compagnies d’opéra et ensembles contemporains partout en Amérique du nord.

En 1994, il est devenu Fellow de l’American Guild of Organists, et l’année suivante il a fondé le Boston Bach Ensemble, un orchestre d’instruments anciens. En 1996, il a mérité le titre de Doctor of Musical Arts de l’Université de Boston en composition et en direction, ayant étudié principalement avec Lukas Foss, Marjorie Merryman et David Hoose. Son catalogue complet, contenant plus de 50 œuvres, est publié exclusivement chez E.C. Schirmer.

Wachner a occupé des postes au Masachusetts Institute of Technology, à l’École des Arts et à l’École de Théologie de l’Université de Boston et au Tanglewood Institute. Récemment, il a été nommé professeur de musique et directeur de la chorale à l’Université McGill, à Montréal.

Musica Antiqua Köln

Fondé en 1973 par Reinhard Goebel et d’autres étudiants du Conservatoire de musique de Cologne, Musica Antica Köln s’est d’abord consacré à l’interprétation d’œuvres de musique de chambre et de musique sacrée du baroque. En 1979, Musica Antiqua Köln est propulsé sur la scène internationale alors que l’ensemble fait ses débuts au Queen Elizabeth Hall de Londres et donne cinq concerts au Festival de Hollande. Lors de son 10e anniversaire, l’ensemble étend ses effectifs et pour la première fois fait des apparitions en tant qu’orchestre complet, devenant un orchestre reconnu au concert et au disque. Depuis 1981, l’ensemble et Reinhard Goebel, son violon solo, ont fait de nombreuses tournées aux Etats-Unis, de même que plusieurs incursions en Australie et en Amérique du Sud. En 1985, lors de l’Année Bach, ils ont effectué une tournée en République populaire de Chine. Musica Antiqua Köln a reçu le Prix Buxtehude de la Ville de Lübeck et plusieurs prix de Siemens et de l’état de Nordrhein-Westfalen. En 1981, l’ensemble était élu « Artistes de l’année » par la Deutsche Phonoakademie.