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Héritage
(A Raisin in the Sun)

Jusqu’au 5 octobre 2019

Texte Lorraine Hansberry

Mise en scène Mike Payette

traduction Mishka Lavigne

interprétation Frédéric Pierre, Patrick Émmanuel Abellard, Lyndz Dantiste,
Myriam De Verger, Malik Gervais-Aubourg, Tristan D. Lalla, Tracy Marcellin
Mireille Métellus, Éric Paulhus, Jason Selman

Conception
décor : Eo Sharp
costumes : Elen Ewing
éclairages : Luc Prairie
musique : Mathieu Désy
accessoires : Normand Blais

Assistance mise en scène
Elaine Normandeau
Dayane Ntibarikure

Résumé

Trois générations d’une famille afro-américaine, les Younger, vivent entassées dans un appartement d’un quartier pauvre de Chicago. Nous sommes dans les années 50 et chacun des membres de ce foyer voit ses opportunités limitées par la domination blanche. Ils aspirent malgré tout à une vie meilleure et leurs rêves s’enflamment alors que la prime d’assurance du patriarche décédé est sur le point d’arriver. Mama envisage d’acheter une maison ; son fils Walter Lee veut investir dans un magasin d’alcool ; Beneatha, la cadette, dégourdie et idéaliste, veut poursuivre ses études en médecine. Tandis que chacun entrevoit enfin la chance de s’élever, une crise familiale éclate. Dix mille dollars c’est beaucoup, mais insuffisant pour réaliser tous les rêves et pour anéantir toute injustice.

Dans un monde dur et en mutation, les luttes héroïques des Younger tissent une histoire intemporelle d’espoir, d’amour et de courage. Au coeur de celle-ci se dégage la force des femmes, doublement opprimées puis tiraillées entre un besoin de s’émanciper « à l’Américaine » et la préservation de leur identité noire. Ce récit visionnaire de la dramaturge Lorraine Hansberry, première pièce d’une Afro-Américaine à être produite à Broadway, a marqué un tournant dans l’histoire du théâtre. Attirant les foules, elle récoltait en 1959 le New York Drama Critics’ Circle Award de la meilleure pièce, une première pour un auteur noir. S’imposant comme une oeuvre phare de son époque et bien au-delà, cette pièce demeure l’une des plus inspirantes de la dramaturgie américaine.

CRITIQUE

Des escaliers de bois à l’arrière et à l’avant-scène, le petit appartement où vivent les Younger dans le South Side, à Chicago. Si petit, que Travis, le plus jeune doit dormir sur le sofa. L’héritage, c’est le montant de la police d’assurance-vie du père décédé. Chacun des membres de la famille nourrit le rêve de se sortir de là et espère bien le réaliser avec cet héritage.

La mère Lena décide d’investir une partie de l’argent dans l’achat d’une maison. Une maison dont elle sera fière. Elle a aussi remis près du double du dépôt fait sur la maison à son fils pour qu’il le gère pour la famille. Il croit faire un bon «deal» en confiant la somme à un ami qui lui vend du rêve et il perd tout.

Or cette maison que Lena a achetée est située dans un quartier blanc. Un de ses futurs voisins, qui ne veut absolument pas les avoir à côté de chez lui, vient lui proposer de racheter sa maison à un bien meilleur prix que ce qu’elle a payé. Du même coup, elle pourrait récupérer tout l’argent que Walter Lee, son fils, a perdu.

Ce qui, pour moi, aurait été un dilemme ne l’est absolument pas pour eux. Ils veulent leur maison et ils déménageront. Ça n’est plus une question de choix monétaire, mais plutôt l’immense besoin de ne plus être traité comme des citoyens de second ordre. Je crois qu’il faut avoir vécu une telle situation pour comprendre l’urgence de leur revendication. La pièce nous fait voir la vie sous un autre angle.

La mise en scène est réussie et les acteurs sont excellents, chacun rendant parfaitement les particularités de son personnage.

**** 0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu 3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

Au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts

Billetterie : http://www.duceppe.com ou http://www.laplacedesarts.com