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Le mercredi 29 octobre 2008, 20 h

Hommage à la création musicale

Susanna Mälkki
de l’Ensemble Intercontemporain à Paris
pour la première fois au Canada

Chantal Juillet de retour à l’OSM

Walter Boudreau dirige des œuvres
de Reich, Vivier et Frehner

Projection de films sur écran géant

Susanna Mälkki, directrice musicale de l’Ensemble Intercontemporain à Paris, fera ses débuts canadiens à l’Orchestre symphonique de Montréal lors d’un concert hors-série présenté au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts le 29 octobre prochain. Fondé par nul autre que le compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez en 1976, l’Ensemble Intercontemporain est une des formations les plus en vue au monde. Un programme unique et audacieux réunira Madame Mälkki, le directeur musical de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ), Walter Boudreau, et la violoniste Chantal Juillet. Des extraits du film Journal d’une création (James Dormeyer), ainsi que la vidéo stylisée City Life (Jérôme Bosc), seront projetés sur écran géant pendant le concert, alors que des œuvres de Frehner, Prévost, Ligeti, Reich et Vivier seront interprétées par les musiciens de l’OSM.

Au cœur de la 75e saison de l’OSM, ce concert est intimement lié à deux compositeurs québécois incontournables, soulignant le 60e anniversaire et les 25 ans du décès de Claude Vivier, ainsi que le 10e anniversaire de la création, par Chantal Juillet et l’OSM, du Concerto pour violon d’André Prévost. En outre, l’Orchestre interprétera Lila du Canadien Paul Frehner, lauréat pour cette même œuvre du Prix national Claude-Vivier remis en 2007 dans le cadre du Prix international de Composition de l’OSM.

Susanna Mälkki

Directrice musicale de l’Ensemble Intercontemporain depuis 2005, Susanna Mälkki a rapidement obtenu une reconnaissance internationale pour son talent en direction d’orchestre. Profondément engagée au service de la musique contemporaine, elle est une des rares femmes chefs d’orchestre menant une carrière d’envergure internationale. Elle a dirigé la création mondiale et la première nord-américaine de l’oratorio La Passion de Simone de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, ce dernier événement étant salué par le New York Times. Elle a notamment collaboré avec le Klangforum Wien, le Birmingham Contemporary Music Group et les ensembles ASKO et Avanti!. Elle a également dirigé de nombreux autres prestigieux ensembles tels que l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, l’Orchestre symphonique de Birmingham, l’Orchestre philharmonique d’Oslo, l’Orchestre philharmonique de Munich, l’Orchestre symphonique national danois, l’Orchestre philharmonique de Berlin, l’Orchestre symphonique de la NDR, l’Orchestre symphonique de Vienne, l’Orchestre philharmonique de Radio France et les orchestres symphoniques de la Radio suédoise et de Cincinnati.

Walter Boudreau

Walter Boudreau a œuvré de façon très active, depuis le début des années 70, dans le milieu de la création musicale québécoise. Directeur artistique et le chef attitré de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) depuis 1988, il a collaboré sur une base régulière avec l’OSM dans le cadre de projets d’envergure (OSMCQ, Symphonie du Millénaire, Musimars, MNM…). En 1968, avec le poète Raoul Duguay, il fonde l’Infonie, un ensemble bigarré d’environ 33 membres qui se situe entre le happening, le jazz, la musique contemporaine et le multimédia.

Compositeur et chef d’orchestre né à Montréal, son travail comme directeur artistique de la SMCQ a été récompensé par le Grand Prix du Conseil des Arts de la CACUM. Il a également reçu le Premier Prix au premier Concours National de Radio-Canada pour les jeunes compositeurs, le Prix Jules-Léger pour la nouvelle musique de chambre, le Grand Prix Paul Gilson de la CRPLF, à Paris, et plusieurs prix Opus. Le Conseil des Arts du Canada lui a octroyé le Prix Molson, une bourse couronnant l’ensemble de sa carrière. Il a remporté un Masque, prix décerné par le Conseil québécois de la musique, ainsi que le prix Gascon-Roux du public du Théâtre du Nouveau Monde pour la meilleure conception sonore au théâtre. Finalement, il a reçu le Prix Denise-Pelletier pour les arts de la scène, la plus haute distinction offerte par le gouvernement du Québec dans les domaines de la culture et des sciences.

Chantal Juillet

L’OSM entretient depuis longtemps des liens privilégiés avec la violoniste Chantal Juillet. Lauréate du Concours OSM en 1974, membre de l’OSM dès 1985, elle a été nommée au poste de violon solo associé en 1990 et s’est produite à de nombreuses reprises en tant que soliste avec l’Orchestre.

Reconnue comme l’une des plus brillantes musiciennes au pays, elle connaît une carrière internationale qui l’amène à se produire sur les cinq continents. Elle est fréquemment invitée par des formations aussi prestigieuses que l’Orchestre de Paris, l’Orchestre national de France, le London Philharmonic, la London Philharmonia, l’English Chamber Orchestra, le Concertgebouw d’Amsterdam et de La Haye, l’Orchestre symphonique de Vienne, la Gewandhaus de Leipzig et l’Orchestre philharmonique de Munich. Invitée régulièrement par de grands orchestres américains tels que ceux de Philadelphie, de Pittsburgh, de Boston et de New York, la violoniste a participé en outre à de nombreuses tournées en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, au Japon, en Chine et en Australie. Elle est aujourd’hui directrice artistique du Saratoga Chamber Music Festival qu’elle a fondé en 1991.

Les œuvres au programme

André Prévost, Concerto pour violon

Lors du concert, on soulignera notamment le 10e anniversaire de création du Concerto pour violon d’André Prévost, qui avait été commandé par l’OSM et Chantal Juillet. Fasciné par l’acte créateur, le réalisateur James Dormeyer a été pendant deux ans, jour après jour, le témoin privilégié de la création de cette œuvre, de la première esquisse jusqu’au concert final, donné par Chantal Juillet et l’OSM à la Place des Arts. Le film qu’il a ainsi réalisé s’intitule Journal d’une création, et un extrait en sera présenté pendant le concert. James Dormeyer s’est attaché à rendre, avec le plus de clarté possible, non seulement les subtilités d’un langage musical complexe, mais aussi les mouvements de l’âme qui ont été à la source de cette œuvre, chez son auteur comme chez ses interprètes.

Né en France, James Dormeyer s’est établi au Canada en 1965 et est devenu réalisateur à Radio-Canada en 1968. Il a réalisé des émissions dans plusieurs domaines allant de la variété à l’information en passant par les émissions pour enfants, les émissions dramatiques et les programmes musicaux.

Claude Vivier, Orion

Orion, du Montréalais Claude Vivier, compositeur dont on souligne le 60e anniversaire de naissance et les 25 ans du décès, fut commandé et créé par l’OSM en 1980. L’œuvre est également présentée dans le cadre de la série Hommage à Claude Vivier du Festival Montréal/Nouvelles Musiques.

L’art de Vivier se fonde sur une mélodie. « Il faut que je me sente “près” de mon matériel musical, que je le vive », affirmait Vivier. György Ligeti considérait la musique de Claude Vivier comme étant l’une des plus originales de son époque.

Steve Reich, City Life

Le célèbre compositeur américain Steve Reich est à l’honneur avec son City Life, pour ensemble instrumental et échantillonneur, une œuvre particulièrement dense qui présente un Nouveau Monde de l’excès et de la démesure mis en images par Jérôme Bosc et présenté sur écran géant. City Life intègre à la composition des bruits de la vie réelle enregistrés à New York : portières de taxis, sirènes et alarmes en tous genres qui dialoguent avec les musiciens. Cette œuvre, l’une des plus enthousiasmantes du compositeur, sera interprétée pour la première fois par l’OSM.

L’an dernier à l’OSM, Buster de Jérôme Bosc, un montage réalisé à partir de films de Buster Keaton, était projeté avec l’œuvre Fearful Symmetries de John Adams. Le film a connu un grand succès et suscité l’enthousiasme du public.

György Ligeti, Lontano

Lontano de György Ligeti est une œuvre phare du XXe siècle. Bien qu’elle soit l’une des plus connues du compositeur récemment décédé (2006), on a rarement la chance de l’entendre en concert. L’OSM l’a interprétée pour la dernière fois en 1981 sous la direction de Charles Dutoit.

Le réalisateur Stanley Kubrick utilisa plusieurs fois la musique de György Ligeti dans ses films, en particulier `Atmosphères, Requiem, Lux Æterna dans « 2001, l’odyssée de l’espace » et Musica Ricercata dans « Eyes Wide Shut ».

Paul Frehner, Lila

En 2007, le Canadien Paul Frehner remportait avec Lila le Prix national Claude-Vivier du Prix international de composition de l’OSM. Lila est un mythe de la création hindoustani dans lequel Brahman se transforme en l’univers. C’est un « jeu rythmique qui se déroule en cycles sans fin, l’Un devenant la multitude et la multitude redevenant l’Un. Dans Lila, il n’y a pas de références audibles évidentes à la tradition musicale orientale. Les aspects rythmiques et métriques de la partition sont cependant déterminés par une interprétation personnelle et par l’application de Jhumra, une structure métrique cyclique de 14 battements utilisée dans les traditions de musique classique indienne. »

Concerts hors série

Susanna Mälkki et Walter Boudreau, chefs d’orchestre
Chantal Juillet, violon

György Ligeti, Lontano
André Prévost, Concerto pour violon (créé par Chantal Juillet) (avec projection du film Journal d’une création de James Dormeyer)
Paul Frehner, Lila
Steve Reich, City Life (avec projection du vidéo City Life de Jérome Bosc)
Claude Vivier, Orion

Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts

Billets à partir de 24,75 $ – 15-30 ans : 15 $

Informations et réservations : 514-842-9951 ou www.osm.ca

L’Orchestre symphonique de Montréal est présenté par Hydro-Québec
en collaboration avec Banque Nationale Groupe Financier