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Du 28 février au 25 mars 2006
du mardi au vendredi à 20 h, les samedis à 15 h et 20 h

Le TNM présente Hosanna de Michel Tremblay, mise en scène Serge Denoncourt, avec Benoît Brière, Normand d’Amour

QUI A PEUR D’ELIZABETH TAYLOR?
Hosanna de Michel Tremblay fait partie de ces graves et grandes pièces qui marquent à jamais une dramaturgie. Entre les quatre murs d’une garçonnière on ne peut plus kitsch, on y découvre un couple, Hosanna et Cuirette, Claude et Raymond sur les registres publics, qui se déchirent et s’aiment dans un même mouvement. Agglutinés l’un à l’autre tels des frères siamois, ils s’entredévorent sans jamais se séparer. En cela, cette oeuvre de Tremblay fait écho de manière inquiétante au célèbre Qui a peur de Virginia Woolf? du dramaturge américain
Edward Albee, mettant aussi en scène un couple ne semblant vivre que pour se faire du mal.

MON AMI, MON AMOUR; MON ENNEMI, MON ALTER EGO
Au retour d’une soirée que l’on devine funeste, Hosanna, habillé en Elizabeth Taylor telle qu’on la voit dans la production cinématographique Cléopâtre, tente tant bien que mal de se remettre de sa détresse et de sa colère. Cuirette, son homme, l’a trahi. Complice de tout ce que compte Montréal de travestis, il a fomenté avec eux une terrible vengeance. Tandis qu’il assiste penaud à la déconvenue de son amant, leurs échanges se transforment peu à peu en attaques de plus en plus venimeuses.

MON MASQUE, MON MIROIR
Lors de sa création en 1973, c’est l’homosexualité aussi fantasque qu’exacerbée des deux protagonistes qui avait bien évidemment enflammé les esprits. Quelque trente ans plus tard, nous avons enfin l’occasion de voir cette oeuvre pour ce qu’elle est : une terrible exploration du malheur d’être soi. Les deux personnages de cette pièce, en effet, ne sont peut-être, au fond, ni des hommes, ni des femmes, mais deux malheureuses poupées russes étouffant sous leurs couches de fantasmes et de mensonges. Claude, en effet, a choisi de s’appeler Hosanna, se déguise en Taylor déguisée en reine Cléopâtre, tandis que Raymond, pour sa part, se cache derrière le surnom de Cuirette, s’enfouit dans son habit de gars de bécycle devenu trop étroit et s’abrutit de speed et d’alcool. Au cours de cette épique bataille, ils réaliseront tous deux combien il leur est devenu difficile de vivre derrière cette accumulation de paravents.

NOTRE MOLIÈRE À NOUS, IL EST ENCORE VIVANT, IL A 50 ANS ET
IL S’APPELLE MICHEL TREMBLAY — ROBERT LEPAGE

Si Michel Tremblay se consacre surtout au roman depuis une quinzaine d’années, il ne faut pas pour autant oublier qu’il est un extraordinaire dramaturge. Hosanna, créée en 1973, est un des points d’orgue de son cycle théâtral dit des belles-soeurs. Cette pièce-culte, traduite en néerlandais, en allemand, en hébreu, en portugais, en japonais, en finnois, en italien et en anglais, compte parmi ses oeuvres les plus montées à l’étranger et reste la preuve parfaite que
l’universel se loge toujours dans le local et le concret. Hosanna n’est dès lors pas plus une pièce sur l’homosexualité que sur le problème identitaire québécois.
C’est une oeuvre sur la complexité de l’humanité.

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«CLÉOPÂTRE EST MORTE, PIS LE PARC
LAFONTAINE EST TOUTE ILLUMINÉ!» — HOSANNA
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REPRÉSENTER L’INNOMMABLE
Serge Denoncourt, qui nous a déjà donné d’exceptionnelles belles-soeurs, est unanimement célébré pour la richesse visuelle de ses mises en scène. Après Le Temps et la Chambre, Les Estivants et La Cerisaie, il revient en forceau TNM en nous donnant à voir la nudité première d’Hosanna. Fait aussi novateur,sa vision de la pièce démontre qu’elle ne se préoccupe pas uniquement de l’ambiguïté identitaire de tous et chacun, mais aussi du désarroi qu’entraîne la
déliquescence du monde, des rêves et des corps.

De plus, cette production d’Hosanna se double du grand bonheur de revoir sur scène l’exceptionnel Benoît Brière. Celui-ci effectue un grand retour au TNM en incarnant une Hosanna aussi inclassable que troublante. Si son grand talent
pour la comédie n’est plus à démontrer, cet immense rôle dramatique nous dévoilera toute la palette de son savoir-faire. Sachant allier force et fragilité, Normand D’Amour, de son côté, mettra toute sa puissance et sa délicatesse au service de Cuirette, ce faux dur affligé d’une inconsolable nostalgie.

Serge Denoncourt s’est entouré d’une exceptionnelle équipe de concepteurs: Guillaume Lord au décor, François Barbeau aux costumes, Martin Labrecque aux éclairages, Nicolas Basque à la conception sonore, Jacques-Lee Pelletier aux maquillages et Carol Gagné aux coiffures et aux perruques. Michèle Magnan signe les accessoires et Suzanne Crocker assure la régie et
l’assistance à la mise en scène.

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«Y’A DU MONDE, COMME ÇA, QUI MÉRITE
PAS DE VIVRE PARCE QUE LEURS NOMS
SONT TROP LAIDS!» — HOSANNA
«QUAND J’ME R’GARDE DANS TON MAUDIT MIROIR OUSQU’ON VOIT TOUTE AU COMPLET,
J’AI ENVIE DE CRIER AU MEURTRE PIS DE ME SAUVER EN COURANT.» — CUIRETTE
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Au Théâtre du Nouveau Monde
84 rue Sainte-Catherine Ouest

Renseignements et réservations : Billetterie du TNM au 514.866.8668
ou sur le site

Les sorties du TNM 6 avril Trois-Rivières, 8 avril Chicoutimi, 19 avril Drummondville, 21 et 22 avril Gatineau, 25 avril Sherbrooke, 30 avril Ste-Foy, 2 mai Rimouski, 9 mai Laval.