Art et culture
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Jocelyne Tourangelle (il s’agit d’un pseudonyme) est une très vieille amie – nous nous sommes connues à vingt ans, imaginez! Et déjà, à l’époque, elle contribuait à m’ouvrir l’esprit! Nourrie d’art et d’imaginaire depuis sa tendre enfance, elle a développé son sens critique au fil de ses amours; son âme d’artiste fait le reste. C’est avec un immense plaisir que je la recevrai régulièrement dans ces pages à titre de collaboratrice spéciale!

L’exposition présente la plus grande rétrospective canadienne jamais consacrée à l’artiste français. Elle nous vient du Centre Pompidou de Paris et réunit plus de 700 œuvres dont des dessins, des photographies, des manuscrits, des sculptures, des objets et des documents audiovisuels inédits illustrant de manière complète les diverses facettes de Cocteau écrivain, dramaturge, poète, dessinateur d’exception et cinéaste admiré; il fut sans doute l’un des créateurs les plus féconds du milieu du XXe siècle.

Époustouflante, cette exposition! Ses collages rappellent Andy Warhol, artiste américain des années 1960.

On y présente des extraits de ses films surréalistes : la Belle traverse un château en courant, et les chandeliers tenus par des mains la suivent pour l’éclairer… Un Homme cherche à traverser un miroir pour trouver sa Vérité; une Vénus sans bras lui répétant sans cesse : « Essaye! » rappelle Alice au pays des merveilles…

Fascinants, ses portraits sans visage et ses masques en cure-pipes! Ça nous laisse le loisir de superposer le visage qu’on veut sur ses dessins…

J’ai adoré ses autoportraits. Le dessin juste, le texte fracassant : « Le luxe de la poésie écrase peu de monde ». Obsédé par les mains, il en dessine de superbes, érotiques ou surréalistes. La ligne pure, toujours : « Je fais un travail de poète et d’écrivain. Ce qui importe c’est la vie de la ligne. L’écriture c’est le dessin noué autrement et le dessin c’est l’écriture sous une autre forme. »

Comme il le dit de lui-même, il possède la faculté de dérangement. Jean Cocteau n’était pas une petite nature. Il a frayé avec les grands artistes de son époque, Modigliani, Picasso, Stravinski. Il était la coqueluche des soirées artistiques, mais il dérangeait. Quant à moi, il a réussi à m’émerveiller. Un « must »!

Au Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’au 29 août

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