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Les 28, 29, 30, 31 mars et 1er avril 2006, à 20 h

Jean-Louis Trintignant Dit Apollinaire

Une présentation du Studio littéraire de la Place des Arts en collaboration avec le Consulat général de France à Québec dans le cadre de Montréal, capitale mondiale du livre.

En mai 2000, le Festival international de la littérature (FIL) avait eu le plaisir d’accueillir Jean-Louis Trintignant pour la présentation de son spectacle La Valse des adieux de Louis Aragon. Il a souhaité revenir à Montréal pour partager avec nous cette soirée consacrée à la poésie de Guillaume Apollinaire, spectacle créé à l’origine en duo avec sa fille Marie et qu’il a choisi de reprendre seul. « Assis devant une petite table, sur laquelle est posé un cahier, il fait entendre la voix du « mal-aimé » qui connut des amours sublimes. Une ombre l’entoure, deux musiciens l’accompagnent. Il est là tout simplement, dans un dépouillement absolu. Et c’est un grand moment. » (Le Monde).

Figure emblématique du renouveau poétique du début du XXe siècle, Apollinaire (1880-1918) vécut avec intensité sa courte vie. Vie de combats, d’amitiés célèbres – Picasso, Max Jacob, Derain – et d’amours passionnés, dont sa liaison avec Louise de Coligny-Chatillon, Lou, au début de la guerre 14-18, où il s’était engagé. Blessé à la tête en 1916, il mourra à Paris, deux ans plus tard, de la grippe espagnole, à 38 ans. Précurseur du surréalisme, initiateur de l’art moderne, sa poésie visuelle n’en rend pas moins les échos d’un temps et d’un cœur tourmentés.

Essentiellement composé d’extraits du recueil Alcools (1913) et des Poèmes à Lou, écrits en 1914-1915, où les thèmes de la guerre et de l’amour, de l’érotisme s’entremêlent, le spectacle littéraire Jean-Louis Trintignant dit Apollinaire se veut un hommage sobre et ému à la vie fulgurante et si fragile.

Programme

Textes de Guillaume Apollinaire
Extraits de Poèmes à Lou et Alcools

Musique de Daniel Mille et Erik Satie

Interprète
Jean-Louis Trintignant

Musiciens
Daniel Mille (accordéon, arrangements et direction musicale)
Grégoire Korniluk (violoncelle)

Mise en scène
Marie-Hélène Sarrazin

Lumières
Alain Poisson

Une production de Scène Indépendante Contemporaine (SIC) – Théâtre de la Madeleine.
Une présentation du Festival international de la littérature (FIL) en collaboration avec le Studio littéraire de la Place des Arts et le Consulat général de France à Québec dans le cadre de Montréal, capitale mondiale du livre.

Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d’autobus mugissants près de toi roulent
L’angoisse de l’amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l’ancien temps tu entrerais dans un monastère
Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière
Tu te moques de toi et comme le feu de l’Enfer ton rire pétille
Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie
C’est un tableau pendu dans un sombre musée
Et quelquefois tu vas le regarder de près

Aujourd’hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C’était et je voudrais ne pas m’en souvenir
c’était au déclin de la beauté.

GUILLAUME APOLLINAIRE, extrait de Zone (Gallimard)

CE QU’ILS EN ONT DIT…
« Sans jamais se lever, l’acteur en pull sombre et pantalon beige habite la scène, de toute sa présence, même pendant les silences. De sa belle voix grave, il convie à une cérémonie et nous communions avec le poète et le comédien. Nous sommes bien au théâtre face à la pudeur et au talent. On entend bientôt plus que le poète et la sublime berceuse de Satie. Un moment de théâtre, de vie, extraordinaire. Un cadeau. »
Vincent Josse, France Inter
« Il fait comme s’il les lisait ces poèmes, mais il y a longtemps qu’il les sait par cœur ! Sa voix rehausse les nuances. On est dans l’épure, l’extrême simplicité du dire, le dépouillement, la transparence, la palpitation, l’art du suspens discret. L’érudition est précieuse, la diction précise, l’émotion palpable. Quant à l’accordéon aristocratique et au subtil violoncelle, ils donnent une couleur déchirante de jamais plus à ces instants. »
Armelle Héliot, Le Figaro
« Ultime célébration à trois voix de la source vive Apollinaire. Revoilà Jean-Louis Trintignant qui, en 1999, nous avait fait mieux connaître le canonnier Kostrowitzky (le vrai nom du poète), 38e d’artillerie à Nîmes, à l’époque où venant d’éprouver le coup de foudre pour Louise de Coligny-Châtillon, étreinte huit jours à Nice et à Grasse, culbutée de façon ravageuse et lyrique dans des chambres d’hôtel, transfigurée parfois par des fumées d’opium. Huit jours d’empoignades drues, un univers de rêve dont il s’est nourri pendant des mois au front. Il s’agit cette fois d’une rare soirée, incantée par ce veilleur mélancolique, une messe discrète. »
Bernard Thomas, Le Canard enchaîné
« Spleen berceur et dépouillement absolu. C’est une brûlure du cœur sous une infinitude de glace; et cette sérénité rejoint l’innocence de l’enfant à son pupitre. »
Michel Cournot, Le Monde

À la Cinquième Salle de la Place des Arts

Renseignements et réservations : Billetterie de la Place des Arts 514-842-2112 ou 1-866-842-2112 ou sur le site