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Jeunesse, amitié, amour… sous les toits de Paris

 Extraits musicaux/ Pub télé/ Balado/ Vidéo

L’Opéra de Montréal termine sa 37e saison avec le classique des classiques : La bohème, de Puccini, l’un des opéras les plus aimés de tout le répertoire. Dans ce Paris du 19e siècle, c’est l’amitié, le partage et l’amour que nous célébrerons dans un écrin qui redonne vie aux ma nsardes parisiennes. La bohème prend l’affiche pendant quatre soirs, soit les 20, 23, 25 et 27 mai prochains à 19 h 30 à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Une production de l’Opéra de Montréal dans une présentation BMO Groupe financier.

Les artistes

Dans cette reprise de la production de 2011, l’Opéra de Montréal a réuni une distribution jeune et entièrement canadienne. Menant cette distribution avec le talent qu’on ne cesse de lui découvrir, la soprano France Bellemare, lauréate au Concours musical international de Montréal en juin 2015 et boursière de la Fondation Jacqueline Desmarais (2013-2015), poursuit son parcours prometteur en interprétant la bouleversante Mimi. Son Rodolfo est le ténor québécois Luc Robert qui a récemment fait son entrée au Metropolitan Opera. Les rôles de ses amis « bohémiens » sont tenus par plusieurs autres anciens artistes de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal : la soprano Lucia Cesaroni (Musetta), le baryton Justin Welsh (Marcello), Christopher Dunham (Schaunard) et Alexandre Sylvestre qui reprend son rôle de Colline. Parpignol est interprété par l’éclectique ténor Isabeau ProulxLemire, actuel membre de l’Atelier lyrique, le Douanier par le baryton-basse Clermont Tremblay, Alcindoro/Benoît par la basse Claude Grenier et le Sergent, par la basse Alain Duguay. À la mise en scène : Alain Gauthier, applaudi pour ses mises en scènes à la fois inventives et classiques, et plus récemment pour Elektra qui aura marqué la scène montréalaise en 2015. La scénographie est signée Olivier Landreville, actif en théâtre comme en télé, qui a aussi signé pour la compagnie Pagliacci/Schicchi en 2009 et récipiendaire du Prix Opus « Spectacle de l’année ». Le chef d’orchestre James Meena dirige l’Orchestre Métropolitain, les éclairages sont de Claude Accolas et les costumes de l’Opéra de Montréal.

Puccini, peintre de l’âme humaine

Originaire d’une longue lignée de musiciens, orphelin de père à cinq ans, Giacomo Puccini découvre sa vraie vocation en assistant à une représentation d’Aïda de Verdi. Après des essais plus ou moins fructueux, il remporte son premier succès avec Manon Lescaut, en 1893. À l’inverse des autres compositeurs italiens du passé (Rossini, Donizetti, Verdi…), Puccini mûrit longuement ses partitions, mais le succès est presque toujours au rendez-vous : La bohème (1896), Tosca (1900), Madama Butterfly (1905). Orchestrateur génial, mélodiste raffiné, véritable psychologue de la musique, Puccini excelle à peindre l’âme humaine et à faire jaillir les émotions les plus fortes. Igor Stravinski disait : « Lorsqu’on l’écoute, la musique de Puccini est plus belle que la dernière fois. » Pas étonnant que la liste des œuvres de Puccini soit constituée presque uniquement de succès !

« Amor !… Amor !… »

Lorsqu’il était étudiant au Conservatoire de Milan, Puccini vivait dans des conditions difficiles. Il a dû s’en souvenir au moment de mettre en musique La bohème, et c’est peut-être ce qui lui donne un indéniable cachet d’authenticité. Inspirée des Scènes de la vie de bohème, roman à succès du Français Henri Murger, l’œuvre est considérée comme l’un des meilleurs opéras romantiques. Sa gestation a été tumultueuse : un compositeur rival, Ruggero Leoncavallo, affirme avoir commencé à travailler sur le même sujet avant Puccini ! Le soir de la création, la critique est plutôt tiède.

Mais le public ne l’entend pas de cette oreille et La bohème fait bientôt le tour du monde. L’industrie du disque, qui vient de naître, multiplie les enregistrements des moments forts de la partition. À commencer par ceux d’Enrico Caruso, le célébrissime ténor qui enregistre à plusieurs reprises le fameux « Che gelida manina » de Rodolfo, suivi par 500 autres collègues dans les décennies qui suivent ! De même, pas une soprano, de Tebaldi à Netrebko, en passant par Callas, Caballé, Freni, Scotto, etc., n’a résisté au sublime « Si, mi chiamano Mimi ». La bohème serait, selon certaines sources, le deuxième opéra le plus représenté au monde – seulement dépassé par un autre titre de Puccini : Madama Butterfly. Par exemple, à Paris, entre 1898 (année de la création française) et 1951, on compte pas moins de mille représentations de La bohème, soit une moyenne de 200 par année !

Un succès du box-office

Pourquoi un tel succès ? Parce que cet opéra parle de chacun de nous… de notre jeunesse, de nos amours, de l’amitié, de la souffrance. La bohème a aussi cette qualité de faire passer le public par toute une gamme d’émotions, du rire le plus franc à la larme la plus brûlante. Œuvre aussi riche musicalement que dramatiquement, elle propose des couleurs orchestrales qui séduisent les critiques et des mélodies qui vont droit au cœur du public.

Une musique qui dit « vrai »

Le succès de La bohème tient aussi du fait que cette musique parle vrai. L’opéra offre au public italien les premières manifestations d’un mouvement artistique qu’on appellera le « vérisme » où on quitte les légendes et les mythes pour faire parler le « vrai » monde, le petit peuple qui souffre, mais dont les émotions sont si palpables et reconnaissables. C’est aussi une réforme de l’opéra qui délaisse la structure quelque peu artificielle des opéras à numéros, centrés sur les grands airs, pour une musique qui sert l’action. Adieu vocalises et virtuosité, place à l’authenticité de l’histoire et des sentiments, portée par une musique riche et expressive.

Résumé de l’histoire

À Paris, dans une froide mansarde, le jeune poète Rodolfo grelotte en compagnie de Marcello, le peintre. Des amis viennent les rejoindre : Colline le philosophe et Schaunard le musicien. La bande se réconforte et désespère en riant, dans l’attente de jours meilleurs. C’est Noël, mais au lieu d’aller réveillonner au café avec sa bande, Rodolfo reste seul pour écrire. Il ne reste pas seul longtemps : Mimi, une jeune et belle voisine, frappe à sa porte. Sa chandelle est morte, elle n’a plus de feu… Mais c’est plutôt une passion qui s’allume entre ces deux-là. Le même soir, Marcello se réconcilie pour la énième fois avec l’explosive Musetta. Les couples se font et se défont au rythme des saisons. Mais comment s’aimer quand on meurt de faim ? Rodolfo est rongé par la jalousie, Mimi par la maladie. Malgré la jeunesse, malgré l’amitié, la mort est au bout du chemin… mais chantée si magnifiquement !

Opéra : La bohème

Genre : Opéra

Structure : En quatre tableaux

Langues : En italien avec surtitres français et anglais

Livret : Luigi Illica et Giuseppe Giacosa

Création : Teatro Regio de Turin, le 1er février 1896

Production : Opéra de Montréal, 2011

Dernière présentation à l’Opéra de Montréal : mai 2011

PARLONS OPÉRA – GRATUIT

L’Opéra de Montréal sort de ses murs pour vous parler opéra. Parlons opéra! est notre nouvelle série d’initiation à chaque opéra de notre saison. Une semaine environ avant la première, en compagnie du musicologue Pierre Vachon (Ph.D.), d’un pianiste et d’un chanteur, plongez au cœur de chaque œuvre en 90 minutes (incluant une pause café) : histoire, musiques, voix, contexte culturel, compositeur, style…

Prochain rendez-vous : La bohème

FRANÇAIS : le dimanche 7 mai à 11 h

Lieu : Salle de concert du Conservatoire de musique de Montréal.

ANGLAIS : le dimanche 14 mai à 10h30

Lieu : Victoria Hall

Info

OPÉRA DE RUE – HUMANITUDES : QUAND L’OPÉRA EST INSTRUMENT DE RÉINSERTION SOCIALE

Le Sac à Dos et l’Opéra de Montréal s’associent dans un projet innovant favorisant par l’opéra la réinsertion sociale de personnes qui ont vécu une situation d’itinérance : Opéra de rue. Ce projet consiste en un échange créatif entre ces personnes et des artistes par la voie d’ateliers d’initiation à l’opéra et de création de leur oeuvre : Humanitudes. Musique : Éric Champagne. Livret : José Acquelin.

En première partie : concert de la soprano Marie-Josée Lord, porte-parole du projet.

Date : 15 mai, 19 h

Lieu : Cinquième Salle. Billets 65 $ sur placedesarts.com 

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#laboheme  

Opéra de Montréal | Saison 2016-2017 – 37e saison

Tous les opéras sont présentés en langue originelle, avec surtitres bilingues projetés au-dessus de la scène.

Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts (PDA)

PUCCINI – La bohème | 20, 23, 25, 27 mai 2017 à 19 h 30

Conception graphique de la campagne 2016-2017 de l’Opéra de Montréal : Brad

 Vente de Billets

Billets et info sur www.operademontreal.com/billets/billets-simples

Billetterie de la Place des Arts : 514-842-2112 • 1 866 842-2112

À partir de 20 $

Nouveautés cette saison

  1. Forfait famille: un nouveau rendez-vous familial pour préparer le public de demain, animé par le charmant et curieux Théo de la chaîne Yoopa.
  2. Forfait Ma première fois: parce qu’on n’oublie jamais sa première fois… visite des coulisses, bouchées, spectacle…
  3. Série Flex: une série opéra sur mesure
  4. 30 ans et moins: à 50 % de rabais, toutes catégories
  5. Jeunes associés: cocktails, réseautage

Info : operademontreal.com/billets

L’Opéra de Montréal

Fondé en 1980 et basé à Montréal, l’Opéra de Montréal est la plus importante maison lyrique francophone en Amérique du Nord. Chaque saison, près de 50 000 spectateurs franchissent ses portes. Dirigé par son directeur général Patrick Corrigan et son directeur artistique, Michel Beaulac, sa saison comprend quatre à cinq opéras, des activités/concerts de l’Atelier lyrique et des activités de démocratisation. L’Opéra est un acteur de premier plan dans le développement économique, culturel et social puisque, chaque saison, il entretient des relations avec plus de 360 entreprises d’ici et embauche pas moins de 800 artistes et artisans. Près de 80 % des artistes qui s’y produisent sont Canadiens.