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Les 21, 25, 28 et 30 mai,
et 2 et 4 (14 h) juin 2011 à 20 h


La bohème
de Giacomo Puccini

Nouvelle production de l’Opéra de Montréal

La fragilité du bonheur
L’Opéra de Montréal termine en beauté sa 31e saison avec une toute nouvelle production de La bohème, un des opéras les plus aimés de tout le répertoire. Pour insuffler une vie nouvelle au chef-d’œuvre de Puccini, l’Opéra de Montréal a fait appel aux meilleurs chanteurs canadiens du moment – des artistes qui ont l’âge de leurs personnages ! À la mise en scène, on retrouve Alain Gauthier, déjà applaudi ces dernières années pour ses mises en scènes à la fois inventives et classiques. Pour l’occasion, il retrouve le scénographe Olivier Landreville, avec qui il a collaboré pour Pagliacci/Schicchi, succès en 2009 à l’Opéra de Montréal et récipiendaire du Prix Opus « Spectacle de l’année ». L’opéra est présenté les 21, 25, 28 et 30 mai, et 2 et 4 (14 h) juin 2011 à 20 h à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

À la tête d’une distribution d’une rare homogénéité, on retrouve la soprano Marianne Fiset, gagnante de cinq prix lors du Concours international de musique de Montréal en 2007. En pleine ascension, elle fera ses débuts en 2012 à l’Opéra-Bastille de Paris, dans le rôle-titre de Manon de Massenet (en alternance avec Natalie Dessay). Elle offre à Montréal ses premiers pas dans le rôle de la bouleversante Mimi. Son Rodolfo sera Antoine Bélanger, une des plus belles voix de ténor du moment, les rôles de ses amis « bohémiens » étant tenus par plusieurs autres membres – anciens ou actuels – de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal : la soprano Lara Ciekiewicz (Musetta), le baryton Étienne Dupuis qui chante Marcello, une autre étoile montante de la scène lyrique qui multiplie les prises de rôles en Europe, Pierre Rancourt (Schaunard) et Alexandre Sylvestre (Colline). Le chef d’orchestre Giuseppe Pietraroia dirige l’Orchestre Métropolitain, les décors d’Olivier Landreville seront éclairés par Claude Accolas ; costumes de l’Opéra de Montréal.

Puccini, peintre de l’âme humaine

Originaire d’une longue lignée de musiciens, orphelin de père à cinq ans, Giacomo Puccini découvre sa vraie vocation en assistant à une représentation d’Aida de Verdi. Après des essais plus ou moins fructueux, il remporte son premier succès avec Manon Lescaut, en 1893. À l’inverse des autres compositeurs italiens du passé (Rossini, Donizetti, Verdi…), Puccini mûrit longuement ses partitions, mais le succès est presque toujours au rendez-vous : La bohème (1896), Tosca (1900), Madama Butterfly (1905). Orchestrateur génial, mélodiste raffiné, véritable psychologue de la musique, Puccini excelle à peindre l’âme humaine et à faire jaillir les émotions les plus fortes. Igor Stravinski disait : « Lorsqu’on l’écoute, la musique de Puccini est plus belle que la dernière fois. » Pas étonnant que la liste des œuvres de Puccini soit constituée presque uniquement de succès !

« Amor !… Amor !… »

Lorsqu’il était étudiant au Conservatoire de Milan, Puccini vivait dans des conditions difficiles. Il a dû s’en souvenir au moment de mettre en musique La bohème, et c’est peut-être ce qui lui donne un indéniable cachet d’authenticité. Inspiré des Scènes de la vie de bohème, roman à succès du Français Henri Murger, l’œuvre est considérée comme l’un des meilleurs opéras romantiques. Sa gestation a été tumultueuse : un compositeur rival, Ruggero Leoncavallo, affirme avoir commencé à travailler sur le même sujet avant Puccini ! Le soir de la création, la critique est plutôt tiède.

Mais le public ne l’entend pas de cette oreille et La bohème fait bientôt le tour du monde. L’industrie du disque, qui vient de naître, multiplie les enregistrements des moments forts de la partition. À commencer par ceux d’Enrico Caruso, le célébrissime ténor qui enregistre à plusieurs reprises le fameux « Che gelida manina » de Rodolfo, suivi par 500 autres collègues dans les décennies qui suivent ! De même, pas une soprano, de Tebaldi à Netrebko, en passant par Callas, Caballé, Freni, Scotto, etc., n’a résisté au sublime « Si, mi chiamano Mimi ». La bohème serait, selon certaines sources, le deuxième opéra le plus représenté au monde – seulement dépassé par un autre titre de Puccini : Madama Butterfly. Par exemple, à Paris, entre 1898 (année de la création française) et l951, on compte pas moins de mille représentations de La bohème, donc une moyenne de 200 par année !

Un succès du box office

Pourquoi un tel succès ? Peut-être que pour apprécier La bohème, il suffit d’avoir été jeune et d’avoir aimé, d’avoir eu des amis proches, d’avoir souffert… Mais La bohème a aussi ce don rare de faire passer le public par toute une gamme d’émotions, du rire le plus franc à la larme la plus brûlante. Œuvre aussi riche musicalement que dramatiquement, elle propose des couleurs orchestrales qui séduisent les critiques et des mélodies qui vont droit au cœur du public.

Résumé de l’histoire

À Paris, dans une froide mansarde, le jeune poète Rodolfo grelotte en compagnie de Marcello, le peintre. Des amis viennent les rejoindre : Colline le philosophe et Schaunard le musicien. C’est Noël, mais au lieu d’aller réveillonner au café avec sa bande, Rodolfo reste seul pour écrire. Il ne reste pas seul longtemps : Mimi, une jeune et belle voisine, frappe à sa porte. Sa chandelle est morte, elle n’a plus de feu… Mais c’est plutôt une passion qui s’allume entre ces deux-là. Le même soir, Marcello se réconcilie pour la énième fois avec l’explosive Musetta. Les couples se font et se défont au rythme des saisons. Mais comment s’aimer quand on meurt de faim ? Rodolfo est rongé par la jalousie, Mimi par la maladie. Malgré la jeunesse, malgré l’amitié, la mort est au bout du chemin…

Opéra :La bohème
Genre : Opéra (« Scènes lyriques »)
Structure : En quatre actes
Langues : En italien avec surtitres français et anglais
Livret : Luigi Illica et Giuseppe Giacosa
Création : Teatro Regio de Turin, le 1er février 1896
Nouvelle production : Opéra de Montréal
Dernière présentation à l’Opéra de Montréal : janvier 2004

AUTOUR DE LA BOHÈME
Place à l’opéra
Les petits géants.
Un documentaire et un projet insolite : coOpéra

Depuis 7 ans, 125 jeunes du primaire des milieux défavorisés créent un spectacle musical à partir d’un opéra! Pendant toute l’année, ils écrivent le texte, créent les personnages, construisent les décors. Pour y arriver, toute une équipe les encadre : l’Opéra de Montréal et des formateurs spécialisés en musique, en mise en scène, en jeu scénique, en chant choral. Anaïs Barbeau-Lavalette (Le ring) et Emile Proulx-Cloutier ont coréalisé le documentaire Les petits géants où pendant un an, ils ont suivi 5 jeunes du projet, dans l’intimité de la vie familiale comme en classe et tout au long du projet. Un cheminement scolaire et humain sans pareil. Assistez à la projection du documentaire Les petits géants et rencontrez les coréalisateurs du film.

Grande Bibliothèque (auditorium)
jeudi 28 avril 2011, 19 h 30
Centre Segal (EspaceCinéma) – en anglais
mardi 3 mai 2011, 19 h 30

MétrOpéra
Autour de l’opéra, par les chanteurs de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal.
Date : le mardi 17 mai à 16 h 45, station Berri-UQAM. Gratuit. En collaboration avec la STM.

PréOpéra
Conférence sur l’œuvre, donnée par le musicologue Pierre Vachon avant chaque représentation, à 18 h 45 (soirée) ou 12 h 45 (matinée) au Piano Nobile de la PDA.

LES ARTISTES
Mimi
Marianne Fiset, soprano (Canada)

Depuis qu’elle a remporté, en mai 2007, cinq prix au Concours Musical International de Montréal, incluant le Premier Grand Prix et le Prix du Public, Marianne Fiset continue de recevoir les éloges tant de la critique que du public. Au cours des dernières années, elle s’est produite plusieurs fois à l’Opéra de Montréal, en plus de donner des récitals à Londres, Paris, Bruxelles, Genève, Vancouver, Montréal et Québec. De plus en plus présente sur la scène lyrique, elle a chanté des rôles avec l’Opéra de Québec, le Saskatoon Opera et le Vancouver Opera. Présente aussi au concert et dans les festivals, on l’a entendue avec Les Violons du Roy, l’Orchestre métropolitain, l’Orchestre symphonique de Vancouver, l’Orchestre symphonique de Toronto et l’Orchestre symphonique de Québec. Dernière présence à la compagnie : Le Gala (2009).

Rodolfo
Antoine Bélanger, ténor (Canada)

Ancien membre de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal pour lequel il a chanté Gonzalve (L’heure espagnole), Antoine Bélanger a fait ses débuts à l’Opéra de Montréal dans le rôle de l’Amant (Il tabarro) en 2006, pour ensuite y chanter Tybalt (Roméo et Juliette). Par la suite, il s’est produit en concert avec l’Orchestre symphonique de Sherbrooke et l’Ensemble Amati, en plus de participer à un récital à Lyon. Plus récemment, il a incarné Arturo (Lucia di Lammermoor) à l’Opéra de Montréal, Don José (Carmen) avec l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et tenu des parties de soliste dans La grande Messe de Gilles Vigneault avec l’Orchestre symphonique de Québec et dans le Requiem de Verdi avec le Chœur de Québec. Dernière présence à la compagnie : Simon Boccanegra (2010).

Marcello
Etienne Dupuis, baryton (Canada)

Habitué de la scène de l’Opéra de Montréal, Etienne Dupuis a notamment chanté le Mandarin (Turandot), Aeneas (Dido and Aeneas), le Dancaïre (Carmen), Johnny Rockfort (Starmania) et Silvio (Pagliacci). Il incarne Lescaut (Manon Lescaut) au New Israeli Opera, Bob (
The Old Maid and the Thief
) avec I Musici de Montréal, Marcello (La bohème) à l’Opéra de Québec et au Hawai Opera Theater, Papageno (La flûte enchantée) au Vancouver Opera et à l’Opéra de Tours, Mercutio (Roméo et Juliette) au Hawaii Opera Theatre, Figaro (Le barbier de Séville) à l’Opéra de Marseille, Silvano (Un bal masqué) à l’Opéra national de Paris, Lescaut (Manon) au Calgary Opera et Schaunard (La bohème) à l’Opéra de Monte-Carlo. Dernière présence à la compagnie : Le Gala (2009).

Musetta
Lara Ciekiewicz, soprano (Canada)

Ancienne membre de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, Lara Ciekiewicz séduit la critique par ses qualités de chanteuse et d’actrice, et par ses performances convaincantes, intelligentes et accomplies. On l’a entendue dernièrement dans Papagena (La flûte enchantée) à l’Opéra de Montréal, Éva (Nelligan) avec l’Atelier lyrique, le rôle-titre dans Comtesse Maritza avec le Toronto Operetta Theatre, comme soliste dans Le Messie avec la Sinfonia de Lanaudière et dans le Requiem de Mozart avec l’Orchestre symphonique de Laval. Plus tôt cette saison, elle a incarné Papagena (La flûte enchantée) au Manitoba Opera, en plus de chanter dans la symphonie de Penderecki, Les sept portes de Jérusalem, avec le Winnipeg Symphony. Dernière présence à la compagnie : La flûte enchantée (2009).

Chef d’orchestre
Giuseppe Pietraroia (Canada)

Récemment nommé directeur musical du Civic Orchestra de Victoria, Giuseppe Pietraroia occupe le même poste auprès de la Victoria Choral Society, en plus d’être chef en résidence du Pacific Opera Victoria et du Victoria Symphony. À titre de chef invité, il travaille avec Orchestra London, le Hamilton Philharmonic, l’Okanagan Symphony, le Vancouver Symphony, l’Orchestre métropolitain, le Festival de Lachine, l’Opéra de Montréal et Opera New Brunswick. Il a dirigé Toscaet
La traviata
à Opera New Brunswick, ainsi que Le barbier de Séville, La traviata, La bohème, Lucia di Lammermoor, Norma, Rigoletto, Manon Lescaut et Madama Butterfly pour Pacific Opera Victoria. Dernière présence à la compagnie : Madame Butterfly (2008).

Metteur en scène
Alain Gauthier (Canada)

Considéré par la critique comme une « valeur sûre » du milieu lyrique actuel, Alain Gauthier fait de plus en plus sa marque sur les scènes des maisons d’opéra nord-américaine. Son travail dans le doublé Pagliacci/Gianni Schicchi, présenté la saison dernière à l’Opéra de Montréal, a été salué par par le public et les critiques, en plus de remporter un Prix Opus. L’association d’Alain Gauthier avec l’Opéra de Montréal en est une de longue date : comme membre de l’Atelier lyrique en 1993 à titre de metteur en scène en résidence, comme directeur de scène et assistant metteur en scène. Pendant qu’il était à l’emploi de la compagnie, il a mis en pratique son expérience de la mise en scène pour un grand nombre d’œuvres, dont Suor Angelica, Il tabarro et Le barbier de Séville. Il a aussi remonté avec un immense succès la production de L’étoile du Glimmerglass Opera pour l’Opéra de Montréal, le Cincinnati Opera, le Austin Lyric Opera et le New York City Opera. Dernière présence à la compagnie : Pagliacci/Gianni Schicchi (2009).

OPÉRA DE MONTRÉAL | SAISON 1011
Tous les opéras sont présentés en langue originelle, avec surtitres bilingues projetés au-dessus de la scène.

SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS (PDA)
PUCCINI – La Bohème | 21, 25, 28, 30 mai & 2 juin 2011 à 20 h, & 4 juin à 14 h

BILLETS À LA PIÈCE

Sur operademontreal.com
Billetterie de la Place des Arts 514-842-2112 ou 1-866-842-2112 ou
www.laplacedesarts.com

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