Art et culture
Accueil -> culture -> Jocelyne Tourangeau -> Sons ->

Un film d’Alejandro Amenabar

Générique: Espagne – France – Italie 2004. Drame biographique de 125 min. Réalisation et montage: Alejandro Amenabar. Scénario: A. Amenabar, Mateo Gil. Photographie: Javier Aguirresarobe (Coul.). Musique: A. Amenabar, Carlos Nunez. Int.: Javier Bardem, Belen Rueda, Lola Duenas, Mabel Rivera, Celso Bugallo, Clara Segura.


Depuis 28 ans, Ramon Sampedro est cloué à son lit, devenu quadriplégique à la suite d’un accident sur une plage. Las de sa condition, il lutte avec acharnement pour le droit légitime de mourir, une bataille qui déchire profondément sa famille. Sa cause trouve un large écho parmi la population espagnole et suscite de vives critiques, entre autres de la part de l’Église catholique. Julia, son avocate, veut l’aider à affronter les tribunaux, l’encourageant aussi à publier un livre sur sa vie et son combat. Rosa, une amie, tente, avec maladresse, de le convaincre de renoncer au suicide. La décision de la Cour va cependant précipiter les événements.

Ramon ne veut plus de cette vie sans qualité. Il veut mettre fin à ses jours. Incapable de le faire seul, il entreprend une démarche auprès du tribunal espagnol pour que sa demande de suicide assisté soit acceptée. Il fonde toute sa démarche sur le raisonnement suivant : « La vie est un droit mais ce n’est pas une obligation ».

Le film rend exactement la situation de dépendance dans laquelle Ramon se trouve. Il vit dans la maison familiale où Manuella, sa belle-sœur, s’occupe de lui comme s’il était son propre fils. Son frère aîné subvient aux besoins de tous. Son neveu transcrit à l’ordinateur toutes les lettres qu’il veut envoyer. Son père lui bricole les outils auxquels il a pensé, de la corde qu’il tire par les dents pour répondre au téléphone au chevalet et porte-crayon qu’il utilise pour écrire avec la bouche.

Sa démarche auprès des tribunaux pour faire reconnaître son droit au suicide assisté lui fait rencontrer l’avocate, Julia, et l’animatrice de radio locale, Rosa, qui deviennent significatives dans sa vie, autant que ses amis qui ne l’ont jamais abandonné.

Amenabar excelle dans la façon de nous faire voir le point de vue de Ramon mais également le contrepoint du suicide assisté : l’acceptation de la vie telle quelle. Le fardeau porté par les aidants naturels est si bien présenté qu’on n’en sent pas le poids.

Bien que le sujet soit grave, le film est souvent léger, on y rit même de bon cœur. Le jeu des acteurs est très juste et souvent émouvant. Amenabar a certainement vécu de près de tels événements pour les rendre de façon aussi impeccable à l’écran.

Comme Ramon le dit : « Le seul rendez-vous qu’on ne manquera jamais, c’est celui avec la mort.» et malgré tout ce que nous pensons de nous-mêmes maintenant, nous ne nous connaîtrons vraiment que lorsque nous y serons confrontés.

Critique de Médiafilm: 3

Critique d’Uparathi: *****

1/2

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément