Art et culture
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DU 6 AU 31 MARS 2007
Du mardi au vendredi à 20 h
Les samedis à 15 h et 20 h

LA MOUETTE D’ ANTON TCHEKHOV
TEXTE FRANÇAIS : ELIZABETH BOURGETETRENÉ GINGRAS
MISE EN SCÈNE : YVES DESGAGNÉS

UN ESPRIT DE GROUPE, UN ESPRIT DE TROUPE

Les grandes oeuvres théâtrales sont souvent nées d’un esprit de groupe, d’un esprit de troupe. Yves Desgagnés le sait, comme nul autre metteur en scène québécois de sa génération. Plus de dix ans après Ivanov et Les Trois Soeurs, Desgagnés revient à Tchekhov comme on retrouve un vieil ami que ni la distance ni le temps ne sauraient éloigner. Il y revient en compagnie de camarades et de complices pour un doublé qui scelle une première collaboration entre le TNM et la Compagnie Jean Duceppe. Une même équipe d’acteurs et de concepteurs, neuf mois de gestation et voilà qu’après Oncle Vania, présenté avec l’immense succès que l’on sait l’automne dernier chez Duceppe, le projet se poursuit, la troupe traverse la rue et La Mouette prend l’affiche au TNM : une Mouette fragile et exaltée, tragique et poignante, qui nous redit que la nostalgie n’est plus ce qu’elle était…

YVES DESGAGNÉS OU
LE TRIOMPHE DE LA COMPLICITÉ

Metteur en scène, comédien, auteur et maintenant cinéaste, Yves Desgagnés fait feu de tout bois, de la création au répertoire, des oeuvres iconoclastes du Nouveau Théâtre Expérimental jusqu’au récent Roméo et Juliette au cinéma. Et ce parcours effervescent s’accompagne de grandes fidélités à ses traducteurs, à ses concepteurs, à certains acteurs avec qui il entretient un dialogue vieux de vingt-cinq ans. En 1980, au Conventum, il signait la mise en scène d’une pièce d’une jeune auteure du nom d’Elizabeth Bourget : Fais-moi mal, juste un peu. Trois ans plus tard, il créait Syncope d’un certain René Gingras. Ces deux dramaturges, qui ont marqué le théâtre québécois des années 1980, traduisent aujourd’hui Tchekhov pour lui. En 1987 et 1996, il dirigeait Patricia Nolin dans Tchekhov, Tchekhova; elle le retrouve à nouveau, lui qui lui a permis de jouer Olga Knipper et tant d’autres grands rôles. Oui, Yves Desgagnés est la fidélité faite homme. Parlez-en à Michel Dumont, à Maude Guérin, à la conceptrice de costumes Judy Jonker, à la compositrice Catherine Gadouas, au cinéaste et photographe Jean-Claude Labrecque qui, muni de son appareil photo, a accompagné la troupe Tchekhov depuis le début du projet et dont les photos seront publiées plus tard cette année dans un ouvrage témoignant de cette aventure. Ce sont ces longues fréquentations et ces amitiés particulières qui lui permettent d’aller si loin dans l’approfondissement d’une oeuvre. Qu’on se rappelle sa splendide trilogie Shakespeare au TNM : Le Songe d’une nuit d’été en 2000, Les Joyeuses Commères de Windsor en 2002 et La Nuit des rois en 2003. Yves Desgagnés est un artiste fidèle qui ne fait jamais les choses qu’une fois!

TCHEKHOV, MON SEMBLABLE, MON FRÈRE

Mais de tous ces amis et partenaires de création auxquels le metteur en scène revient toujours, le cher Anton Tchekhov occupe une place particulière. Yves Desgagnés le disait déjà il y a dix ans et le répète volontiers aujourd’hui :
«Donnez-moi un Tchekhov à monter, n’importe quand! Si j’avais le choix, je ne ferais que du Tchekhov. On le dit auteur de théâtre, mais pour moi, c’est un philosophe…» Accompagné de l’architecte scénographe Stéphane Roy, qui avait déjà transplanté l’action d’Ivanov dans un vaste champ de blé d’Inde et qui a signé au TNM des lieux et espaces inoubliables, Yves Desgagnés renoue donc avec son semblable, son frère. Deux pièces : Oncle Vania et maintenant La Mouette. Deux espaces scéniques formant un écho : deux variations sur un même pavillon de jardin, l’un automnal, l’autre printanier, visions d’un monde déclinant ou d’une jeunesse qui garde des «espoirs plein ses poches crevées». Et une même équipe d’acteurs formant la troupe Desgagnés, une troupe réunissant à la fois de grands arbres de la forêt théâtrale québécoise et d’impeccables représentants d’une nouvelle génération de comédiens doués, acteurs naissants mais déjà debout tels Catherine Trudeau et Maxim Gaudette, qui dessinent une trajectoire irréprochable dans le ciel du théâtre, du cinéma et de la télé. Ardents défenseurs d’oeuvres personnelles et d’écritures nouvelles (Le Traitement, L’Ange de goudron, Les Invincibles pour Catherine; La Promesse de l’aube, Gertrude [le cri], Cheech ou Les hommes de Chrysler sont en ville, L’Échange pour Maxim), ces jeunes acteurs fiévreux habitent les textes comme s’ils les avaient écrits eux-mêmes. L’automne dernier Catherine était Sonia, la nièce de Vania, secrètement amoureuse du médecin Astrov (Henri Chassé); aujourd’hui elle est la mouette, amoureuse de l’écrivain Trigorine (sous les traits à nouveau d’Henri Chassé). Maxim, présence silencieuse dans Oncle Vania, joue Tréplev dans La Mouette, le jeune auteur qui proclame qu’« il faut des formes nouvelles, il les faut, et si elles n’existent pas, mieux vaut que rien n’existe ».

LA RONDE DES AMOURS

La Mouette réunit onze solitudes, onze oiseaux en cage qui rêvent de s’envoler vers des cieux sans nuages. Ce sont des gens qui s’aiment, mais à contretemps : Arkadina, l’actrice célèbre, vit avec l’écrivain Trigorine, qui tombe amoureux de Nina, jeune fille rêvant de devenir comédienne et aimée sans retour par Tréplev, le fils d’Arkadina, qui tente d’exister face à une mère excessive. Tréplev est aimé de Macha, la fille du régisseur de la propriété qui elle, est aimée de l’instituteur Medviédenko, mais n’éprouve aucun sentiment pour lui. Seul Sorine, le frère d’Arkadina, n’aime pas. Il est vieux. Il y a Nina, bien sûr, portée par son rêve d’être actrice et qui, après deux ans d’errance, échouera au bord du même lac, les ailes déchirées. Et à travers les aspirations, les rêves, les illusions et les prétentions de ces personnages, ce sont nos propres sentiments que nous retrouvons, nos propres élans d’oiseaux que la vie finit par blesser.

LA MOUETTE EST L’IMMORTEL
CHEF-D’OEUVRE D’UN GÉOGRAPHE DE L’ÂME. C’EST L’OEUVRE D’UN TENDRE DONT LE REGARD AMUSE ET COMPATIT.

Avec JEAN-PIERRE CHARTRAND / HENRI CHASSÉ / MICHEL DUMONT / KATHLEEN FORTIN / MAXIM GAUDETTE / MAUDE GUÉRIN / ROGER LA RUE / JEAN-SÉBASTIEN LAVOIE / PATRICIA NOLIN / GÉRARD POIRIER / CATHERINE TRUDEAU
Assistance à la mise en scène et régie CLAUDE LEMELIN
Décor STÉPHANE ROY
Costumes JUDY JONKER
Éclairages ÉRIC CHAMPOUX
Musique CATHERINE GADOUAS
Accessoires NORMAND BLAIS
Maquillages FRANÇOIS CYR

«RIEN, JE ME FAIS UNE NOTE… UNE IDÉE QUI M’EST VENUE… UNE IDÉE POUR UNE NOUVELLE : UNE JEUNE FILLE VIT AU BORD D’UN LAC DEPUIS SON ENFANCE, COMME VOUS; ELLE AIME LE LAC, COMME UNE MOUETTE, ELLE EST HEUREUSE, ELLE EST LIBRE, COMME UNE MOUETTE. MAIS, PAR HASARD, UN HOMME PASSE ET, PARCE QU’IL N’A RIEN D’AUTRE À FAIRE, IL LA DÉTRUIT, COMME CETTE MOUETTE.» – TRIGORINE

AU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE
84 rue Sainte-Catherine Ouest
métro Place des Arts

Réservations 514.866.8668 ou sur le site du TNM

YVES DESGAGNÉS AUX BELLES SOIRÉES
La collaboration entre le TNM et Les Belles Soirées de l’Université de Montréal se poursuit avec une série de conférences autour de Tchekhov. Le 12 mars prochain, le metteur en scène Yves Desgagnés présentera sa vision de l’auteur
russe, son univers et ses personnages.

LES PERSONNAGES DE TCHEKHOV /
Invité : Roch Côté / Le lundi 5 mars de 19h30 à 21h30

UN UNIVERS PROCHE DE NOUS /
Invité : Yves Desgagnés / Le lundi 12 mars de 19h30 à 21h30

Renseignements sur le site des Belles soirées… ou au 514.343.2020

«RIEN, JE ME FAIS UNE NOTE… UNE IDÉE QUI M’EST VENUE… UNE IDÉE POUR UNE NOUVELLE : UNE JEUNE FILLE VIT AU BORD D’UN LAC DEPUIS SON ENFANCE, COMME VOUS; ELLE AIME LE LAC, COMME UNE MOUETTE, ELLE EST HEUREUSE, ELLE EST LIBRE, COMME UNE MOUETTE. MAIS, PAR HASARD, UN HOMME PASSE ET, PARCE QU’IL
N’A RIEN D’AUTRE À FAIRE, IL LA DÉTRUIT, COMME CETTE MOUETTE.» – TRIGORINE