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Le mardi 6 juin 2006, 20 h
et autres dates plus bas

Un événement symphonique inédit à Montréal

La Nouvele Sinfonie
Direction musicale : Hervé Niquet
Mécène Fondateur : Fondation BNP Paribas

La Nouvele Sinfonie, orchestre baroque jouant sur instruments d’époque, et fondé à Montréal en septembre 2002 par le chef d’orchestre français Hervé Niquet, spécialiste du répertoire des 17e et 18e siècles, proposera au public montréalais une promenade symphonique dans le Paris révolutionnaire, le mardi 6 juin 2006 à 20 h à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau.

Le programme sera composé des œuvres suivantes :

Symphonie en ré majeur,
Henri-Joseph RIGEL (1741-1799)
1ère Symphonie,
Etienne-Nicolas MEHUL (1763-1817)
39e Symphonie,
Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
(à l’occasion du 250e anniversaire de sa naissance)

La Symphonie en ré majeur de Rigel sera présentée en première mondiale (depuis le 18e siècle) et la partition de cette œuvre, jusqu’ici inédite, a été préparée spécialement pour La Nouvele Sinfonie par le Centre de Musique Baroque de Versailles. La 1ère Symphonie de Méhul et la 39e Symphonie de Mozart seront quant à elles jouées pour la première fois à Montréal sur instruments d’époque.

Pour faire revivre ses œuvres dans tout l’éclat de leur richesse sonore, La Nouvele Sinfonie a réuni une formation de 45 musiciens, majoritairement de Montréal.

La Nouvele Sinfonie s’est donnée pour mission de présenter des œuvres inédites de compositeurs peu connus du répertoire français pour grand orchestre des 17e et 18e siècles. Don Quichotte chez la Duchesse, un opéra comique de Joseph Bodin de Boismortier, présenté en version concert le 1er novembre 2004 à Montréal, a remporté le Prix Opus du meilleur concert de musique baroque de l’année au Québec.

À propos des compositeurs
et des œuvres au programme

Symphonie en ré majeur de Henri-Joseph RIGEL
1ère Symphonie de Etienne-Nicolas MEHUL
39e Symphonie de Wolfgang Amadeus MOZART
(à l’occasion du 250e anniversaire de sa naissance)

La Nouvele Sinfonie fera revivre, avec ce programme, les tous débuts de la symphonie française. Pour cet événement, Hervé Niquet, le directeur musical fondateur de l’orchestre montréalais a choisi trois compositeurs qui ont marqué cette époque de frémissements d’idées :

Henri-Joseph Rigel (1741-1799)

Bien que né en Allemagne, Henri-Joseph Rigel, de son vrai nom Riegel, a mené toute sa carrière musicale à Paris. Il y acquis une grande réputation aussi bien pour sa musique instrumentale que pour ses oratorios qui connurent un grand succès. En 1790, il composa même un Hymne à la Liberté qui fut longtemps l’un des hymnes révolutionnaires les plus connus. Rigel représente l’époque charnière où la symphonie française affirme son propre style à partir d’un apport germanique et une émancipation de la suite pour orchestre. Sa Symphonie en ré majeur avec trompettes et timbales est un véritable chef-d’œuvre que La Nouvele Sinfonie présentera en première mondiale (depuis le 18e siècle) à Montréal.

Étienne-Nicolas Méhul (1763-1817)

Etienne-Nicolas Méhul, est l’un des compositeurs les plus doués de sa génération. Alors que la plupart de ses confrères se tournent exclusivement vers le théâtre lyrique, il décide, après avoir connu un succès sur les scènes parisiennes, de se consacrer à la symphonie. Il contribuera alors à l’apogée de la symphonie française et à ses dernières années de gloire, interrompues par la révolution française. Sa première symphonie en ré majeur sera présentée par La Nouvele Sinfonie pour la première fois sur instruments d’époque à Montréal.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Bien que Mozart n’obtint jamais de poste officiel dans aucune des institutions parisiennes, Paris eut une importance capitale dans sa carrière. C’est à Paris, par exemple, que ses œuvres furent publiées pour la première fois. Le Concert Spirituel des Tuileries, un des premiers organismes français de concerts publics payants, lui commanda plusieurs œuvres, dont la symphonie dite Parisienne dans laquelle il utilise, pour la première fois les sonorités d’un grand orchestre, une influence que l’on retrouve plus tard dans sa 39e symphonie en mi bémol majeur composée plus tard à Vienne. Juste retour de ces échanges culturels dans une Europe en pleine effervescence, c’est sur cette œuvre magnifique que ce programme qui rend hommage à cette époque se terminera.

La Nouvele Sinfonie • Composition de l’orchestre

Au XVIIe siècle, contrairement à l’usage en Italie, l’orchestre français est constitué de cinq parties. Le dessus, comme l’indique son nom est la partie la plus aiguë, elle est jouée par des violons, les flûtes, les hautbois et les trompettes. Viennent ensuite, dans l’ordre, les parties de haute-contre (jouées par des violons), les parties de taille et de quinte (jouées par nos altos actuels) et la partie de basse (jouées par des basses de viole ou de violon ou des violoncelles, des théorbes et des clavecins). Au XVIIIe siècle, la partie de quinte est de moins en moins présente et la contrebasse fait son entrée en France de manière documentée en 1706. La Nouvele Sinfonie respecte les usages de l’époque pour retrouver la richesse et la qualité du son « français », caractérisé, en particulier par une importante partie de basse.

Pour ce premier programme symphonique, La Nouvele Sinfonie réunit un orchestre de 45 musiciens :

8 Violons I, (Premier violon de l’orchestre : Hélène Plouffe)
8 Violons II, (Chef de Pupitre des seconds violons : Olivier Brault)

2 Flûtes, (Chef de Pupitre : Grégoire Jeay)
2 Hautbois, (Chef de Pupitre : Matthew Jennejohn)
2 Clarinettes, (Chef de Pupitre : Colin Savage)
2 Cors, (Chef de Pupitre : Cyrille Grenot*)
2 Trompettes , Chef de Pupitre : Philippe Genestier*)

6 Altos, (Chef de Pupitre : Kathia Robert)
6 Violoncelles, (Chef de Pupitre : Isabelle Bozzini)
4 Contrebasses, (Chef de Pupitre : Dominique Girard)
2 Bassons, (Chef de Pupitre : Nicolas André*)

Timbales : André Morin

(*) musiciens du Concert Spirituel de Paris, qui se joindront à l’orchestre. Leur collaboration et celle de Philippe Grech (deuxième basson) a été rendue possible grâce à une aide du Consulat Général de France à Québec – Bureau de Montréal.

ET AUSSI :

Le vendredi 2 juin, 19 h à 22 h
Église St. Andrew & St Paul, (Tutti sauf trompettes et percussions)

Le dimanche 4 juin, 10 h à 13 h & 14 h à 17 h
(Faculté de Musique, Université McGill, (Tutti)

Le lundi 5 juin, 10h à 13h & 14h à 17h
Salle de répétition – Centre Pierre-Péladeau, (Tutti)

Le mardi 6 juin , 10h à 13h
(Générale sur scène Salle Pierre-Mercure)

Le mardi 6 juin à 20 h
À la Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau
300, boulevard de Maisonneuve Est
(métro Berri-Uqam)

Billetterie du Centre Pierre-Péladeau : 514-987-6919 ou sur le Réseau Admission : 514-790-1245 ou sur le site : 514-790-124 site

Tarif général : 31,60$ – Étudiants : 16,60$ – Âge d’Or :26,60$
Groupes (minimum 10 personnes:21,60$

Ce concert sera enregistré par Radio-Canada, pour une retransmission ultérieure sur les ondes de Espace Musique. Réalisateur : Robert Rowat

La Nouvele Sinfonie,
un grand orchestre sur instruments d’époque

En 1994, Mathieu Dugay, alors directeur artistique du Festival International de Musique Baroque de Lamèque, invitait Hervé Niquet à diriger pour la première fois un orchestre de musiciens canadiens constitué pour l’occasion. L’idée de fonder La Nouvele Sinfonie est née de cette rencontre.

Plusieurs autres invitations suivirent, ainsi que des classes de maître et ateliers à Montréal, Ottawa et Toronto. Au fil de ses nombreuses rencontres, l’orchestre s’est peu à peu constitué comprenant aussi bien des musiciens se produisant avec d’autres formations baroques, des musiciens qui jouent dans des orchestres modernes mais qui ont une solide formation sur les instruments d’époque et enfin toute une nouvelle génération de grands talents. Tous avaient en commun le partage d’une même sensibilité artistique et une passion pour la musique française.

C’est à Montréal que se trouvaient la majorité de ces musiciens, il était donc naturel que ce soit dans cette ville que le projet se concrétise en septembre 2002. Le choix de La Nouvele Sinfonie se porte tout aussi naturellement sur un répertoire peu abordé : celui de la musique française des XVIIe et XVIIIe siècles pour grand orchestre.

La taille de l’orchestre (une quarantaine de musiciens) s’est imposée par le répertoire abordé. En effet, c’est en France que l’on trouve les plus grands orchestres aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ailleurs, par exemple à Londres ou à Vienne les formations aussi importantes ne se réunissaient que pour des occasions spéciales. Le reste du temps les orchestres y étaient généralement moins fournis qu’à Paris. Particulièrement au XVIIIe siècle, Paris se distinguait par une recherche d’effet de masse sonore dans les compositions et l’exécution des œuvres instrumentales. Ainsi, lorsque Mozart composa sa Symphonie Parisienne il utilisa ses effets pour la première fois.

Dès ses débuts, La Nouvele Sinfonie a choisi de faire découvrir, en priorité, des compositeurs et des œuvres peu connus. Son concert inaugural (16 novembre 2002 à Ottawa, enregistré par Radio-Canada, puis le 17 Novembre 2002, à Montréal) a été consacré à Charles Desmazures (Sinfonies pour l’entrée de la Reine d’Espagne à Marseille). L’année suivante (13 septembre 2003 à Montréal), La Nouvele Sinfonie a présenté un concert entièrement consacré à Jean-Féry Rebel, également enregistré par Radio Canada. À cette occasion, La Nouvele Sinfonie avait collaboré, avec le Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV), à l’édition de trois œuvres inédites : Les Plaisirs Champêtres, La Terpsicore et La Fantaisie. Les sources étant incomplètes, Monsieur Gérard Geay (chercheur au CMBV) en avait complété la composition et s’était déplacé à Montréal pour confronter ses recherches à l’exécution de ces œuvres par La Nouvele Sinfonie. L’édition de grande qualité ainsi réalisée est maintenant disponible pour d’autres interprètes dans le monde entier.

À la saison dernière (27 octobre 2004, à Gatineau, puis le 1er novembre 2004 à Montréal), La Nouvele Sinfonie avait présenté l’opéra baroque comique Don Quichotte chez la Duchesse de Joseph Bodin de Boismortier, qui avait été redécouvert par Hervé Niquet il y a plusieurs années. Cet opéra en version concert a valu à La Nouvele Sinfonie le prix OPUS 2004-2005 du Meilleur Concert de l’Année en Musique Ancienne au Québec. Une récompense fort appréciée car l’orchestre avait failli mettre la clé sous la porte en raison de difficultés à obtenir des subventions du CALQ au titre des saisons 2003-2004 et 2004-2005.

La Nouvele Sinfonie connaît aujourd’hui de meilleurs jours, le CALQ lui a octroyé une aide conséquente au titre de la saison 2005-2006 (23 000 $).

L’ensemble de ce projet n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien d’un mécène engagé aux côtés de La Nouvele Sinfonie dès ses débuts. En cette quatrième et dernière année de partenariat, La Fondation BNP Paribas aura versé plus de 130 000 $ à La Nouvele Sinfonie pour lui permettre de prendre sa place dans le paysage baroque montréalais.

La Nouvele Sinfonie occupe désormais une place unique dans le riche paysage baroque montréalais. Ses concerts sont certes peu fréquents, en raison des moyens qui doivent être mobilisés pour leur réalisation, mais l’orchestre se distingue par le type de répertoire, ses effectifs et la part qu’elle accorde aux œuvres inédites.

François Tousignant soulignait ce fait dans le quotidien Le Devoir : « Dans le paysage plutôt débordant des interprètes et formations qui s’intéressent au répertoire baroque à Montréal, on pourrait légitimement se demander si le « milieu » avait besoin d’un tel orchestre. La réponse s’impose, franche, après le concert de samedi : absolument. Ne serait-ce que par sa taille – près d’une quarantaine de musiciens -, La Nouvele Sinfonie impose une sonorité qu’il fait bon entendre et qui remet bien vivant dans nos oreilles ce que l’époque pouvait avoir de fastes et dont de nombreux témoignages nous sont parvenus, mais qu’on entend trop souvent qu’en formation réduite.»

HERVÉ NIQUET
Chef baroque… éclectique

Spécialiste reconnu du répertoire baroque, Hervé Niquet est le directeur fondateur de La Nouvele Sinfonie et de l’ensemble parisien le Concert Spirituel qui a obtenu en 2004 le prestigieux Edison Music Award dans la catégorie « baroque », décerné pour son enregistrement Watermusic & Fireworks de Handel. Ce prix récompensait, la même année, des enregistrements réalisés par des orchestres aussi célèbres que l’Orchestre Symphonique de Londres sous la direction de Mstislav Rostropovich et l’Orchestre Philharmonique de Vienne, sous la direction de Nikolaus Harnoncourt. Hervé Niquet est également reconnu pour son travail sur les répertoires classique et romantique, il est l’un des chefs invités principaux de l’Orchestre Kanazawa au Japon (qu’il dirigera dans le Chant de la Terre de Gustav Mahler en 2006). Hervé Niquet a été nommé directeur artistique de la Beethoven Akademie à Anvers, en Belgique.

Après Médée de Marc-Antoine Charpentier qu’il présenta avec son ensemble parisien, Le Concert Spritiuel, au Château de Versailles pour l’année Charpentier, et le succès de Callirhoé de André-Cardinal Destouches (notamment à l’Opéra de Montpellier et à l’Opéra de Versailles, avec le Concert Spirituel), il dirigera, la saison prochaine, l’Orchestra National de Montpellier dans la Flûte enchantée de Mozart à l’Opéra de Montpellier.

Hervé Niquet dirigera également le Concert du Nouvel An 2007 à la Philarmonie de Berlin avec le Messie de Handel à la tête du RIAS Kammerkor et de l’Akademie für Alte Musik Berlin.

MICHAEL NAFI
Directeur Général et co-fondateur de La Nouvele Sinfonie,

Canadien d’origine franco-algérienne, Michael a étudié le chant et la viole de gambe pendant qu’il préparait son doctorat en chimie physique à l’université McGill. Il a travaillé comme consultant en communication d’entreprise tout en organisant plusieurs tournées de projets internationaux en musique et en danse baroque dans plusieurs pays d’Europe. Il a également travaillé comme Maître de Diction française et anglaise dans plusieurs productions d’opéras baroques dont Armide de Lully (Opéra Atelier, Toronto, automne 2006) et King Arthur de Purcell (Enregistrement par Le Concert Spirituel, en 2004). Il a animé plusieurs conférences publiques autour de la musique baroque française, à Toronto et à Vancouver.

Il a travaillé comme conseiller auprès de la direction artistique du Lufthansa Festival of Baroque Music de Londres, lors de l’année qu’il consacrait à la musique française (2000). En 2004, il a été conseiller à la réalisation d’un documentaire produit pour le réseau anglais de la télévision de Radio-Canada autour l’opéra français sous Louis XIV.

Par ailleurs, Michael Nafi termine cette année un Master en Philosophie Politique à l’Université de Paris VII, sur Eric Voegelin, le philosophe américain d’origine allemande, et le théologico-politique.

Ce projet est réalisé principalement grâce au soutien renouvelé du Mécène Fondateur de La Nouvele Sinfonie : La Fondation BNP Paribas. En plus d’une aide financière directe de la Fondation d’un total de plus de 130 000 $ sur les quatre dernières années, La Nouvele Sinfonie reçoit également un soutien financier et logistique complémentaire de la Banque BNP Paribas Canada, un soutien de L’Association Française d’Action Artistique – Ministère Français des Affaires Etrangères – et du Consulat Général de France à Québec ; pour la seconde fois, un soutien du Conseil des Arts de Montréal (5000 $) et pour la première fois depuis sa création, une aide conséquente du Conseil des Arts et des Lettres du Québec (23 000$).