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Les 4, 8, 11, 13 et 16 novembre 2006 à 20 h et le18 novembre 2006 à 14 h

L’Opéra de Montréal présente une toute nouvelle production de La traviata, l’une des oeuvres les plus populaires du répertoire
de Giuseppe Verdi

Pour la deuxième production de sa 27e saison, l’Opéra de Montréal présente un grand cru dans une nouvelle production, La traviata de Giuseppe Verdi, d’après la pièce <i<La dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils. Dans cet opéra d’un lyrisme poignant et d’une grande efficacité dramatique, Verdi se révèle le grand homme du théâtre lyrique italien du siècle : musique sublime, airs envoûtants, suprématie des choeurs, prouesse vocale et vigueur dramatique révolutionnent le monde convenu de l’opéra d’alors.

Dans les rôles principaux, de jeunes chanteurs, qui font leurs débuts à la compagnie, incarneront les protagonistes de cette histoire d’un amour bouleversant, campée dans le Paris mondain du XIXe siècle. La soprano portoricaine Yali-Marie Williams sera la courtisane parisienne Violeta Valéry, rôle pour lequel Verdi a écrit une partition vocalement redoutable (colorature au premier acte, lyrique au deuxième et dramatique au dernier). Elle partagera la scène avec le ténor américain Dimitri Pittas, dans le rôle d’Alfredo, son amant, et le baryton américain Stephen Kechulius, dans celui de Giorgio Germont, le père d’Alfredo. Le chef américain James Meena sera au pupitre de l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal et du Choeur de l’Opéra de Montréal. Dans cette nouvelle production de l’Opéra de Montréal, La traviata fait peau neuve : la mise en scène a été confiée à l’homme de théâtre Jacques Leblanc, les décors à Claude Goyette, les éclairages à Matthieu Gourd, et les costumes à Anne-Séguin Poirier.

Pour nous mettre en appétit, l’Opéra de Montréal propose, avant chaque représentation, un préOpéra : le passionné d’art lyrique et musicologue Pierre Vachon présentera l’oeuvre au Piano Nobile de la salle Wilfrid-Pelletier à 18 h 30 et à midi 30 pour la représentation donnée à 14 h (En français avec résumé en anglais. Gratuit pour les abonnés, 5 $ pour les non-abonnés).

Mourir d’aimer

L’action se situe à Paris au XIXe siècle et dans les environs. Lors d’un bal qu’elle donne chez elle, la courtisane Violetta Valéry rencontre Alfredo Germont, jeune homme de bonne famille. Coup de foudre réciproque! Violetta délaisse alors ses nombreux amants pour vivre une folle passion avec Alfredo. Ils se retirent à la campagne pour se consacrer entièrement à leur amour, mais les conventions sociales et le passé de Violetta les rattrapent. Le père d’Alfredo, Giorgio Germont, profitant de l’absence du jeune homme, demande à Violetta de renoncer à son fils afin de ne pas ternir la réputation de la famille. Après s’être désespérément opposée à cette idée, Violetta consent à écrire une lettre de rupture à Alfredo sans expliquer les réelles raisons de leur séparation, rendant Alfredo fou de douleur. Au cours d’une fête donnée dans le palais de Flora, amie de Violetta, Alfredo, toujours convaincu de la trahison de son amante, l’injurie et l’humilie en public, jetant à ses pieds tout l’argent qu’il vient de gagner à la table de jeu, en paiement de ses faveurs passées. C’est l’indignation générale et Germont reproche à son fils son inconduite si peu chevaleresque. Violetta, déjà affaiblie par la phtisie, voit son état s’aggraver brusquement. Informé du sacrifice de Violetta par son père repentant, Alfredo se précipite à Paris pour lui demander pardon, mais la maladie a fait son ¦uvre et Violetta meurt dans ses bras, en présence de Germont, accablé, tandis qu’à l’extérieur, le carnaval bat son plein.

Le chemin de traverse… ou le prix de l’ascension sociale

Le titre de cet opéra évoque celle qui prend un « chemin de traverse » (travia). Au coeur de l’oeuvre, le sacrifice d’une femme au grand coeur, en butte à l’hypocrisie de la haute société bien pensante du XIXe siècle. Dans un monde dominé par les hommes, Violetta paie injustement sa liberté et son désir d’ascension sociale. Pour donner plus de poids à un thème qui lui est cher – ses oeuvres mettent souvent en scène des héroïnes pures et courageuses, vouées au malheur par la société ou le pouvoir -, Verdi situe son opéra, comme la pièce, à sa propre époque. Il rendait par là même un vibrant hommage à la chanteuse Giuseppina Strepponi, sa compagne qui a partagé « ses années de galère » et à laquelle son entourage adressait les mêmes reproches qu’à la Violetta de son opéra. Dans une Italie profondément catholique et à une époque où une oeuvre lyrique était encore inspirée d’un sujet mythologique ou historique, ce choix heurtait les sensibilités d’une société pétrie de morale et d’hypocrisie.

Ciao bel canto traditionnel, viva le chant nouveau!

Dans son traitement musical, Verdi évite avec soin tout pittoresque descriptif. Avec lui, l’orchestre commence à prendre une personnalité propre, cessant d’être un instrument d’accompagnement. Les émotions intériorisées prennent le pas sur les passions exacerbées. Le « bel canto » traditionnel est soumis à une expression nouvelle : finie la pyrotechnie vocale factice en faveur d’une expression vraie ! Après Rigoletto (1851) et Le trouvère (1853), qui remportent un immense succès, La traviata complète la trilogie populaire et constitue une oeuvre pivot dans la carrière musicale de Verdi. Avec ces oeuvres, Verdi devient le compositeur d’opéra le plus populaire et le plus important d’Italie où se révèlent sa maturité stylistique et tout son génie.

LA TRAVIATA

Opéra en 3 actes de Giuseppe Verdi (Roncole, près de Busseto, 1813 – Milan, 1901)
Livret de Francesco Maria Piave, d’après la pièce La dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils.
Créé au Teatro La Fenice, Venise 6 mars 1853
En italien avec surtitres français et anglais
Dernière production à l’Opéra de Montréal : février 2002

Distribution (rôles principaux)

Violetta Valery, Yali-Marie-Williams, soprano portoricaine, remporte le concours Operalia Placido Domingo en 1999. À 25 ans, elle fait ses débuts professionnels dans le rôle-titre de La traviata à Opera Festival du New Jersey, puis au Connecticut Grand Opera, à l’Opéra de Porto Rico, Desdémone (Otello) au New Orleans Opera, Antonia (Les contes d’Hoffmann) au Tulsa Opera, Fiordiligi (Così fan tutte) au Hawaii Opera et Marguerite (Faust) au Chautauqua Opera. Ses autres rôles sont Giorgetta (Il tabarro), Musetta (La bohème), Cio-Cio San (Madame Butterfly) pour les compagnies Opera de Puerto Rico, Birmingham Opera, Florentine Opera, Opera Theatre of St. Louis. Elle fait ses débuts à la compagnie.

Alfredo Germont, Dimitri Pittas, ténor américain, participe pendant trois ans au Metropolitan Opera’s Lindemann Young Artist Development Program. Il est considéré aujourd’hui comme l’un des grands espoirs de sa génération. Débuts au Metropolitan Opera en 2004, il y retourne la saison suivante dans Arturo (Lucia di Lammermoor) et Tybalt (Roméo et Juliette). Formé à l’université McGill (Montréal) et à New York, il remporte de nombreux prix dont ceux des fondations Richard Tucker, Licia Albanese-Puccini et George London. Récemment, il chantait Narraboth (Salomé) au Santa Fe Opera, Rodolfo (La bohème) à l’Opéra de Leipzig, Rigoletto à l’Opéra national de Bordeaux et Lenski (`Eugène Onéguine) au Opera Theatre of St. Louis. Il fait ses débuts à la compagnie.

Giorgio Germont, Stephen Kechulius, baryton américain est reconnu pour sa forte présence scénique sur les scènes nord-américaines et européennes. À la suite de son rôle d’Iago, le magazine Opera News écrivait : «On ne parle pas ici d’un baryton à la voix sinistre; chaque fibre de son corps et chaque inflexion vocale incarnent le diable!» Il fait des débuts remarqués en Allemagne dans le rôle-titre (Falstaff) au Oper Frankfurt, sa dixième production dans le rôle-titre de Rigoletto au Seattle Opera, son retour au New York City Opera dans le rôle de Jack Rance (La fille du Far West), les rôles-titre dans Nabucco au Pacific Opera Victoria et dans Gianni Schicchi au De Vlaamse Opera. Au cours de la saison 2005-06, il chante Olin Blitch (Susannah) au festival Wexford et retourne au New York City Opera chanter Leonidas (Lysistrata). Dernière présence à l’OdM : Le Gala, 9e édition (2004).

Direction musicale : James Meena, américain – directeur général et chef principal d’Opera Carolina – a une passion pour Mozart, Puccini, Verdi, Berlioz, Chostakovitch, Ginastera et Stravinsky, dirigeant divers orchestres aux États-Unis, au Canada, en Italie, à Taipei, en Corée et au Mexique. Il dirige Les noces de Figaro à l’Opéra de Montréal, Nabucco, La bohème, Macbeth et Samson et Dalila à Opera Carolina, Le sacre du printemps avec le National Symphony Orchestra, des concerts avec le Cairo Symphony dans le nouveau Cairo Opera House et Don Pasquale à Opéra Lyra Ottawa. Au cours de la saison 2005-06, il dirigea notamment Tosca, Les pêcheurs de perles et La traviata à Opera Carolina, Les noces de Figaro au Manitoba Opera et Hänsel und Gretel à Opera Columbus, Suor Angelica/Gianni Schicchi au Chautauqua Opera. Dernière présence à l’OdM : Le Gala, 10e édition (2005).

Mise en scène : Jacques Leblanc (Québec, Canada), comédien et metteur en scène, fait ses débuts à l’Opéra de Montréal en montant La veuve joyeuse en 2004, puis Agrippina en 2005. En 2003, il reçoit le Prix de la Fondation de l’Opéra de Québec, où il a mis en scène La veuve joyeuse la même année et Hänsel und Gretel en 2002. Outre le théâtre, il met en scène plusieurs opéras pour l’Université Laval, notamment A Midsummer Night’s Dream (Britten), Xerxes (Handel), Dialogues des Carmélites et Les mamelles de Tirésias (Poulenc) et L’enfant et les sortilèges (Ravel). Dernière présence à l’OdM : Agrippina (2005).

Décors : Claude Goyette (Québec, Canada), conçoit des décors pour la plupart des scènes institutionnelles et expérimentales. Fondateur de l’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ), il en a été le premier président. Il travaille avec les metteurs en scène René Richard Cyr pour Le malentendu (1993), Martine Beaulne pour Albertine en cinq temps (1995) et Denis Marleau pour lequel il a dessiné les environnements scéniques de plusieurs des créations du Théâtre UBU dont Les maîtres anciens (1995) et Catoblépas (2001). Dernière présence à l’OdM : Nelligan (1990).

Éclairages : Matthieu Gourd (Québec, Canada), est directeur technique de l’Opéra de Montréal depuis 2001. Pour la compagnie, il a également conçu les éclairages de Aïda (2006), Agrippina (2005) et Madame Butterfly (2002). Au cours des dix dernières années, il a pris part à plus d’une soixantaine de productions en tant que directeur de production, directeur technique ou éclairagiste. On a pu voir son travail au Théâtre de Quat’Sous dans Trainspotting et le Cycle Walker, à l’Espace Go dans Stampede, à L’Espace Libre dans Bill 101. Il a également signé les éclairages des six dernières éditions des Contes urbains à La Licorne. Dernière présence à l’OdM : Aïda (2006).

Costumes : Anne-Séguin Poirier (Québec, Canada), collabore depuis 2001 comme concepteure et assistante scénographe pour le théâtre, le cirque et l’opéra. Elle participe aux créations Nomade et Rain du Cirque Éloize en tant qu’assistante à la scénographie et coordonnatrice à la conception des accessoires. Elle a assumé le même rôle sur la production musicale Don Juan mise en scène par Gilles Maheu. Anne-Séguin Poirier a également créé la scénographie du Musée des Naufrages de Baie-Trinité : production primée par l’Association des Musées canadiens 2005. Au théâtre, elle signe depuis 2004 les décors de Gordon McCall au Centaur Theatre Company, et tout récemment les accessoires et éléments de décors de Delirium, une production du Cirque du Soleil.

À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts

Billetterie : OdM (514) 985-2258 / PdA (514) 842-2112 ou sur le site de l’Opéra de Montréal.

Billets à l’unité à partir de 44 $
Abonnements à partir de 132 $
Prix spéciaux 18-30 ans : 35$ le premier opéra et 25$ les suivants OU 5 opéras : 27$ ch.