Art et culture
Accueil -> culture -> Jocelyne Tourangeau -> Sons ->

Les 6, 9, 11, 14 février 2008 à 20 h + 16 février 2008 à 14 h

Le barbier de Séville
– Opéra bouffe en deux actes de Gioacchino Rossini

En italien avec surtitres français et anglais. Présenté par l’Opéra de Montréal

Photos: Yves Renaud

Du Rossini à son meilleur : pétillant, désopilant, rebondissant ! Dans cet opéra-bouffe en deux actes aux nombreux quiproquos où séduction rime avec finesse et humour, la nouvelle génération d’étoiles lyriques canadiennes sera réunie sur une même scène : Le baryton Aaron St. Clair Nicholson (l’impénitent séducteur du Don Giovanni de la saison dernière) sera Figaro, barbier malicieux qui se fait le complice du jeune comte Almaviva, chanté par le ténor Frédéric Antoun (le séduisant Gérald de Lakmé la saison dernière), pour l’aider à gagner le cœur de la belle Rosine, interprétée par la mezzo-soprano Julie Boulianne (qui fait ses débuts dans un rôle principal sur la grande scène), pupille du vieux médecin Bartolo qui prétend la marier, rôle tenu par un grand rossinien, la basse-bouffe italienne Donato di Stefano. À leurs côtés, autre star de l’opéra-bouffe, le baryton-basse américain Stephen Morscheck en Basilio, maître de chant de Rosine et allié de Bartolo.

Jacques Lacombe est de retour à la compagnie à la tête de l’Orchestre symphonique de Montréal et du Chœur de l’Opéra de Montréal ; la mise en scène est signée Alain Gauthier, dont tous ont salué la finesse de son travail dans Il tabarro/Suor Angelica (2006). Production de l’Opéra de Montréal ; décors et costumes d’époque signés Robert Prévost, dans une adaptation de Guy Neveu; éclairages : Anne-Catherine Simard Deraspe.

Le barbier de Séville est un opéra-bouffe très accessible, avec de très beaux chanteurs à la taille fine. Et drôle, évidemment. Une belle mise en scène et un décor très intelligent.

Les changements de décor sont très intéressants. La première scène se passe dans la rue et on voit la maison de l’extérieur et le balcon de Rosine. Pour la deuxième scène, les murs s’écartent tout comme pour une maison de poupée et on découvre l’intérieur de la maison, la chambre de Rosine au 2e à laquelle elle accède par un joli escalier en colimaçon de la salle de séjour où il y a le piano à queue. La maison se referme comme un coffret pour la dernière scène. Les effets d’éclairage lors de l’orage sont très réussis.

Les accessoires orange
sont utilisés partout et ajoutent beaucoup de gaieté : l’oiseau et sa cage, les rubans qui ornent la robe de coton rayée gris et blanc de Rosina, et celle de la bonne, la perruque d’Almavira quand il remplace le professeur de musique, les cravates qui ornent les redingotes noires, les plumeaux qui jaillissent des fusils des soldats, les parapluies et tous les éventails grands et petits, des touches d’orange partout.

Séville oblige, les éventails sont omniprésents et servent à toutes les sauces. Tant pour envoyer des billets doux que pour battre la mesure ou marquer l’ampleur des intentions du maître de chant.

Amusante l’idée que de faire marcher Figaro et Bartolo au pas, tout comme les déplacements glissants du valet, c’est drôle et ça n’empêche personne de chanter.

Frédéric Antoun est merveilleux en Comte Almavira et bien appareillé à Julie Boulianne qui lui donne la réplique en Rosine. Aaron St.Clair Nicholson est un superbe Figaro, Donato di Stefano en Bartolo, tuteur de Rosine et Stephen Morscheck, en Basilio, professeur de musique, tous deux excellents.

Un opéra-bouffe qui vous plaira. Même si vous avez un peu peur de l’opéra, laissez-vous apprivoiser. Les airs de Figaro sont si connus que vous ne serez pas dépaysés. Et les surtitres sont toujours là pour vous aider à suivre.

J’y retournerais.

1/2

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts

infOpéra :
operademontreal.com

Billetterie de la Place des Arts 514-842-2112 ou 1-866-842-2112 ou sur le site
www.pda.qc.ca

Billets à la pièce à partir de 44 $.
Offre spéciale 18-30 ans : 35 $ pour un premier opéra
et 25 $ pour les productions suivantes.