Art et culture
Accueil -> culture -> Jocelyne Tourangeau -> Lumières ->

Jusqu’au 20 octobre 2007

Le Doute au Théâtre Jean-Duceppe

Une pièce de John Patrick Shanley
Mise en scène de Martine Beaulne
Traduction de Michel Dumont

Avec Louise Laprade, Gabriel Sabourin, Marie-Ève Bertrand et Myriam De Verger

Décor : Richard Lacroix
Éclairages : André Rioux
Costumes : Mérédith Caron
Musique : Silvy Grenier
Vidéo : Yves Labelle
Accessoires : Normand Blais

Le père Flynn, un prêtre de la paroisse, entraîneur de basketball, est soupçonné d’avoir fait des attouchements sur un garçon de douze ans.

Sœur Aloysius, directrice de l’école, a des doutes sérieux sur la moralité du prêtre mais n’arrive pas à établir les preuves nécessaires à son renvoi.

Quand sœur James, une jeune sœur naïve, vient lui raconter un évènement impliquant le père Flynn et un garçon de l’école, sœur Aloysius estime que ses soupçons sont confirmés. Elle part donc en guerre contre le prêtre, bien déterminée à le démasquer.

L’aumônier accusé va tenter de se disculper mais sœur Aloysius n’a pas dit son dernier mot.

Le doute s’installe. Quelles en seront les conséquences?
Et si tout cela n’était qu’un malentendu?

L’action se passe à New York dans le Bronx, à l’automne 1964, dans une école catholique dirigée par les sœurs de la Charité. Elle se déroule tour à tour à l’église, au bureau de la directrice, au gymnase et dans le jardin. Les éléments du décor glissent sur la scène tout en douceur. L’éclairage et la projection d’éléments visuels : fenêtres, vitraux, ciel, recréent très bien l’atmosphère des lieux où se déroule la pièce.

Le père Flynn est aumônier de l’école St. Nicholas. Il est jeune, il a de l’esprit et veut aider les enfants dans leur évolution vers l’âge adulte.

Sœur Aloysius, directrice de l’école, parle tout en sous-entendus, presque en paraboles. Elle voit le mal partout, même dans les stylos billes. Elle s’est donnée comme mission de le débusquer, où qu’il soit.

Sœur James, jeune, naïve et sans expérience, lui rapporte qu’un élève a été seul avec l’aumônier Flynn au presbytère et qu’il est revenu en classe, plus tout à fait lui-même, sentant peut-être l’alcool. L’enfant dont il est question est le premier noir à fréquenter l’école.

Pour sœur Aloysius, plus besoin de chercher, le mal est là dans la personne de l’aumônier Flynn. Elle devient le Grand Inquisiteur et voudra prouver à tout prix l’inconvenance de Flynn, en mentant si nécessaire.

Louise Laprade joue à merveille la sœur supérieure. Elle en a le ton, l’autorité et l’insolence que pouvait alors se permettre une directrice.

Gabriel Sabourin fait un excellent jeune prédicateur, capable de fustiger les fidèles des flèches de son esprit, sûr du rang que lui confère sa soutane mais en même temps très humain quand il s’agit de l’avenir des enfants.

La pièce est bien campée et chacun des protagonistes est convaincant.

La mise en scène recrée exactement l’atmosphère lourde et étouffante des couvents de l’époque jusque dans le détail où le prêtre s’arroge, de droit, le siège de la directrice de l’école.

Si vous avez vécu la Révolution tranquille, vous revivrez des pans de votre enfance. Si vous êtes plus jeune, vous comprendrez le climat qui régnait jusqu’aux années 60 dans le système scolaire au Québec, où l’arrogance des communautés religieuses et du clergé envers la population était flagrante.

À voir absolument pour nous rappeler d’où on vient en ces temps où on ne parle que d’accommodements raisonnables. Ça vous aidera peut-être à vous faire une idée.

1/2

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

Au Théâtre Jean-Duceppe
Place des Arts

Réservations

Billetterie de la
Place des Arts : 514 842-2112

La Compagnie Jean-Duceppe
Téléphone : 514 842-8194
Télécopieur : 514 842-1548
ou sur le site www.duceppe.com

.