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paixLE PAVILLON POUR LA PAIX
MICHAL ET RENATA HORNSTEIN
SIX ÉTAGES D’ARCHITECTURE LUMINEUSE
Photo © Marc Cramer

Sélectionné par concours d’architecture en 2013, le consortium Atelier TAG et Jodoin Lamarre Pratte Architectes a eu le mandat de concevoir la Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein dédié à l’art international et l’éducation.

Le Pavillon pour la Paix est vêtu d’un voile conçu pour mettre en valeur les volumes des deux corpsqui le constituent tout en habillant l’ensemble d’un écran délicat. Ce concept favorise une ouverture sur la ville et sur le patrimoine architectural victorien, sur le paysage maritime et naturel, tout en offrant aux visiteurs une vue panoramique, depuis le fleuve jusqu’à la montagne. Derrière sa surface textile, l’édifice apparaît donc comme un ensemble unique, cohérent et aérien, par ailleurs en mutation constante, et animé par la lumière du jour, toujours changeante. Le soir venu, la personnalité nocturne de l’immeuble se révèle. La paroi lumineuse des galeries émet alors une douce lumière de fond, qui donne vie à l’escalier‐événement et devient un phare depuis la rue. Chaleureux espace entièrement de bois, l’escalier se dévoile en transparence sur la ville. Grâce à ce voile diaphane, les visiteurs pourront percevoir l’ensemble des fonctions du hall et de l’espace de transition vertical, au carrefour de l’animation de la rue et de celle du Musée.

Bien plus qu’un efficace dispositif de circulation ou un simple lieu de passage, l’escalier-événement est un réel espace « lent » conçu pour flâner, une dynamique passerelle de communication entre l’expérience muséale et la ville. À cet effet, un voile d’aluminium préassemblé à partir de petits modules en bâtonnets autorise une remarquable économie de moyens.

« Nous avons imaginé un concept spatial intimement imbriqué avec la ville, elle‐même expression authentique et organique du “moment présent”, précise Katsuhiro Yamazaki, architecte de la firme Atelier TAG. Une réalité toujours changeante, résolument actuelle, qui rendra la visite du Musée aussi naturelle qu’une promenade au parc. Le dispositif spatio‐temporel de l’escalier-événement sera comme suspendu au beau milieu de la ville, derrière un voile qui dématérialisel’imposant immeuble, habité par un éclairage en constante mutation. Cette promenade urbaine à l’intérieur des murs, fluide et baignée de lumière naturelle, révèle avec poésie la vibrante activité du Musée. Ce sera un lieu de contemplation, mais aussi d’appréciation de l’art, d’apprentissage, d’échanges et même de guérison. »

Un prix d’excellence de Canadian Architect

Au moment de la construction du Pavillon, le consortium Atelier TAG et Jodoin Lamarre Pratte Architectes a remporté pour ce projet l’un des 11 prix d’excellence de Canadian Architect pour l’année 2013. Cette récompense confirme l’innovation et l’excellence du design du cinquième pavillon. La transparence de la façade et son intégration à la rue Bishop feront de ce projet un ensemble architectural remarquable.

Une sélection au Mies Crown Hall Americas Prize

Le Pavillon pour la Paix a aussi été sélectionné pour le prestigieux Mies Crown Hall Americas Prize (MCHAP) dans la catégorie architectes émergents de l’Illinois Institute of Technology (IIT) College of Architecture de Chicago. Ce prix biennal reconnaît les projets les plus significatifs réalisés par de jeunes architectes des continents nord et sud‐américains.

RAPPEL DU PROCESSUS DE SÉLECTION                           LORS DU CONCOURS D’ARCHITECTURE                              POUR LE CINQUIÈME PAVILLON

Le choix d’Atelier TAG et Jodoin Lamarre Pratte Architectes en consortium s’est fait en deux étapes. En décembre 2012, le MBAM lançait un concours d’architecture. Lors de la première étape de sélection, vingt firmes ayant un bureau actif à Montréal y ont participé. En février 2013, le jury, composé de cinq architectes indépendants (Clément Demers, Thomas Fontaine, Jean‐Claude

Marsan, Philippe Poulin et Mario Saïa, président) et de trois membres du MBAM (Brian Levitt, président du conseil, Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef, Bruce McNiven, président du comité consultatif des immeubles), a sélectionné trois finalistes à partir de l’évaluation des dossiers de candidature, sans présentation d’esquisses. Les principaux critères de sélection de cette première étape étaient les qualités de concepteur du candidat ainsi que

l’expérience de son équipe de projet et sa capacité à respecter les budgets.

Sélectionnées par le jury, trois firmes ont été invitées à participer à la deuxième étape du concours et à soumettre un projet au jury. Les principaux critères de sélection ont été les suivants : approche conceptuelle, expression du parti pris architectural et de sa formalisation, réponse architecturale en regard des principaux enjeux, atteinte des objectifs de programmation et de fonctionnement, respect du budget de construction et mesures appliquées pour une équivalence

à LEED de base. Après l’examen des projets, le jury a recommandé à l’unanimité Atelier TAG et Jodoin Lamarre Pratte Architectes en consortium.

UNE GESTION RIGOUREUSE ET UN CALENDRIER RESPECTÉ

Cet agrandissement respecte l’échéancier prévu de même qu’un budget économe. Le coût total du projet s’élève à 25 M$. Notons que les coûts de construction des deux derniers pavillons du MBAM – 505 $ le pi² pour le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein et 577 $ le pi² pour le Pavillon d’art québécois et canadien Claire et Marc Bourgie — sont significativement inférieurs à ceux des autres musées canadiens. Tout comme pour le Pavillon d’art québécois et canadien, la conception du bâtiment respecte les standards en matière de développement durable et d’efficacité énergétique. Le Musée a cette fois encore créé un fonds d’autofinancement très novateur, auquel le secteur privé a souscrit avec générosité — dont Michal Hornstein. Les revenus de placement de ces fonds capitalisés permettront d’assumer en totalité les coûts de fonctionnement de ce Pavillon. Ce mode d’autofinancement a également été utilisé pour le Pavillon d’art québécois et canadien Claire et Marc Bourgie, inauguré en 2011. Mentionnons que le MBAM se classe au premier rang des musées canadiens pour la proportion de revenus autogérés (55 %).

À propos du consortium

Atelier TAG est une jeune pratique d’architecture située à Montréal. L’agence s’intéresse particulièrement à l’espace en tant que générateur d’expériences et à la capacité de la culture matérielle de stimuler l’imaginaire collectif. Elle a récolté des prix avec une régularité enviable, à l’échelle nationale autant  qu’internationale, dont deux médailles du gouverneur général du Canada (2006), le Prix de Rome du Conseil des Arts du Canada (2008), le New York League of Architecture Emerging Voices Award (2012) ainsi qu’une nomination récente à l’International Iakov Chernikov Prize in Conceptual Architecture (2013). Avec sa participation régulière à des concours d’architecture depuis 1997, l’Atelier TAG s’est imposé comme un acteur important au sein du discours architectural au Québec. Manon Asselin, sa cofondatrice et directrice, est professeure d’architecture à l’Université de Montréal où elle poursuit son travail de recherche et de création au sein de la Faculté de l’aménagement.

Jodoin Lamarre Pratte Architectes est un chef de file de la conception architecturale, de la construction et du réaménagement d’édifices institutionnels, plus particulièrement dans les domaines de la culture, de la santé, de l’enseignement et des transports. Récipiendaire de plus de 60 prix d’excellence en architecture, la firme a démontré à de nombreuses reprises ses aptitudes dans la conception et la réalisation de projets d’exception. Au sein de consortiums, elle a d’ailleurs récemment mérité des prix d’excellence de Canadian Architect pour deux projets en cours d’exécution, soit la nouvelle salle de spectacles de Saint‐Jérôme (2014, ouverture en 2017) et le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein du Musée des beaux‐arts de Montréal (2013, ouverture en 2016), et des prix d’excellence de l’Ordre des Architectes du Québec pour la Bibliothèque Raymond‐Lévesque (catégorie Bâtiments institutionnels, 2013) et le Collège Saint‐Louis (Prix du public, 2015). Toujours au sein de différents regroupements d’architectes, la firme a été lauréate de neuf concours d’architecture depuis 1999, dont le récent projet de métamorphose de l’Insectarium, en 2014. Fondée en 1958 par Bernard Jodoin, Denis Lamarre et Gérard Pratte, la société Jodoin Lamarre Pratte Architectes regroupe aujourd’hui plus de 80 architectes, techniciens, designers et autres professionnels, sous la direction d’Alain Boudrias, de Michel Bourassa, de Michel Broz, de Sylvain Morrier et de Nicolas Ranger. En constante évolution, elle a pour objectif de produire une architecture de haut niveau, respectueuse de son environnement et alliant créativité, développement durable, innovation et technologies. Misant sur l’expérience humaine, la qualité, la rigueur et la collaboration, son approche architecturale prend en considération tous les facteurs influençant le  développement d’un projet, qu’ils soient de nature économique, fonctionnelle ou contextuelle. Les deux firmes du consortium Atelier TAG + Jodoin Lamarre Pratte Architectes en sont à leur septième collaboration et ont à leur actif le

réaménagement des bureaux de la Banque de développement du Canada à la Place Ville‐Marie (en cours), le réaménagement des foyers et de la Salle Wilfrid‐Pelletier de la Place des Arts (en cours), la nouvelle salle de spectacle Gilles‐Vigneault de Saint‐Jérôme, le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein du Musée des beaux‐arts de Montréal, la Bibliothèque Raymond‐Lévesque de Longueuil, le Théâtre du Vieux‐Terrebonne et la Bibliothèque municipale de Châteauguay, tous récompensés par de nombreux prix et distinctions en architecture.